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L’offre VMware Cloud on AWS enfin disponible en France

Attendue depuis 2016, la solution conjointe de VMware et AWS doit permettre aux entreprises françaises de bénéficier d’un cloud hybride simple à mettre en œuvre.

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Du cloud hybride plus facile pour les clients de VMware. Deux ans après avoir annoncé son extension dans le cloud public aux USA, l’éditeur décline ces jours-ci son offre VMware Cloud on AWS en France. Celle-ci présente l’intérêt d’ajouter des machines virtuelles de l’offre EC2 d’Amazon aux ressources administrables depuis la console vCenter.

« Selon moi, le bénéfice fondamental de cette solution est qu’elle simplifie radicalement la mise en cloud des applications conçues jusque-là pour fonctionner dans un datacenter », décrypte Julien Stanojevic, directeur associé de l’ESN D2SI, la filiale de Devoteam spécialisée dans les déploiements sur AWS. « Techniquement, les VM hébergées ainsi sur AWS conservent les mêmes plages d’adresses IP que celles situées en local. Il n’est donc plus nécessaire de réécrire du code ou de modifier des règles de déploiement. »

Pour Marc Frentzel, le directeur technique de VMware à l’Europe du Sud, cette solution présente trois avantages. « Outre répondre simplement aux besoins de montée en charge à la demande, VMware Cloud on AWS facilite la mise en place de solutions de reprise d’activité après incident. Et, point essentiel, elle permet aussi la réversibilité », dit-il, en expliquant que rapatrier en local des VM initialement déployées en cloud s’effectue tout aussi rapidement depuis vCenter.

Des configurations i3.metal d’EC2 prêtes à l’emploi, mais avec de nombreuses options

Selon les tarifs en vigueur au moment où nous écrivons ces lignes, l’utilisation horaire d’un serveur hôte ESX virtuel coûte environ 8,11€ à la demande. Néanmoins, l’offre commerciale suggère qu’il faut souscrire à un minimum de trois hôtes (qui forment un cluster, avec possibilité d’y mettre un maximum de seize hôtes), ce qui revient à un prix de 24,33€/heure d’utilisation. Des plans d’engagement sont proposés à 151 143€ sur un an et 317 943€ sur trois ans.

Pour ce prix, chaque hôte ESX comprend les couches vSAN (stockage, « virtual storage area network ») et NSX (firewall). En termes de caractéristiques, cet hôte virtuel correspond à la formule i3.metal sur EC2, soit 72 processeurs logiques, 512 Go de RAM et 15,2 To de stockage brut. VMware se contente de dire que « plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de VM » sont exécutables par hôte. A titre de comparaison, un hôte i3.metal nu coûte d’ordinaire 3€ moins cher (en Irlande ; au moment où nous écrivons ces lignes, AWS ne propose pas encore la configuration i3.metal sur les instances françaises d’EC2).

Les fonctions de reprise d’activité et de continuité d’activité sont en option. Une simulation sur la page des tarifs estime la reprise d’activité de 10 VM à 2 centimes par heure de disponibilité, et la continuité d’activité de trois hôtes à 2,39€ par heure de disponibilité. Il s’agit toutefois des tarifs pour les besoins d’appoint, les plus chers. A cela s’ajoute encore la bande passante, facturée par AWS à environ 7 centimes par Go transféré entre les hôtes qu’il héberge et le reste du monde (datacenter de l’entreprise compris).

Bien évidemment, le pilotage de ces hôtes ESX suppose que l’entreprise utilise déjà vCenter à demeure. Qui plus est, pour profiter de ses services vSAN, NSX ou même de la virtualisation de postes de travail, l’éditeur recommande le déploiement de sa solution Cloud Foundation, désormais en version 3.7 et qui permet de faire automatiquement le pont entre les ressources locales et celles en ligne. Néanmoins, aucune annonce de bundle ou autre package commercial n’est pour l’heure faite.

Parmi les clients de VMware, 80 % seraient intéressés

Selon Anthony Cirot, directeur général de VMware France, plus de huit de ses clients sur dix seraient demandeurs d’une telle solution de cloud hybride. « Notre offre démarre en France et nous ne pouvons pas encore communiquer sur les contrats en cours. Cependant, nos interlocuteurs sur de tels dossiers comprennent des banques et des opérateurs d’importance vitale », déclare-t-il au MagIT.

A coup sûr, ces prospects se féliciteraient de pouvoir enfin bénéficier de la facilité de VMC on AWS sans avoir à sortir leurs données du territoire. En revanche, la question du Cloud Act, qui permet désormais au gouvernement des USA d’accéder à des informations industrielles où qu’elles soient stockées du moment qu’elles le sont par des marques américaines, ne semble pas les émouvoir.

« C’est un non-sujet », s’est empressé de nous rétorquer Stéphane Hadinger, le CTO d’AWS France. « Nous proposons un moyen très simple de chiffrer les contenus et nous invitons nos clients à activer cette fonction qui est totalement transparente et ne pénalise aucunement leur usage de nos services », insiste-t-il. Il ajoute que Gemalto, notre champion national en matière de chiffrement, serait lui-même client d’AWS et utiliserait cette facilité.

L’arrivée tardive de l’offre VMC on AWS en France, au regard du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de l’Allemagne et de l’Irlande, serait due au déploiement seulement récent d’AWS sur le territoire. En l’occurrence à Paris et à Marseille, au sein des structures d’Equinix et autres Interxion. « Ces infrastructures nous permettent de nous engager sur des liaisons rapides entre les datacenters de nos clients et les ressources VMware virtuelles hébergées par AWS », indique Marc Frentzel.

Précisons que, à l’heure actuelle, la mise en cloud de machines virtuelles VMware vers Azure, le principal concurrent d’AWS, est possible. Microsoft propose d’ailleurs lui-même ce service, sans véritablement s’être associé à VMware. Néanmoins, les informaticiens s’accordent généralement à dire que de tels projets restent techniquement très compliqués à réaliser car, contrairement à VMC on AWS, tout n’est pas automatisé. Le fait que VMware puisse finir par se rapprocher d’autres fournisseurs de cloud pour commercialiser des alternatives communes à VMC on AWS est, jusqu’à présent, une arlésienne.

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