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Stockage : Lightbits adopte le cluster pour séduire les entreprises

La version 2.0 de LightOS permet de déployer une baie SAN élastique et redondante à partir de plusieurs nœuds. Sans cela, les entreprises ne testaient même pas cette solution rapide et peu chère.

Cet article est extrait d'un de nos magazines. Téléchargez gratuitement ce numéro de : STORAGE: Storage 24 : Demain les SSD contribueront à la puissance de calcul

La startup Lightbits Labs, qui a mis au point une baie de stockage rapide et économique en NVMe/TCP, puis qui en a fait un SAN pour infrastructures hyperconvergées, ajoute à présent à sa solution la possibilité de fonctionner en cluster et la compatibilité avec Kubernetes. Ces fonctions sont apportées par la nouvelle version 2.0 de son système LightOS.

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La compatibilité avec Kubernetes est proposée au travers d’un pilote CSI, à savoir un plugin qui permet à Kubernetes de gérer directement une solution de stockage pour enregistrer durablement les données des containers qu’il exécute. A terme, LightOS devrait fournir des fonctions propres à Kubernetes, comme la gestion des snapshots et des clones. LightOS 2.0 comprend également un nouveau pilote Cinder, pour les entreprises qui préfèrent OpenStack à Kubernetes pour exécuter leurs containers.

La fonction de cluster permet de relier ensemble, en Ethernet, jusqu’à seize serveurs de stockage de sorte qu’ils soient reconnus comme une seule baie SAN LightBox. Outre augmenter la capacité, le cluster offre aussi la haute disponibilité. Un minimum de trois serveurs de stockage sont nécessaires pour répliquer des données et éviter de les perdre en cas de défaillance d’un disque ou d’un serveur entier.

« La solution de Lightbits savait déjà résister aux défaillances de certains disques dans le serveur de stockage. Désormais, elle résiste à une panne du serveur de stockage lui-même. C’est exactement ce qu’il lui manquait pour devenir un véritable produit d’entreprise », commente Eric Burgener, analyste spécialisé en infrastructures chez IDC.

L’offre de Lightbits Labs cible les entreprises qui ont besoin d’exécuter des bases de données rapides sans que cela ne coûte trop cher, mais aussi des petits intégrateurs qui souhaitent proposer à leurs clients des cloud privés au meilleur prix. Parmi les bases de données qui en tireraient profit, la startup cite MySQL, Postgres et MariaDB qui fonctionnent depuis un seul serveur relié à la LightBox. Mais aussi les bases distribuées MongoDB, Cockroach DB et Cassandra qui s’exécutent depuis un cluster de serveurs reliés à la LighBox.

La startup indique par ailleurs que sa solution de stockage en mode bloc s’intègre parfaitement avec solutions en mode fichiers qui ont besoin de performances, comme IBM Spectrum Scale, Lustre et BeeGFS. Lightbits Labs planche également en ce moment avec l’éditeur MinIO pour s’interfacer avec son système de stockage objet Open source.

Plus rapide sans être trop cher

L’élément de base d’une LightBox est un serveur x86 générique rempli de SSD et fonctionnant sous LightOS. Le premier intérêt de cet OS est d’autoriser un accès SAN via un protocole NVMe-over-Fabrics, bien plus rapide que les usuels FC ou iSCSI, car il soulage la bande passante des commandes SCSI inutiles sur les disques SSD. Le second intérêt est de véhiculer ce protocole sur un réseau Ethernet de base, donc peu cher.

« C’est ce qui différencie Lightbits Labs des autres fournisseurs de baies SAN 100% Flash : il n’y a pas de logiciel spécial, ni de contrôleur hors de prix à installer sur les serveurs applicatifs », ajoute Eric Burgener en faisant référence aux autres solutions de type NVMe-over-Fabrics qui, même quand elles utilisent des liens Ethernet comme en NVMe/RoCE, nécessitent des pilotes spéciaux et une carte réseau plus chère car elle doit gérer le RDMA-over-Converged-Ethernet.

« Évidemment, une solution NVMe/TCP sera plus lente qu’une solution NVMe/RoCE ou NVMe/iWarp. Mais qu’importe : ce sera toujours bien plus rapide que les baies SAN habituelles. D’ailleurs, les fabricants de baies 100% Flash comme Pure Storage, Pavilion Data ou Infinidat se préparent aux aussi à commercialiser des solutions NVMe/TCP », précise l’analyste.

Selon lui, nombre d’entreprises préféreraient d’ailleurs passer au NVMe/TCP plutôt qu’au NVMe/RoCE, parce que des tests ont montré que ce dernier était instable, que ses pilotes étaient trop jeunes, ou encore qu’il posait trop de contraintes de design dans la topologie le réseau. L’avantage de Lightbits Labs est qu’il a été le premier à commercialiser une solution NVMe/TCP et qu’il fait donc figure de spécialiste dans le domaine.

Un système Open source pour des serveurs applicatifs Linux

LightOS reposant sur Linux, Lightbits Labs a mis sa couche NVMe/TCP en Open source. C’est pourquoi il n’y a pas besoin d’installer de pilote : elle a été incluse dans les dernières versions de toutes les distributions Linux, dont toutes celles de Red Hat, Suse, CentOS, Debian, Fedora et Ubuntu. Au pire, on peut l’ajouter comme un pilote sur un Linux plus ancien en la téléchargeant depuis le site communautaire kernel.org. Revers de la médaille, les serveurs qui utilisent une LightBox doivent forcément fonctionner sous Linux.

« Du point de vue d’un serveur Linux, on se connecte aux volumes logiques disponibles sur une Lightbox unique ou en cluster de la même manière qu’on le fait avec une baie SAN en iSCSI. Ces volumes logiques apparaissent comme des périphériques en mode bloc et les serveurs y accèdent comme s'il s'agissait de SSD internes. Le fait que les requêtes traversent le réseau Ethernet via NVMe/TCP est invisible », explique Josh Goldenhar, le responsable marketing de Lightbits Labs.

Du côté du cluster LighBox, le système LightOS 2.0 utilise à présent la fonction dite de multipathing, standardisée dans tous les protocoles NVMe-over-Fabrics. Elle permet à un nœud de récupérer rapidement les accès d’un autre s’il tombe en panne.

En appliance ou à installer soi-même

Deux méthodes sont possibles pour déployer une baie SAN LightBox, que ce soit en cluster ou comme un nœud simple. La première est d’acheter auprès de LightBits une ou plusieurs appliances SuperSSD, lesquelles sont juste des serveurs Dell EMC préconfigurés. La seconde est d’installé soi-même LightOS sur un ou plusieurs serveurs x86 vendus pour exécuter Linux. Lightbits Labs recommande de doter ces serveurs de cartes Ethernet 100 Gbit/s et d’équiper les serveurs applicatifs de cartes Ethernet 25 Gbit/s. Cela dit, LightOS supporte de fonctionner avec un réseau plus lent.

60% des clients de Lightbits Labs auraient choisi d’installer eux-mêmes LightOS sur leurs serveurs. La licence de ce système varie de 9 400 à 18 800 dollars par serveur, selon le nombre de sockets et de cartes réseau présentes.

En option, Lightbits Labs propose une carte accélératrice LightField à insérer dans chaque nœud pour accélérer les fonctions de compression et d’erasure coding. Cette carte accélératrice est disponible pour tous les serveurs.

Lightbits Lab aurait à l’heure actuelle moins d’une cinquantaine de clients, dont la moitié en serait encore à tester la solution avant de la valider définitivement.

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