Komprise réduira encore plus la facture du stockage en cloud

La solution, initialement destinée à détecter les fichiers locaux dont l’hébergement coûterait moins cher en cloud, est à présent capable de distinguer différents espaces en ligne.

Komprise, le logiciel qui déplace les fichiers les moins utilisés vers un stockage moins cher, ne limite plus son analyse aux seules baies de disques. Dès le début de 2020, il saura aussi estimer la fréquence d’accès des données déjà hébergées en ligne pour les migrer vers une autre offre de cloud, plus économique.

« Notre but est de gérer toutes les informations, qu’importe leur source », a déclaré Krishna Subramanian, la cofondatrice de la startup éponyme qui édite cette solution, lors de l’IT Press Tour 33. Cet événement, auquel LeMagIT a pu participer, consiste à emmener certains journalistes à la rencontre des innovations liées au stockage dans la Silicon Valley.

Techniquement, Komprise permettait déjà de dresser des statistiques d’accès sur les fichiers accessibles localement, en NFS ou SMB. La nouveauté est que le logiciel sait désormais interroger le protocole S3 pour faire de même. Pour les entreprises, cela signifie que, en plus de troquer de l’espace sur des baies de disques très coûteuses contre de l’hébergement en ligne à moins de 2 ou 1 centime par Go, elles pourront aussi à présent affiner leurs économies sur des données qui sont déjà en cloud.

Prendre en compte différents tiers de stockage en cloud

« Les entreprises migrent facilement leurs données vers les espaces cloud les moins chers ; ce n’est pas très compliqué. En revanche, c’est souvent la douche froide lorsqu’elles reçoivent leurs factures, car elles n’ont pas réalisé qu’il ne fallait y mettre que des données auxquelles on accède moins souvent. Notre solution leur permet de savoir quels fichiers peuvent aller dans les espaces de stockage les moins chers et lesquels devraient rester sur des espaces plus courants », argumente Krishna Subramanian.

Chez AWS par exemple, l’offre de stockage objet S3 standard est tarifée à environ 0,02 $ par Go et par mois. Mais il est possible de mettre les données sur des zones dites « avec accès peu fréquents » dont le coût est dégressif selon la vitesse à laquelle elles sont récupérables. Il faut compter environ 0,01 $ pour un accès en 1 milliseconde, 0,0045 $ pour une lecture en au moins une minute (offre S3 Glacier), et moins de 0,002 $ pour des archives accédées une à deux fois par an et qui pourront supporter d’être restaurées en plusieurs heures.

« Différencier les tiers de stockage est fréquent parmi les solutions qui gèrent des baies de disques locales. Atteindre un tel niveau de granularité sur les espaces en cloud est en revanche inédit », avance-t-elle.

Une migration automatique entre les espaces de stockage en cloud

Proposer la migration des données entre deux clouds présente deux intérêts commerciaux pour la startup. D’une part, il s’agit de servir plus efficacement les clients actuels. On parle d’efficacité technique.

« Lorsque notre logiciel déplace des données, il laisse sur la baie de disques source des liens symboliques qui pointent vers le nouvel emplacement, afin que les utilisateurs puissent toujours accéder à leurs fichiers, comme s’ils n’avaient pas bougé », explique Mohit Dhawan, en charge de l’ingénierie chez Komprise.

« D’ordinaire, s’il l’on souhaite déplacer des fichiers entre deux espaces de stockage en cloud, il faudrait rapatrier ces fichiers en local, puis les exporter vers un autre espace cloud. Notre nouvelle version évite cette étape de rapatriement qui peut être coûteuse en temps. Elle migre directement les fichiers entre deux espaces en cloud et met à jour les liens sur la baie locale » détaille-t-il.

D’autre part, l’intérêt de Komprise, surtout, est de s’adresser à une nouvelle clientèle. « Nous souhaitons avec notre nouvelle version répondre aux besoins des entreprises qui proposent des services en cloud et y stockent les informations générées par leurs applications. Ces informations, une fois traitées, n’ont pas nécessairement vocation à conserver le statut de documents de travail, mais gagneraient à être conservées comme des archives », dit la co-fondatrice.

Il est à noter que si Komprise gère à présent les objets aussi bien que les fichiers (c’est-à-dire les données accessibles via des requêtes HTTP ou NFS/SMB), le logiciel ne prend pas encore en compte les espaces de stockage en mode bloc. La solution ne permet donc pas d’optimiser les bases de données SQL, qu’elles fonctionnent sur site avec une baie NAS, comme en ligne, typiquement avec l’offre EBS (Elastic Block Store) d’AWS. Dans les deux cas, il s’agit pourtant du stockage le plus cher. En revanche, les snapshots, les sauvegardes et les archives de ces bases, comme de tout le reste des données, sont bien gérés puisqu’il s’agit dans ce cas de fichiers.

Une interface attrayante et riche en analytique

Komprise bénéficie d’une interface on ne peut plus attrayante : un donut représente l’ensemble des fichiers d’une entreprise, segmenté par des couleurs selon leur fréquence d’accès. Ceux qui gagneraient à migrer sont soulignés d’une bande zébrée violette et il suffit de cliquer sur un bouton pour qu’ils soient automatiquement redéployés de manière optimale.

Le reste des fonctions est du même acabit. Un onglet analytique affiche des graphiques selon les critères que l’on souhaite retenir dans la migration. On peut ainsi visualiser les fichiers par taille, par type, par utilisateur, ou par ancienneté sur des tableaux colorés qui ont la fréquence des accès en abscisse. Les fonctions vont même jusqu’au Capacity Planning, avec des prévisions de l’espace occupé, à quelle date, par quels types de fichiers.  

L’onglet des préférences sert à indiquer les stockages partagés de l’entreprise : on entrera à la main le coût mensuel que l’on estime pour les baies de disques que l’on possède et il suffira d’indiquer son compte sur AWS pour que le logiciel calcule tout seul les économies possibles selon les tarifs en vigueur.

À propos de coût, on retiendra que Komprise facture sa solution au nombre de To de données gérés. Les données précédemment déplacées par le logiciel entrent dans ce calcul, puisque Komprise maintient sur les disques locaux leurs liens symboliques et, de toute manière, les comptabilise toujours dans ses tableaux analytiques de coût. Le tarif de base est de 110 $/To. Il est dégressif selon la quantité de To pris en charge.

Compatible avec AWS, IBM et tous les clouds locaux ou privés

Lancée en 2016, Komprise aurait connu une progression de 300 % de son CA en Europe pour l’année 2019. Même si la startup n’a pas encore de bureaux en France, elle est disponible auprès de plusieurs revendeurs, à commencer par IBM qui s’en sert pour promouvoir son propre stockage en cloud.

La solution est soit disponible en SaaS, soit sous la forme d’une VM. Elle s’accompagne d’un agent, Komprise Observer, à installer sous la forme d’une VM au plus près des espaces de stockage dont il faut analyser les accès. Elle sait analyser et déplacer les fichiers sur n’importe quel stockage en ligne ou sur site qui répond aux protocoles NFS, SMB et S3, soit généralement du cloud privé ou de l’AWS. La solution est néanmoins appelée à fonctionner depuis d’autres clouds publics, du moins lorsqu’elle saura interroger leurs protocoles objet qui diffèrent de S3.

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