SaaS : la ménagerie applicative de Zoho arrive en France

Avec une quarantaine d'applications métiers localisées et 5.000 clients en France, l'éditeur américano-indien fait du pays l'une de ses priorités dans son développement. Ses nouvelles visées internationales se sont récemment traduites par l'ouverture d'un bureau en Hollande.

En Europe, Zoho n'est pas nom le plus connu du cloud. Sa cible naturelle étant plus les PME ou les filiales de groupes, son expansion internationale était moins cruciale que celles des Google (G-suite), Salesforces, Workday et autres ServiceNow. Mais, plutôt dans la vague des NetSuite (pour les très grosses PME) ou de Intuit (pour les petites PME), Zoho - américain d'origine indienne - a commencé cette année à lorgner vers le Vieux Continent.

L'Europe par la Hollande

« Nous considérons que le marché européen a un potentiel significatif, notamment pour Zoho One, notre suite applicative unifiée composée de plus de quarante outils », confirme Sridhar Vembu, CEO, chez Zoho. « Les entreprises de cette région réalisent actuellement les avantages du cloud et nous voudrions les accompagner dans cette aventure sur le long terme. »

Comme beaucoup d'éditeurs, Zoho a choisi la Hollande comme tête de pont, avec un bureau à Utrecht « en raison de sa proximité avec les marchés européens et britanniques, et des conditions idéales pour notre développement », explique Sridhar Iyengar, Head of European Business, chez Zoho. En France, un correspondant local est en charge du développement de l'activité.

L'Américain, fondé en 1996 comme fournisseur d'applications réseaux puis d'IT Management qui a depuis repensé totalement son offre, a ouvert deux datacenters en co-location, aux Pays-Bas et en Irlande.

Un barnum applicatif très complet

En 2003, Zoho se lance dans les applications métiers au sens large. Son offre est aujourd'hui pléthorique. Elle s'articule autour de trois piliers.

Le premier concerne les CMS, CRM, et Help Desk pour services clients, en concurrence de Sales Cloud et Service Cloud de Salesforce, de Hubspot et de Zendesk. « C'est une offre qui sert le front-office », explique Sridhar Iyengar, dans un échange avec LeMagIT.

Le deuxième vise la finance (facturation, comptabilité, etc.) et les RH (recrutement, gestion des processus, feuilles de temps, évaluation des employés, etc.), en concurrence d'un Workday. Dans cette brique « back office », Zoho propose également l'ITSM, en concurrence d'un ServiceNow.

Troisième grande catégorie, les applications collaboratives avec la bureautique, le chat, les outils de meeting en ligne et les réseaux sociaux d'entreprise, en concurrence d'un Google Docs ou de Yammer (Microsoft).

En parallèle, l'éditeur propose un BPM (Flow) et un studio logiciel en low-code (Zoho Creator) pour le sur mesure. « Notre interface dotée du glisser-déposer, facilite la création de formulaires et de tableaux de bord, tandis que notre langage de script, Deluge, permet d'ajouter des workflows métier », vante le site officiel.

En tout, Zoho possède 40 briques applicatives en catalogue.

Tout « fait maison »

La philosophie technologique de Zoho se rapproche de celle de ServiceNow ou de Workday. L'idée de ses créateurs est d'avoir une véritable « plateforme » commune à toutes les offres, avec un modèle de données unique. Cette plateforme a été entièrement développée par l'éditeur et ne s'appuie sur aucune acquisition ni opération de croissance externe.

L'unité de la couche logicielle sous-jacente permet à Zoho d'être très flexible sur les modalités de mise à disposition de son offre.

Chaque brique est disponible soit en solution indépendante (le CRM par exemple), soit dans des packs « pour automatiser des tâches entre processus métier », vend Sridhar Iyengar. Zoho propose également depuis l'année dernière l'intégralité de ses applications dans une offre baptisée Zoho One.

Côté déploiement, Zoho est disponible sous à peu près toutes les formes : en pur cloud public ou en installation sur site (ou sur le cloud privé choisi par le client). « Cette deuxième option concerne plus les grands groupes», analyse le responsable Europe, même si ce segment n'est pas la cible principale de Zoho qui se concentre sur les ETI.

Depuis cette année, Zoho s'est également lancé dans l'IA avec scoring de leads et chatbots dédiés aux commerciaux (Zia Voice).

Quelque 5.000 clients en France

Dans le monde, Zoho revendique 40 millions d'utilisateurs dans 300.000 entreprises clientes. Et bien qu'encore assez méconnu dans nos contrées, l'éditeur aurait d'ores et déjà convaincu 5.000 clients en France.

« L'Europe est notre deuxième région la plus importante après l'Amérique du Nord. Le marché français est dans le top 5 européen avec le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas et l'Italie », précise le responsable.

Comment Zoho compte-t-il s'imposer face à une concurrence SaaS déjà installée ? « En proposant des offres pré-intégrées, qui s'intègrent nativement les unes avec les autres, et que l'on peut intégrer avec des outils tiers via des APIs ouvertes », répond Sridhar Iyengar, qui met en avant « la simplicité » d'utilisation.

La Chocolaterie Weiss, Renault et Sodexo (pour le Chat SalesIQ) et la filiale française du groupe allemand de distribution de matériels et de denrées pour la restauration Metro.

Trois questions à Sridhar Iyengar, Head of European Operations chez Zoho

Quelle est votre stratégie pour le marché français ?

Sridhar Iyengar : Nous disposons d'un réseau de partenaires très solide, que nous continuerons à renforcer et à élargir. Nous avons commencé à participer davantage aux événements locaux et nous poursuivrons nos efforts marketing.

Nous avons plus de 5000 clients actifs en France. Plusieurs d'entre eux utilisent nos produits depuis de nombreuses années, nous allons capitaliser sur leurs histoires au cours des prochains mois.

Qu'en est-il de la personnalisation de l'offre de Zoho pour la France ?

Sridhar Iyengar : Etant donné que la France a été un de nos marchés les plus dynamiques, nous avons lancé des éditions françaises de nos produits au fil des ans. Dans les mois à venir, notre objectif serait de rendre notre suite encore plus adaptée aux spécificités locales avec de nouvelles intégrations et des extensions.

Vous gérez l'Europe et le Royaume-Uni depuis la Hollande, mais envisagez-vous d'ouvrir un bureau en France ?

Sridhar Iyengar : Nous venons effectivement d'ouvrir notre bureau européen à Utrecht. Je suis en train, avec mes collaborateurs d'Utrecht, de construire des équipes pour développer les réseaux partenaires, la communication et le support local. A mesure que nous nous développerons en France, nous serons certainement amenés à embaucher pour avoir un petit bureau dans le pays.

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