Cet article fait partie de notre guide: Tout savoir sur les infrastructures convergées

Oracle casse les prix des appliances intégrées de virtualisation

Larry Ellison veut officiellement fournir les systèmes les moins chers du marché pour le coeur des datacenters. Il annonce son appliance de virtualisation comme 50% moins chère qu'un équivalent Cisco/NetApp.

Larry Ellison veut officiellement fournir les systèmes les moins chers du marché pour le coeur des datacenters. Il annonce son appliance de virtualisation comme 50% moins chère qu'un équivalent Cisco/NetApp.

Souvent brocardé pour le coût de ses systèmes et pour ses pratiques agressives en matière de licences, Oracle dispose  présent dans son portefeuille d’un système convergé particulièrement séduisant, l’Oracle Virtual Compute Appliance. Cette appliance est l’alternative proposée par le constructeur aux systèmes intégrés de VCE, Cisco/NetApp, Dell ou HP.

Larry Ellison lors de l'annonce de l'appliance Oracle VCALarry Ellison présentant l'appliance Oracle VCA

Alors que la plupart de ses concurrents se sont concentrés sur la production d’appliances standards capables de faire tourner VMware vSphere et Microsoft Windows Hyper-V, Oracle a fait le choix conscient d’optimiser l’appliance VCA pour sa propre pile de virtualisation, Oracle VM et pour sa propre distribution Linux.

La firme a aussi fait plusieurs paris technologiques comme le choix du bus à faible latence InfiniBand pour l’interconnexion des différents éléments de son système. Des choix qui permettent au constructeur d’offrir une tarification défiant toute concurrence, tout en offrant un niveau de performance et de flexibilité séduisant.

L’Oracle VCA est en quelque sorte une démonstration des bénéfices que l’on peut espérer d’une réflexion créative en matière d’infrastructure. Et elle fait la preuve qu’en s’éloignant des sentiers balisés, on peut proposer une solution de datacenter intégrée compétitive.

Pour ceux qui n’ont aucune religion en matière d’hyperviseur et qui considèrent que de plus en plus la bataille ne se joue pas à ce niveau, la solution d’Oracle propose de multiples avantages. LeMagIT fait le tour des principaux à l’occasion de l'arrivée de la dernière mouture de l’appliance Oracle VCA (lancée avant-hier avec les nouveaux Exadata et autres appliances convergées de la marque).

Un système intégré prêt à l’emploi

Comme l’ensemble des engineered Systems d’Oracle, l’appliance VCA est un système intégré pré-assemblé et pré-configuré en usine par Oracle de façon à être déployé en environ une heure dans le datacenter d’un client.

L’appliance inclut l’ensemble des éléments serveurs, stockage, réseau et logiciels nécessaires pour permettre le provisioning à grande échelle de machines virtuelles dans le datacenter.

«LeLe système convergé Oracle VCA

Au cœur de la dernière mouture on retrouve les nœuds Oracle Server X5, des serveurs rack 2U bi-socket Xeon E5v3 capables d’accueillir jusqu’à 768 Go de mémoire vive. La connectivité entre les nœuds est fournie par une fabric Infiniband qui assure aussi l’interconnexion avec le stockage Oracle. Pour ce dernier, la firme propose soit ses baies NAS ZFS soit sa baie de stockage SAN hybride FS-1.

Il est également possible de raccorder des baies de stockage tierces via les ports Fibre Channel fournis par les commutateurs Infiniband d’Oracle. Il est théoriquement possible d'acquérir une appliance VCA avec seulement deux noeuds de calcul. Mais dans la pratique, il est sans doute déraisonnable de se lancer dans l'aventure avec moins de 8 à dix noeuds, le coût de la fabric Infiniband pouvant alors être amorti sur un plus grand nombre de systèmes. Oracle n'indique pas de limite à la "scalabilité" du système, mais il est possible de concevoir des architecture avec de multiples racks de serveurs VCA à même d'accueillir plusieurs dizaines de milliers de VM.

Notons que l’usage de la fabric Infiniband est transparent pour les utilisateurs et pour les autres éléments du datacenter, puisqu’elle n’est utilisée que pour les échanges internes entre les nœuds. La connectivité exposée à l’extérieur est une connectivité standard 10 Gigabit Ethernet.

En optant pour Infiniband alors que tous ses concurrents ont opté pour l’Ethernet, Oracle fait coup double. Il s’assure tout d’abord de performances très élevées (la fabric utilise des liens QDR à 40 Gbit/s à très faible latence) mais aussi tire les prix vers le bas. La connectivité Infiniband est en effet très compétitive d’un point de vue prix car les commutateurs Infiniband sont en général moins complexes que des commutateurs Ethernet.

Une pile logicielle 100 % Oracle

Pour virtualiser et piloter l’infrastructure de l’appliance VCA, Oracle a opté pour une pile logicielle maison. La couche de virtualisation est fournie par Oracle VM Server 3.3, la dernière édition de l’hyperviseur développée par Oracle autour d’une base Xen. Oracle VM Server est intégré gratuitement à l’appliance et Oracle ne facture que le support annuel du produit.

