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Crise sanitaire : Appian jongle avec des opportunités et des incertitudes

Cette semaine, le spécialiste du BPM organisait son Appian World virtuel. L’éditeur a (re)détaillé les nouveautés de sa mise à jour 20.1, mais s’est surtout penché sur l’impact de la crise sanitaire sur son activité et celle de ses clients.

Il y a un peu plus d’un mois, Appian annonçait la version 20.1 de sa plateforme Low Code Automation. L’éditeur complète son tour d’horizon des ajouts de fonctionnalité lors de son salon virtuel Appian World.

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Depuis la salle de conférence (vide, Covid-19 oblige) du siège d’Appian basée en Virginie, le PDG Matt Calkins a rapidement présenté une fonctionnalité de gestion centralisée des fonctions BPM, RPA et IA, maintenant intégrées à la plateforme. Automation Planner est un outil de gouvernance des tâches à automatiser. Un tableau de bord doit permettre de visualiser les workflows, leurs composants (BPM, RPA et IA), leur impact sur les coûts de licence, de maintenance, de réalisation (incluant le nombre de développeurs requis) ainsi que les économies et recettes réalisées.

Automation Planner doit surtout faciliter la proposition de tâches à automatiser et le suivi de leur conception par les administrateurs et développeurs. L’équipe technique profite d’un système d’analyse d’impact afin d’estimer les coûts et les conséquences sur les performances des systèmes. 

La crise sanitaire, une vague qu’Appian ne devait pas manquer

Le PDG a également évoqué des offres de souscription packagées pour ses nouveaux clients. La première se nomme Appian Guarantee et promet la réalisation d’un premier projet en huit semaines pour 150 000 dollars. La seconde, Quick Start Licencing permet à trois développeurs de déployer toutes les applications qu’ils sont capables de produire en douze mois. La troisième correspond à un palier personnalisé disponible à partir de 450 000 dollars.

« De nombreuses entreprises se sont appuyées sur Appian pour traverser la crise. »
Matt CalkinsPDG, Appian

L’éditeur revient principalement sur les conséquences du coronavirus. « De nombreuses entreprises se sont appuyées sur Appian pour traverser la crise. Depuis des années, on explique combien il est important de gagner en agilité. C’est finalement un événement qui nous force à transformer ces belles paroles en réalité », déclare Matt Calkins. « Appian est une plateforme conçue pour le changement », martèle-t-il.

Appian voit là une aubaine pour mettre en avant l’automatisation proposée par cette plateforme low-code couplée à des services de RPA et d’IA. Cette suite logicielle a d’ailleurs été mise à contribution afin de développer en deux mois trois applications, prévues pour répondre à des problématiques qui découlent de la crise sanitaire en cours.

La première, lancée en mars, est totalement gratuite et permet de suivre la santé des employés. Il s’agit d’un tableau de bord qui affiche la main d’œuvre active, celle en quarantaine et la possible exposition au virus. Plus de 1 000 entreprises auraient téléchargé l’application « Covid-19 Response » en quelques semaines.

Des services de santé et de grandes banques l’utiliseraient aux États-Unis, selon Matt Calkins. Déjà cliente, Bexley Health Neighbourhood Care (BHNC), une division du National Health Service britannique, utilise l’application pour surveiller la santé du personnel et des patients dans le sud-est de Londres. Le service a été mis en place en cinq jours, selon le Chief Operating Officer de BHNC.

La deuxième, déployée en avril, doit faciliter la répartition des aides financières américaines consacrées aux TPE locales dans le cadre du programme gouvernemental Paycheck Protection Program. L’application combine RPA et IA pour remplir un formulaire officiel, vérifié par un humain avant validation.
Bank of The West, une filiale de BNP Paribas utilisait déjà la plateforme d’Appian et a intégré rapidement l’application développée par l’éditeur. Certaines grandes banques britanniques utiliseraient la même application dans le cadre du programme similaire CBILS (Coronavirus Business Interruption Loan Scheme).

Un nouveau régime de développement

Enfin la dernière application, consiste à aider les entreprises américaines à préparer le retour de leurs employés dans les bureaux. Elle doit faciliter la préparation des locaux, la sélection des employés qui peuvent revenir les premiers jours et sous quel mode d’alternance. Appian assure que les données sont stockées sur un cloud certifié HIPAA. Les employés téléchargent une application mobile pour renseigner des informations sur leur état de santé, leur capacité à télétravailler ou non, etc. Cette fois-ci, le service est payant, à un « prix mesuré », selon les dires de Matt Calkins.

