Visioconférence et collaboratif surfent sur la vague du Coronavirus

Les éditeurs spécialisés dans le travail à distance et les « conf-call » multiplient les initiatives pour lutter contre l’épidémie : gratuité temporaire, levée des limitations, « Kit d’urgence ». Un bon moyen d’allier « Tech for Good » et marketing.

Article mis à jour le 10 mars 2020 avec les initiatives tarifaires du français Glowbl et le 11 mars avec celles de Lifesize

Confinement. Télétravail. Événements et salons virtualisés. Cours et consultations médicales à distance. Les conséquences du coronavirus sont une aubaine pour le secteur de la visioconférence, de la collaboration et de la communication unifiée. Un secteur dont les acteurs entendent bien gagner en notoriété et en parts de marché.

Suite de l'article ci-dessous

Depuis une semaine, ces éditeurs enchaînent les communiqués et les interventions pour expliquer comment leurs solutions peuvent aider à surmonter la crise sanitaire. On a par exemple pu voir Avaya France être le sujet central d’un reportage de LCI sur le télétravail.

Certains éditeurs ajoutent les actes à leur parole en levant les limitations de leurs offres et/ou en les rendant gratuites pour qu’elles soient disponibles au plus grand nombre.

« Tech for Good » ou marketing opportuniste ? Clairement, un peu des deux.

Zoom lève la limitation des 40 minutes dans les zones touchées

Un des premiers noms à avoir pris une décision face au coronavirus a été Zoom.

« L’épidémie a élargi ma vision de la responsabilité que peut avoir, en période de crise, un fournisseur de vidéocommunication. »
Eric YuanZoom

« J’ai grandi dans la province orientale du Shandong, en Chine, où j’ai étudié à l’Université de Science et de Technologie. C’est un endroit qui reste cher à mon cœur », rappelait Eric Yuan, fondateur et PDG de Zoom, au moment d’annoncer la levée de la limitation des 40 minutes de la version basique (gratuite) de Zoom pour la Chine.

« L’épidémie a élargi ma vision de la responsabilité que peut avoir, en période de crise, un fournisseur de vidéocommunication », ajoute celui qui a également créé et revendu Webex à Cisco.

« Je me sens obligé d’aider tous ceux qui en ont besoin », concluait Eric Yuan. Une déclaration de foi que l’on retrouve, quasiment à l’identique, chez les dirigeants de Cisco, de LogMeIn et autres Zoho (lire ci-après), mais pas chez BlueJeans. Ou pas encore.

« Il est de ma responsabilité – et de la responsabilité de Zoom dans son ensemble – de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les personnes touchées par l’épidémie de coronavirus en leur fournissant notre technologie, un accès élargi et un support agile ».

Depuis, la limite des 40 minutes a également été levée sur les comptes basics pour le monde de l’enseignement au Japon, en Italie et aux États-Unis.

Pour l’instant, rien n’est annoncé pour la France. Mais un porte-parole de la filiale locale nous a fait savoir que les équipes de Zoom « travaillent à l’extension de ces mesures à d’autres verticaux et à d’autres régions ».

Cisco lève les limitations de la version « personnelle » Webex dans le monde

Le 2 mars, un leader historique du marché – Cisco Webex – constatait que le trafic sur sa plateforme dans la zone chinoise avait été multiplié par… vingt-deux.

En plus de provisionner les ressources nécessaires pour assurer ce pic, Webex décidait alors – comme Zoom – de lever les limitations de la version gratuite (personnelle) de son outil de conférence digitale.

À la différence de son concurrent, Cisco a pris cette décision pour une cinquantaine de pays, dont la France, la Suisse et la Belgique.

Pour les entreprises qui ne sont pas (encore) clientes, Cisco va également proposer des licences gratuites de 90 jours (une offre qui n’est cependant pas sur le site France, à demander à Cisco ou à son réseau de partenaires).

LogMeIn (GoToMeeting) sort des Emergency Remote Work Kits

Tout comme Cisco, LogMeIn a constaté que l’usage de ses produits a bondi en Chine. Face à la propagation de l’épidémie, l’éditeur de GoToMeeting a pour sa part sorti des Kits gratuits pour situations d’urgence (des « Emergency Remote Work Kits »).

