Ben Golub (Docker) : "Faire avec Windows la même chose qu'avec Linux"

Dans un entretien, le CEO de Docker est revenu avec nous sur sa feuille de route pour les années à venir qui comprend le support de Microsoft, des outils d’orchestration Open Source et des offres plus avancées autour des conteneurs.

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Comme si la croissance de Docker ces deux dernières années n’avait pas été suffisamment rapide, le spécialiste des conteneurs Linux a démarré 2015 avec la sortie d’un outil d’orchestration Open Source pour ses utilisateurs Linux et des versions bêta du même outil pour Microsoft Azure et Hyper-V. 

Mais  d’autres fonctions sont encore à venir, assure Ben Golub, le CEO de Docker. « D’une start-up en 2013,  nous avons passé un cap en 2014 avec 70 millions de téléchargement. D’un bon produit, nous sommes passés à un gigantesque écosystème. Une évolution fulgurante. »

A l’occasion d’un entretien avec nos confrères de SearchSOA.com (groupe  TechTarget, propriétaire du MagIT), il revient sur la feuille technologique de Docker.

 

SearchSOA : En tant que plateforme ouverte pour les applications distribuées, quelle est la proposition de valeur de Docker pour les développeurs et les administrateurs systèmes ?

Ben Golub : Docker ne décrit pas seulement l’application, mais également toutes les dépendances nécessaires pour faire fonctionner cette application. Vous décrivez tout ce dont vous avez besoin au sein du conteneur et si vous déplacez ce conteneur vers un nouveau serveur, vous n’avez pas à vous préoccuper de sa configuration ou de ses dépendances. Tout est pris en compte.

 

Nous avons franchi une étape : faire fonctionner toute application Linux sur n’importe quel serveur Linux

SearchSOA : Quelle est la feuille de route 2015 pour Docker ?

Ben Golub : Nous sommes Open Source, donc  presque tout est déjà dans la feuille de route. En juin dernier, nous avons franchi une étape : vous pouvez prendre n’importe quelle application, la placer dans un conteneur Docker et la faire fonctionner sur n’importe quel serveur Linux – toute application Linux sur tous les serveurs Linux.

Nous avons également annoncé un partenariat Microsoft l’année dernière. Nous travaillons avec Microsoft pour permettre aux utilisateurs de faire la même chose avec Windows que Linux. Cela est très prometteur.

 

SearchSOA : Si j’ai bien compris, la scalabilité est également prévue dans la feuille de route.

Ben Golub : Oui. D’une capacité à développer une application dans un unique conteneur sur un unique serveur, nous allons passer à la capacité de pouvoir créer des applications, bâties à partir de nombreux conteneurs différents, eux-mêmes reposant sur de nombreux composants s’exécutant sur plusieurs types de serveurs.

Pour cela, nous devons nous assurer que les conteneurs puissent bien dialoguer entre eux, et que les éléments liés au stockage, sécurité et réseau fonctionnent bien de pair.

 

SearchSOA : Pourquoi avoir placé l’administration et l’orchestration sur la feuille de route de cette année ?

Ben Golub : Nous souhaitons accompagner la progression des conteneurs Docker dans les entreprises. Passer de dizaines de conteneurs développés par des dizaines de développeurs sur des dizaines de serveurs à des milliers de conteneurs créés par des milliers de développeurs sur des milliers de serveur.

Grâce au côté Open Source de Docker, de nombreux projets avancent dans l’orchestration au sens large.

Par exemple dans le clustering, avec notre projet Docker Swarm. Swarm permet le clustering natif pour planifier et exécuter des workloads bâties sur des conteneurs Docker. Ou encore Docker Compose , qui permet aux développeurs de créer des applications à partir de différents composants, comme par exemple lorsqu’il configure une machine pour exécuter Docker et qu’il doit prendre en compte des éléments de réseau et de stockage.

 

SearchSOA : Comment vos APIs publiques peuvent-elles renforcer les capacités d’administration de Docker ?

Ben Golub : Nous avons opté pour définir une API de haut niveau et invité la communauté à nous aider, non pas dans la création de cette API, mais plutôt dans la création de leur propre plugin.

Ainsi, si vous aimez l’orchestration à la Google, vous pouvez utiliser Kubernetes. Si vous aimez celle de Twitter, vous pouvez utiliser Mesos, etc, etc.

Et c'est pareil pour réseau et le stockage.

D’un point de vue commercial, nous améliorons l’accès au très populaire Docker Hub Service qui est un service hébergé pour identifier, publier et consommer différents types de conteneurs, pour au final, permettre de savoir qui publie quoi, quelle est l’origine du conteneur ; mettre en place des politiques sur les environnements d’exécution des conteneurs ; détruire les conteneurs s’ils sont buggés, ou s’ils contiennent une faille de sécurité.

 

SearchSOA : Comment se positionne les conteneurs Dockers vis-à-vis du stack LAMP ?

Ben Golub : Imaginons que je développe une application sur LAMP. Je vais donc avoir besoin d’un L (NDR : un Linux), d’un A (NDR : serveur Apache), M (NDR : d'une base de données - MySQL, MariaDB voire MongoDB) et d’un P (NDR : un langage - Pearl, Python ou PHP), quel que soit mon projet.

Avec Docker, je peux partager le L sur tous les serveurs. Mais s’il y a déjà trois autres applications LAMP sur le même serveur, je n’ai pas besoin du A, M et P – mais seulement le delta nécessaire pour mon application.

Ce que Docker apporte : il évite aux développeurs d’avoir à se préoccuper de plusieurs contraintes, comme les serveurs et les configurations, quelle est la version de l’OS, s’il est virtuel ou physique, sur Amazon ou encore sur site. Ils ont juste à se préoccuper de l’application, ce qu’un développeur préfère au final.

 

SearchSOA : Quelles sont vos recommandations pour les entreprises qui démarrent avec les conteneurs Docker ?

Ben Golub : Vous pouvez commencer petit. Ce qui est intéressant avec Docker est qu’un seul développeur peut déjà obtenir de vrais gains en un jour, sans impliquer d’autres personnes ou entreprendre de longs projets sur plusieurs mois.

Généralement, les entreprises démarrent avec des projets simples : des applications stateless, par exemple. Ils commencent à développer, avance dans les tests, le build et pensent à avancer vers la production.

Je pense que la bonne méthode pour cela est d’avancer par étape ; puis obtenir de la valeur. Les choses se passent de façon organique, sans avoir à partir sur de gros projets qui impliquent plusieurs départements.

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