Pure Storage ajoute à ses FlashArray des fonctions de NAS et de PCA

La nouvelle version 6.0 du système de ces baies de stockage apporte le partage de fichiers et la réplication en continu des données vers un site de secours, lequel peut prendre la main sans interruption.

Pure Storage met à jour le système Purity//FA de ses baies de stockage SAN FlashArray avec une nouvelle version 6.0 qui apporte un mode NAS, la réplication en continu vers un site de secours, ainsi que le support de la connectique NVMe-over-RoCE. Cette mise à jour suit celle de Purity//FB, le système des baies NAS FlashBlade, qui était passé en version 3.0 en mai dernier. Outre les fonctions de haut niveau qui sont particulières à chacune des gammes, le cœur du système, qui assure sa stabilité et ses performances, est le même dans les deux cas.

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« Il ne s’agit pas de lancer une nouvelle gamme de produits : Purity//FA 6.0, comme Purity//FB de son côté, s’installe sur l’équipement existant chez nos clients. Et ceux-ci bénéficient automatiquement de possibilités qui n’existaient pas jusqu’alors », explique au MagIT Gabriel Ferreira, le responsable technique de Pure Storage en France. Il précise que ce type de mise à jour majeure a lieu tous les 18 mois, contre tous les trimestres pour les versions intermédiaires qui correspondent plutôt à des correctifs.

On notera que cette mise à jour s’installe sans devoir redémarrer, ni même interrompre momentanément, la baie.

Concrétisation du rachat de Compuverde

L’arrivée du mode NAS, qui permet à présent de directement partager des fichiers depuis la baie, sans passer par un serveur intermédiaire, découle du rachat de Compuverde qui a eu lieu l’année dernière. « Nous aurions pu nous contenter de mettre le code de Compuverde dans une machine virtuelle, puisque nos baies sont capables d’en exécuter avec leur fonction Purity Run. Nous avons préféré l’intégrer directement à notre OS, de sorte que le mode fichier bénéficie des mêmes fonctions de bas niveau que le mode bloc : chiffrement, clustering, réduction des données, snapshots, etc. », indique Gabriel Ferreira.

Par ailleurs, cette intégration se retrouve dans la console d’administration : l’utilisateur peut créer des volumes en NFS ou SMB, les deux protocoles du NAS, exactement comme il le fait pour des volumes en mode bloc. Similarité des systèmes oblige, cette nouvelle fonction de NAS bénéficie du même « Safe Mode » que sur les FlashBlade ; ce mode sert à protéger les snapshots en écriture pour que les données restent récupérables malgré les fausses manipulations et les cyberattaques.

Point important, même s’il en était à l’origine capable, le code de Compuverde ne permet plus ici de proposer le mode de stockage objet. « Le stockage objet reste l’exclusivité des FlashBlade, car il sert aux applications décisionnelles, l’un des cas d’usage typiques de ces baies. Sur FlashArray, il s’agit juste d’apporter la commodité de partager des fichiers entre les utilisateurs », dit Gabriel Ferreira.

Pour fonctionner, le service NAS a besoin que la FlashArray soit équipée de ports Ethernet en 10 ou 25 Gbit/s. Il est possible d’en ajouter à chaud, à côté des ports FC ou Ethernet déjà existants.

ActiveDR, pour passer d’un PRA à un PCA

La nouvelle fonction de réplication en continu vers un site de secours, appelée ActiveDR, fait quant à elle furieusement penser à la fonction de « Near Sync » du dernier système AOS 5.17 de Nutanix. Grâce à elle, les baies de production répliquent chaque écriture au fil de l’eau vers une autre baie, prête à démarrer pour reprendre l’activité au moindre incident. Pour les entreprises, cette fonction porte la promesse d’un Plan de continuité d’activité (PCA), c’est-à-dire la poursuite des opérations, comme si de rien n’était en cas d’incident.

