Progress Software : virage stratégique vers le cloud

Progress Software a annoncé un plan stratégique qui prévoit le désengagement du groupe de 10 de ses produits clés au profit d’une orientation Cloud qui devient la ligne de conduite du groupe. Progress Software laisse ainsi de côté son ADN middleware et SOA on-premise pour se recentrer sur le développement et le déploiement dans le Cloud. Le groupe envisage de se séparer de 10 à 15% de ses effectifs mondiaux.

Dans ce que la société baptise sobrement un recentrage, Progress Software, spécialiste de l’intégration et du SOA notamment, a annoncé se séparer de pas moins de 10 lignes de produits et de 10 à 15 % de ses effectifs mondiaux. Un plan stratégique clé pour l’éditeur qui doit contrer des baisses de revenus sur le dernier exercice et composer avec une crise interne, provoquée par des actionnaires mécontents. Jay Bhatt, le Pdg de l'éditeur, doit remettre le groupe sur les rails plus de 6 mois après sa nomination. Un exercice périlleux qui passe inévitablement par le Cloud, au détriment du on-premise.

«Nous avons la ferme intention de faire évoluer Progress pour qu'elle devienne une entreprise agile et encore plus dynamique, qui prendra une place de leader dans ce mouvement inéluctable de transformation de l'informatique installée sur site vers une informatique sur le Cloud», résume ainsi le Pdg. A la clé, un recentrage sur les plates-formes de déploiement et de développement d’applications en environnement cloud, qui se traduira par une solution globale et unifiée de type aPaas (pour Application Platform as a service). Celle-ci reposera sur les solutions considérées comme coeur du groupe : OpenEdge, DataDirect Connect, Apama Analytics, Decisions (qui se compose de Apama, Corticon BRMS [Business Rules Management Solution] - racheté en janvier dernier - et Progress Control Tower). Progress souligne que cette plate-forme, désormais unique, devrait ainsi permettre aux entreprises de développer et de déployer leurs applications et d’y associer des processus d’analyse en temps réel, Cloud ou pas. Le service de connectivité Data Direct Connect devrait ainsi bénéficier de connecteurs pour le Cloud.

Si on imagine que Progress entend se positionner sur les environnements hybrides, on remarque toutefois que le groupe tente de s’extraire du segment l’infrastructure SOA on-premise, au profit d’un cloud, alors au coeur des processus de transformation des entreprises, juge-t-il. En ligne avec cette stratégie, le groupe a décidé de se «désengager» de 10 produits qui formaient l’offre historique - et on-premise - ESB, BPM et SOA de la société. 10 produits que Progress estime ne plus être en adéquation avec sa nouvelle vision Cloud : Actional, Artix, DataXtend, FuseSource, ObjectStore, Orbacus, Orbix, Savvion, Shadow et enfin Sonic.

Certains de ces produits étaient arrivés au catalogue de Progress Software par le biais de rachats. On se rappelle celui de Savvion dans le BPM en janvier 2010. Artix et Fusesource sont issus de l’acquisition de Iona Technologies en juin 2008.

Aussi brutal soit-il, ce virage vers le cloud avait notamment été amorcé par Progress Software lors de l’annonce d’Arcade Portal - aujourd’hui au coeur de la nouvelle stratégie du groupe -, réalisée lors de sa conférence Progress Revolution 2011 en septembre 2011. Arcade Protal était alors présenté comme une plate-forme de déploiement d’applications Progress pour le Cloud qui intègre notamment les technologies de Sonic, l’ESB du groupe.

10% à 15% de licenciements

Si Progress Software souligne que ce plan était à l’étude depuis 5 mois, la société a entre temps dû composer avec le mécontentement de certains actionnaires, refroidis par les résultats en baisse du groupe. Au quatrième trimestre 2011, le bénéfice net du groupe a reculé de 45% pour atteindre fébrilement 11,7 millions de dollars. Sur la période, le CA a chuté de 6% à 136,3 millions de dollars. En avril dernier, Starboard Value LP, qui détient 5% de Progress était monté au créneau, souhaitant remplacer les membres du Conseil d’Administration du groupe, comme l’indiquent nos confrères du Wall Street Journal.

Logiquement, ce plan s’inscrit dans une stratégie de réduction de coûts. «Nos efforts porteront sur la consolidation de nos installations techniques et la mise en place d'une organisation simplifiée», souligne Progress, qui entend ainsi «réduire ses charges annuelles de quelque 55 millions de dollars bruts». Au programme, le licenciement de 10 à 15% de ses effectifs mondiaux. Entre 175 et 260 employés seraient alors concernés.

Les premières répercutions devraient se faire ressentir sur l’exercice 2013, où le groupe anticipe une progression de 5% de son CA et de 7% en 2014.

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