Baisse des coûts : HP invente le service "à la ficelle"

Continuer à vendre pendant la crise. Pour éviter un blocage des investissements, les grands de l'industrie assouplissent leurs grilles tarifaires. HP propose ainsi, pour ses lignes de services (tant en matière d'outsourcing que de support matériel), des tarifs ajustés aux besoins réels des entreprises.

Les mesures pour favoriser l'investissement des entreprises pendant la récession se multiplient dans l'industrie. Après Microsoft, qui a annoncé différentes promotions - dont des rabais sur Vista et Office pour les grandes organisations -, c'est au tour de HP de faire évoluer sa grille tarifaire. La démarche concerne avant tout les offres héritées d'EDS, la SSII rachetée par le Californien en août dernier. Selon HP, avec cette nouvelle grille tarifaire, les DSI pourront notamment spécifier différents niveaux de service en fonction de la criticité de chaque application, une façon d'optimiser les budgets de maintenance applicative notamment.

Cette politique, qui touche tant l’exploitation des serveurs et du stockage que la maintenance ou encore la messagerie en mode managé, n'est pas à proprement parler une réduction de tarifs, selon HP. Mais, avec des dépenses ramenées au plus juste, certaines entreprises peuvent espérer des baisses de coûts allant jusqu'à 40 % sur leur budget de maintenance, a expliqué Ann Livermore, qui dirige l'entité Technology Solutions de HP dans une vidéo postée sur le site du groupe. En France, rappelons cependant que le groupe s'apprête à céder une partie de activités de TMA héritées de EDS, comme nous le révélions hier.

Une réponse au modèle du cloud computing

La révision de la grille tarifaire concerne également les services d'infrastructure, avec cette fois, la volonté de toucher des organisations plus petites. Selon HP, l'objectif est de descendre jusqu'à des entreprises ayant des besoins de support sur un parc de serveurs de 100 machines. Cette décision permet au géant d'espérer élargir la base de clients d'EDS, SSII jusqu'alors concentrée sur les très grands comptes.

Au-delà d'une réponse aux enjeux de la crise, cette grille tarifaire très adaptable peut aussi être interprétée comme une réponse au modèle économique du cloud computing, qui repose précisément sur des coûts ajustés à l'usage réel des technologies. Une étude récente de Forrester, menée auprès de 2 600 décideurs en matière d'IT aux Etats-Unis et en Europe, montre l'intérêt des organisations pour le cloud computing, malgré l'immaturité actuelle des offres et les questions qui restent posées en matière de sécurité notamment. Selon le cabinet d'études, 5 % des grandes entreprises testent déjà l'hébergement de serveurs virtuels facturés à l'utilisation.

Lots d'unités d'oeuvre, activation à la demande

En plus des services managés héritées d'EDS, c'est une grande partie du porte-feuille du géant qui se voit adaptée à la nouvelle donne, notamment en ce qui concerne les services proches du matériel. Une adaptation qui passe par l'arrivée d'une option tarifaire baptisée Proactive Select, permettant, selon un communiqué diffusé par la firme, de "faire l'acquisition de crédits à utiliser parmi une liste de plus de 85 services, couvrant des technologies telles que les serveurs lames, la virtualisation, les réseaux, la sécurité, le logiciel et les installations". Détaillant le cas de la maintenance matérielle dans le cadre des contrats CarePack, un porte-parole de HP décrit l'option Proactive Select comme des lots d'unités d'oeuvre qu'un donneur d'ordre peut activer à la demande.

Enfin, HP va offrir aux entreprises la possibilité de bâtir des datacenters mariant, au sein de la même salle, différents niveaux de disponibilité (quatre niveaux coexistent, allant de Tier1 - le plus faible - à Tier4 - le plus élevé-). Là encore, un ajustement au plus près des besoins, qui permet de réduire les coûts de construction jusqu'à 25 %, selon un responsable de HP Critical Facilities, une entité née du rachat l'année dernière d'une firme spécialisée dans le design de salles informatiques, EYP. Ce mélange des niveaux de disponibilité est rendu possible par une approche modulaire, déjà mise en avant par Microsoft par exemple. Selon un responsable marketing de ces offres pour la France, 50 % des datacenters vont devoir déménager d'ici à 2010.

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