Serveurs : HP prend la tête d’un marché au taux de croissance quasi-historique

Un marché « serveurs » en plein boom, qui revient à des niveaux de croissance inconnus depuis sept ans, mais qui ne sourit pas à tout le monde. Si les champions du PC, Dell et HP, en profitent, fort de leurs gammes x86, les mainframes d’IBM ne font plus recette et la marque Sun disparaît des classements au profit d’Oracle qui apparaît… pour chuter.

Fort d’une demande en augmentation constante, le marché des serveurs vient de connaître – entre avril et juin 2010 - son meilleur trimestre depuis 2003, selon les chiffres publiés ce jour par IDC. En progression de 11 %, les ventes de serveurs ont atteint quasiment 11 milliards de dollars. Une croissance qui, selon Jean Bozman, vice-président chargé des études sur le marché serveurs au sein du cabinet américain, serait d’abord le fait des machines commercialisées en gros volumes, en clair les serveurs x86 d’entrée de gamme, vendus moins de 25 000 $ l’unité. Les ventes de ce type de produits ont bondi de 32 %.

Les ventes concernant les machines de milieu de gamme – de 25 000 $ à 250 000 $ pour IDC – ont également été soutenues (+16 %), tandis que celles de serveurs haut de gamme s’effondraient (-27,2 %). A ce niveau, il s’agit là du 7ème trimestre consécutif de baisse pour un marché qui a vu nombre d’acteurs disparaître au point de laisser – sur le segment mainframe – IBM quasiment seul. Une position totalement dominante donc qui vaut à Big Blue quelques déboires avec les autorités européennes de la concurrence. Finalement un détail pour le géant, comparé à l'évolution de sa position sur le marché des serveurs dans son ensemble, où IBM se fait tailler des croupières par HP, qui prend la tête des ventes de serveurs.

HP et Dell en profitent, IBM et Oracle à la peine

Du côté du clasement, c’est donc la révolution avec des cartes totalement rebattues. Les champions du PC, Dell et HP, profitent de leurs positions sur le x86 pour effectuer des ventes records au détriment d’IBM donc mais également d’Oracle qui concourt sous les plus mauvais auspices pour la première fois sur ce segment – la marque Sun, racheté par l’éditeur, disparaissant symboliquement du classement d’IDC.

HP s'installe donc en tête, avec des ventes progressant de 26 % sur ce 2ème trimestre 2010 pour atteindre 3,53 milliards de dollars. Pas loin du tiers des parts de marché. Derrière, IBM s’effondre et perd la tête avec 3,24 milliards de dollars de chiffre d’affaires (-3,2 %) et surtout des parts de marché inférieures pour la première fois depuis très longtemps à 30 % (-4,4 points sur un an !). Certes Big Blue s’est suffisamment diversifié pour voir venir, mais l’émergence de HP sur le marché des services, la perte du leadership général sur la fourniture informatique – toujours au profit de HP – et cette dégringolade sur l’historique marché des serveurs laissent l'image d’une fin de règne un peu sombre pour Samuel Palmisano, le Pdg bientôt frappé par la limite d’âge et dont la succession est en train de s’organiser.

En difficulté sur le marché PC jusqu'à récemment - le Texan s'étant repris comme en témoignent ses derniers résultats trimestriels -, Dell voit sa stratégie de repositionnement sur les infrastructures porter ses premiers fruits. Ce qui augure d’une concurrence accrue avec HP, comme en témoigne la lutte ces jours-ci pour le contrôle du spécialiste du stockage 3Par. Côté serveurs, le Texan – fort de sa gamme x86 – enregistre une croissance maousse (+ 36,5 %) qui lui a permis de générer au 2ème trimestre un revenu de 1,66 milliard de dollars. Soit 15,3 % du marché.

Derrière, Oracle – dont la marque remplace donc celle de Sun – fait une entrée par la petite porte avec un recul de 6 % pour 938 millions de dollars de chiffre d’affaires et 8,2 % du marché. Des chiffres qui semblent l’éloigner irrémédiablement du podium. D’autant que sur le segment x86, le néo-constructeur est déjà en retard.

Windows et Linux s’imposent

En terme de plates-formes, le règne des x86 – dont les dernières générations s’avèrent particulièrement performantes - entraîne celui de Windows, mais se traduit surtout par une forte poussée de Linux. Si, selon IDC, la demande pour les serveurs Windows est en hausse de 6,7 % en valeur (à 5 milliards de dollars) et de 28,2 % en volume, les machines sous Linux connaissent un fort engouement avec une progression des commandes de 30,1 % (pour une valeur de 1,8 milliards de dollars). Les plates-formes Windows représentent cependant 46,5 % des machines vendues sur 3 mois. Celles frappées d’un pingouin ne représentent que 16,8 %.

Côté Unix, sans surprise, c’est la Berezina avec un recul des ventes de 7,3 % pour un marché de 2,9 milliards de dollars (un peu plus du quart du marché total). Selon IDC, au-delà de la tendance lourde de recul des Unix au profit du x86, le phénomène est amplifié par la position d’attente des clients potentiels qui souhaitent en savoir plus sur les performances des très attendus IBM Power Systems motorisés par les nouveaux Power 7 – lancés ces jours-ci – et sur la roadmap imposée par Oracle aux ex-serveurs Sun sur base Sparc.

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