Ces kits sont dédiés aux prestataires de soins de santé, aux établissements d’enseignement, aux municipalités et aux organisations à but non lucratif

« Nous offrons aux services qui sont en première ligne [dans la lutte contre le virus] une utilisation gratuite de nombreux produits de LogMeIn, à l’échelle de leurs organisations, pendant 3 mois », annonçait Bill Wagner Président de LogMeIn dès le 28 février.

Chacun de ces kits comprend des solutions adaptées pour les réunions, pour les webinaires et les événements virtuels, ou pour l’assistance informatique et la gestion à distance des appareils et des applications des employés.

« Il est important que nos clients sachent que nous sommes là pour les soutenir, eux et leurs employés, pendant cette période. Pour démontrer encore plus, nous avons décidé de mettre également ces kits à la disposition de tous nos clients existants », ajoutait Bill Wagner.

En résumé, les clients de LogMeIn pourront étendre leurs plans pour y inclure GoToMeeting, GoToWebinar et d’autres outils pour couvrir l’ensemble de leurs employés pendant une période allant jusqu’à trois mois, sans frais supplémentaires.

Même logique chez Lifesize, l'éditeur originaire d'Austin, qui offre à ses clients le nombre de licenses supplémentaires dont ils ont besoin pendant cette crise.

Zoho Remotly gratuit, une suite de onze applications de collaboration

Cette vague « Tech for Good » dépasse la simple communication unifiée. L’éditeur d’origine indienne Zoho – qui propose une suite pléthorique d’applications qui va du traitement de texte en ligne à la gestion comptable en passant par le CRM ou l’ITSM – joue lui aussi la carte de la « solidarité » (sic) avec la gratuité de Remotely.

Remotly est « un bundle » de onze applications : visioconférence et messagerie instantanée (Zoho Meeting et Zoho Chat), un espace de stockage à la Dropbox (WorkDrive), des outils bureautiques (Zoho Writer, Show – pour les présentations – et Sheet), des outils de gestion de projets et de projets agiles (Zoho Projects et Zoho Sprint), une application de réalité augmentée sur téléphone pour les interventions à distance (Zoho Lens), un portail de support IT (Zoho Support) ou encore une solution de formations et de cours à distance (Zoho ShowTime).

Zoho offre ces onze applications jusqu’au 1er juillet.

La bourse plonge, Zoom et LogMeIn surnagent

Et en France ? Dans ce contexte de « marketing du coronavirus », la startup Glowbl tente elle aussi d’exister face à tous ces géants.

L’entreprise lyonnaise, membre de la filière EdTech française, dit « se mobiliser pour répondre efficacement aux organisations, aux écoles et aux universités qui sont contraintes de déployer en urgence des outils de classes virtuelles et de réunions en ligne ».

Concrètement, en plus de son plan gratuit (son entrée de gamme freemium qui permet de dispenser un cours jusqu’à 40 élèves avec 8 sous-groupes de travail collaboratif), Glowbl propose son abonnement mensuel complet de classes virtuelles à -50 %, durant la période de la crise, « aux côtés d’un grand nombre d’entreprises de l’association EdTech France », précise Laurent Souloumiac, DG de Glowbl au MagIT.

Une classe virtuelle Glowbl

Pas d’extensions fonctionnelles ou de licences offertes donc, certainement parce que la startup n’a pas, non plus, la même surface financière. « Mais Glowbl est une solution française et conforme RGPD. Elle est 100 % SaaS et ne nécessite l’installation ni de logiciel ni de plug-in, ce qui permet un déploiement immédiat », ajoute-t-il. « L’ergonomie de la solution propose une expérience simple pour une prise en main rapide ».

Pendant ce temps, à New York comme à Paris, le coronavirus provoque un krach boursier. Alors que les marchés plongent, seules quelques rares valeurs IT surnagent. Parmi elles, et bien que chahutées, Zoom et LogMeIn sont de celles qui résistent le mieux.

Pour approfondir sur Outils collaboratifs

- ANNONCES GOOGLE

Close