Oracle VM peut accueillir la plupart des environnements serveurs du marché dont Windows (2003 à 2012R2), Linux (Red Hat et CentOS 4.x à 6.x, Suse 11.x et Oracle Linux 4.x à 6.x) et Solaris (10 et 11). L’hyperviseur sait gérer des VM supportant jusqu’à 128 vCPU et 2To de mémoire.

Au-dessus d’Oracle VM, Oracle fournit aussi gratuitement Oracle Linux (là encore seul le support annuel est facturé). La distribution Linux de la firme est certifiée avec l’ensemble des applicatifs maison et elle est compatible avec la plupart des applications certifiées pour Red Hat. Enfin, Oracle livre sa console Entreprise Manager pour l’administration de l’ensemble.

La pile de virtualisation d’Oracle est bien entendu optimisée pour fonctionner avec les applicatifs du groupe. Oracle fournit une centaine de modèles pour automatiser le déploiement de ses applications sur une infrastructure VCA. Mais elle est aussi une excellente couche de virtualisation pour des applications génériques, notamment si ces dernières reposent sur Linux.

Un prix très inférieur aux alternatives sous VMware, Red Hat ou Windows Hyper-V

Coûts comparés d’une appliance Oracle VCA vs une solution Cisco/NetAppCoûts comparés d’une appliance Oracle VCA vs une solution Cisco/NetApp

Surtout son prix défie toute concurrence. Le prix des licences de sa pile logicielle est gratuit et le support logiciel est facturé 45 000 $ par an pour un rack complet de 27 serveurs bi-socket. Selon la firme, il faut compter avec un coût de licence de 265 000 $ pour une pile comprenant VMware vSphere, Red Hat Server et les outils d’administration UCS de Cisco, auxquels s’ajoutent 166 000 $ de support annuel.

Sur une période de trois ans, l’économie atteindrait ainsi 628 000 $ par rack.

Bénéfice additionnel, Oracle VM est le seul hyperviseur permettant de réduire les coûts de licences des applicatifs Oracle. Comme nous l’expliquions récemment dans un article consacré à l’optimisation des coûts de licence Oracle, l’éditeur continue à facturer le total des cœurs physique d’un serveur pour les applicatifs Oracle virtualisés avec un hyperviseur concurrent. En revanche avec Oracle VM, l’éditeur facture au cœur virtuel. Ainsi, si un client n’alloue que 2 cœurs à une base de données virtualisée, il ne paiera que pour ces deux cœurs et pas pour les 24 ou 36 cœurs physiques du serveur.

Au vu du prix d’une licence d’Oracle 12c entreprise, les économies peuvent rapidement devenir substantielles.

On peut sans doute à juste titre considérer que cette pratique d’Oracle visant à favoriser son hyperviseur est détestable. Mais dans la pratique elle se traduit par un vrai gain financier pour ceux qui optent pour la solution de virtualisation de l’éditeur.

Oracle entend aussi être moins cher sur le matériel

La chasse aux coûts ne se limite pas qu’à la partie logicielle de l’offre du constructeur. Comme l’explique Larry Ellison, Oracle entend désormais se battre sur ce marché des serveurs bi-socket à bas prix. « Notre stratégie est de délivrer la meilleure performance mais aussi de délivrer les systèmes les moins chers du marché pour le cœur de datacenter. On pense que l’on peut faire un meilleur job que Cisco et EMC. »

Et de joindre le geste à la parole dans le cas de l’appliance VCA.

Selon le CTO d'Oracle, une appliance VCA configurée avec 27 serveurs Oracle X5 (soit 972 cœurs), 2 fabric Interconnect et 18 To de stockage NAS ZFS, est vendue au prix catalogue de 608 000 $, le tout livré préconfiguré dans son rack. À ce prix s’ajoutent des coûts de maintenance de 28 000 $ par an. Par comparaison, une infrastructure Cisco/NetApp composée de 27 lames UCS M4, de 4 châssis UCS, de 2 fabric interconnect et d’une baie NetApp FAS 8040HA avec 18 To de stockage est facturée un peu plus d’un million de dollars après remise constructeur. Un prix auquel s’ajoutent 34 000 $ de maintenance annuelle.

Et Larry Elisson d’ironiser lors du lancement de la nouvelle appliance : « et encore, on compare leurs prix remisés à notre prix catalogue... et nous sommes tout à fait prêts à consentir des remises sur notre prix catalogue ! ».

L’avenir dira si le message tarifaire agressif d’Oracle trouvera un écho chez les clients. Mais à l’heure ou nombre de grands comptes s’interrogent sur l’adoption d’OpenStack et cherchent une alternative économique à VMware, Oracle a sans doute une excellente carte à jouer. D’autant que l’ensemble de la pile qui compose l’Oracle VCA est pilotable par la distribution OpenStack d’Oracle et qu'elle peut donc constituer une première brique d’une stratégie de migration progressive vers OpenStack.

Notons enfin que la pile est éprouvée puisqu’elle est utilisée au quotidien par Oracle pour héberger ses quelque 120 000 VM et qu’elle est aussi la base de l’offre de cloud IaaS d'Oracle.

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