D’après Paul Maguire, SVP EMEA et APAC chez Appian : « Il n’y a pas assez de temps pour coder ou acheter une application packagée pour ensuite l’adapter au SI. La bonne approche est d’utiliser un outil low-code qui va réduire considérablement le temps de développement ».

Le responsable des activités en Europe et en Asie vante la possibilité d’obtenir de premiers résultats concluants rapidement. « En deux semaines de sprint avec Appian en appliquant la méthode Scrum, vous obtenez dans vos applications une richesse fonctionnelle déjà très satisfaisante », assure Paul Maguire. « Il n’y a plus le temps pour les projets waterfall de 9, 12 ou 18 mois ; la décision et le développement doivent être rapides ».

Appian attire les banques et les assurances

Le SVP donne l’exemple d’une coopérative bancaire en Italie qui a développé et mis en production 13 applications en douze mois à l’aide de la plateforme low-code.

Toutefois, ce niveau de productivité semble encore une exception au regard des autres utilisateurs cités par Paul Maguire. Aegon, une compagnie d’assurance hollandaise a mis en place une application d’administration de pensions en douze semaines. De son côté, le conglomérat bancaire espagnol Bankia a automatisé certains processus légaux avec l’aide de Pwc dans le même laps de temps. Évidemment, c’était avant la crise.

Appian semble plus approprié aux applications qui utilisent une base de données relationnelle, donc les scénarios transactionnels. D’ailleurs, la plateforme codée en Java supporte officiellement SQL Server, MariaDB, PostgreSQL, IBM DB2, MySQL (via InnoDB), et Oracle (18 c, 12c R2, R1 et 11g R2). Il faut créer son propre connecteur JDBC pour accéder à une base de données times-series ou NoSQL, plus adaptée à des scénarios comme l’IoT ou le traitement d’événements complexes.

Cela expliquerait la forte présence de l’éditeur auprès des banques et des assurances.

« En région EMEA, nous avons 40 % des clients qui proviennent des secteurs bancaires et assurantiels, mais 60 % sont en dehors », répond Paul Maguire.

« Dans l’industrie, le fabricant de pneus Pirelli est un client stratégique. Il a déployé 65 applications dans douze pays avec Appian. GRDF est un autre gros client dans les utilities. Sanofi, Novartis et Bayer, des acteurs de l’industrie pharmaceutique, font appel à notre solution pour construire des services critiques comme les essais cliniques », liste-t-il. Ces acteurs ont d’abord utilisé les fonctionnalités de CASE Management et découvrent le RPA et l’IA à la sauce Appian.

Des incertitudes économiques, malgré les opportunités

« Nous n’avons jamais été aussi occupés, nous continuons d’investir et de recruter. »
Paul MaguireSVP EMEA et APAC, Appian

La crise ne changerait en aucun cas l’engagement de l’éditeur auprès de ses clients, à écouter Paul Maguire. « Les circonstances que nous vivons actuellement prouvent que nos technologies, nos solutions n’ont jamais été aussi pertinentes », martèle le SVP EMEA et APAC d’Appian. « Nous n’avons jamais été aussi occupés, nous continuons d’investir et de recruter. […] Je siège au conseil d’administration avec des membres très expérimentés qui soutiennent la croissance continue de l’entreprise dans un marché changeant », ajoute-t-il.

Cependant, l’éditeur n’est pas certain de réussir son année 2020 comme il l’espérait. Son chiffre d’affaires avait grimpé de 17 % entre 2018 et 2019 pour atteindre 266,3 millions. Le premier trimestre 2020 s’est bien terminé en hausse (18 %), par rapport à la même période l’année dernière, mais cela est dû à des revenus non récurrents.

Le second trimestre commence avec son lot d’incertitudes, notamment l’allongement de ses cycles de vente. Matt Calkins et son équipe prévoient une baisse du CA de 7 à 8 % sur cette période. Les prévisions pour l’année 2020 ont été annulées. Surtout, des acteurs comme ServiceNow, Salesforce ou encore PegaSystems adoptent peu ou prou la même stratégie.

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