Jusque-là, les FlashArray de production ne pouvaient proposer qu’un Plan de Reprise d’Activité (PRA). Elles se contentaient d’une sauvegarde par lots : une fois par heure (généralement), elles prenaient une image des dernières données enregistrées et l’envoyaient vers le site de secours. Si ce dernier devait prendre la main, il fallait commencer par passer du temps à restaurer les informations contenues dans ces snapshots. Qui plus est, les données restaurées dataient de la dernière sauvegarde ; celles enregistrées entretemps étaient perdues. Avec ActiveDR, les données du site de secours sont immédiatement utilisables et, mieux, ce sont celles qui étaient en cours de traitement lors de l’incident.

Ce mode de sauvegarde existe toujours, d’abord parce qu’il présente le mérite d’être plus économique que le nouveau mode ActiveDR. Ce dernier nécessite en effet, d’une part, d’investir dans un réseau à faible latence vers le site de secours et, d’autre part, de conserver allumées les baies qui s’y trouvent.

« Le mode originel présente un autre intérêt : comme il fonctionne avec des snapshots, il permet de revenir en arrière en cas de cyberattaque, c’est-à-dire à un moment où les données n’ont pas encore été corrompues par un rançongiciel. De fait, nous pensons que des entreprises utiliseront les deux modes à la fois », ajoute le responsable de Pure Storage.

Précisons que les FlashArray disposent par ailleurs d’un mode de fonctionnement actif-actif, qui sert à écrire sur deux baies en même temps, au titre de redondance sur le site de production. Ce mode actif-actif est utile pour prévenir une panne matérielle et pour éponger les pics d’activité soudains. En revanche, il ne peut rien contre une coupure de la connexion sur le site de production.

Du NVMe de bout en bout avec les serveurs Cisco et les clusters VMware

Concernant le protocole de connectique NVMe-over-RoCE, il s’agit plus d’étendre une fonction existante que d’une nouveauté technique. Pure Storage se targue d’avoir très tôt mis en œuvre cette connectique pour relier les contrôleurs des FlashArray à leurs tiroirs de disques. Les FlashArray pouvaient par ailleurs communiquer en NVMe-over-RoCE avec des serveurs Linux, puisque ceux-ci disposent des pilotes nécessaires depuis environ deux ans. La nouveauté est que les FlashArray sont désormais validées pour utiliser ce protocole avec des serveurs Cisco et des clusters VMware, leurs systèmes respectifs ayant entretemps été enrichis des bons pilotes.

Rappelons que l’intérêt de NVMe-over-RoCE (parfois écrit « NVMe/RoCE ») est que les serveurs communiquent avec leurs baies de disques externes en NVMe, un protocole de transfert pour disques Flash bien plus rapide que le traditionnel SCSI des disques mécaniques. NVMe-over-RoCE est un sous-ensemble du protocole global NVMe-over-Fabrics ; sa particularité est de passer par des liens Ethernet.

« L’arrivée des pilotes chez Cisco et VMware va nécessairement conduire tous nos concurrents à présenter leurs baies SAN comme compatibles NVMe-over-RoCE. Il faut toutefois souligner que, en ce qui nous concerne, ce protocole est véritablement utile puisque nous l’utilisons jusqu’aux disques eux-mêmes. Alors que nombre de nos concurrents ne l’utiliseront qu’entre les serveurs et leurs contrôleurs, lesquels sont reliés à leurs disques en SAS, c’est-à-dire en SCSI », insiste Gabriel Ferreira.

Selon IDC, les ventes de Pure Storage auraient augmenté de 7,7 % en un an, alors que le marché des baies de stockage aurait reculé de 8,2 % globalement et n’aurait augmenté que de 0,4 % sur le segment des baies 100 % Flash. Selon ces chiffres, Pure Storage et IBM (+3,8 % des ventes) seraient les seuls acteurs du stockage en croissance sur cette période.

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