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Une sixième saison AgTech pour l’accélérateur parisien de SAP

SAP.iO Foundry Paris, l’accélérateur français de SAP se penche sur l’Agtech. Les huit startups sélectionnées doivent faciliter les interactions entre les différents acteurs de cet écosystème et, à terme, enrichir les plateformes des clients SAP.

Après une cinquième mouture consacrée au procurement, Sap.iO Foundry Paris a annoncé sa sixième saison. Celle-ci s’articule autour de la thématique de l’agribusiness.

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« L’agribusiness est une industrie très importante pour SAP », assure Sébastien Gibier, directeur SAP.iO Foundry Paris. « Ce secteur couvre la fourniture d’équipements et de matières premières, l’agriculture elle-même, le transport et l’agroalimentaire ».

Pour sélectionner les startups dans ce vaste écosystème, Sap.io Foundry Paris a établi trois problématiques :

  • Le « Digital Farming » ou l’agriculture à travers les données ;
  • Le déploiement de processus agricoles de nouvelle génération ;
  • Et la responsabilisation des chaînes d’approvisionnement agroalimentaires.

Selon le directeur, cette thématique de l’agribusiness intéressait moins les huit autres Foundry, pour le moment (les thématiques sont parfois traitées plus tard par d’autres accélérateurs). « Je suis personnellement très attaché à ce sujet. Nous avons un vivier de startups très important et c’est un secteur fort en France », déclare Sébastien Gibier.

Pourtant, si le programme a lieu en France, le choix des jeunes pousses participantes est international. Après quatre mois de recherche, 900 startups identifiées, 120 répondaient à l’une de ces trois problématiques, SAP.io Foundry Paris a reçu 70 candidatures, a fait passer 15 d’entre elles en comité de sélection pour finalement en désigner huit. Trois jeunes pousses choisies sont françaises, deux américaines, une canadienne, une autre israélienne, et la dernière allemande.

SAP.io Foundry a composé son jury de collaborateurs SAP spécialistes du secteur, de partenaires, à savoir Deloitte et Accenture, de fonds d’investissements ainsi que de clients comme des coopératives, des fournisseurs d’équipements agricoles ou des industriels de l’agroalimentaire dont la filiale de l’éditeur allemand préfère taire le nom.

Trois jeunes pousses entendent répondre à la première problématique.

Computer vision, blockchain et IoT

ClariFruit est une startup israélienne qui a levé 6 millions de dollars en Seed ; elle s’est spécialisée dans le contrôle qualité des fruits et légumes (tomates, nectarines, pêches, cerises, raisins, pommes, bananes, clémentines, myrtilles et ananas) à l’aide d’algorithmes de computer vision. Sa plateforme permet de détecter le calibre, les défauts, la vivacité des couleurs ou encore la fermeté des produits. Ces données peuvent être collectées avant la récolte, à l’aide d’une application mobile ou lors de processus de sélection des fruits et légumes avant leur livraison, via des caméras installées sur les lignes de tris. Les données peuvent être analysées depuis une plateforme SaaS.

GrainChain Inc, elle, est une startup texane (10 millions de dollars levés depuis 2018) qui développe une suite de logiciels pour couvrir l’ensemble de la chaîne agribusiness. SAP.iO semble avoir été séduit par Trumodity, sa plateforme de transactions entre producteurs et grossistes, propulsées par une blockchain. Les autres produits (Seed Audit, SiloSys, HarvX) doivent assurer l’aide à la production et la certification des données de la culture à l’expédition des récoltes céréalières.

SenCrop commence à être bien connu dans le milieu agricole français. La jeune pousse sortie tout droit d’Euratech Lille conçoit des stations météo connectées (pluviomètres, anémomètres et capteurs d’humections) afin de fournir des prévisions localisées aux agriculteurs. La startup a déjà déployé plus de 15 000 stations en Europe en s’appuyant sur le réseau « zero G » de Sigfox. Depuis sa création, Sencrop a levé 12 millions d’euros.

Conformité et traçabilité, deux enjeux importants pour la filière

La deuxième problématique vise à simplifier les tâches administratives et la traçabilité pour les acteurs de la filière. En cela, la startup californienne HeavyConnect se concentre sur la numérisation de la remontée d’informations et des documents, la gestion des tâches et formations des employés via trois applications mobiles dédiées. L’objectif est de réaliser des autoaudits, de s’assurer le respect des normes et des règles en vigueur en évitant les points bloquants lors des contrôles des autorités et des attributions d’aide (un sujet bien connu des bénéficiaires de la PAC).

La startup parisienne Connecting Food propose une « plateforme de transparence alimentaire ». Là encore, il s’agit de s’appuyer sur la blockchain, mais cette fois-ci pour rendre la traçabilité visible aux consommateurs. Connecting Food développe LiveAudit, une application qui permet d’extraire automatiquement les données et de les comparer aux différents cahiers des charges avant de les introduire dans la blockchain. Cela demande de réunir l’ensemble des acteurs de la chaîne de production. Ses premiers clients sont Herta, Ingredia ou encore Terre du Sud. Elle a récolté à date 5 millions d’euros.

Une meilleure gestion de la supply chain

La dernière catégorie cible plus particulièrement la numérisation de la supply chain. La startup allemande Agrora, propose une place de marché en ligne accessible depuis une application mobile, réservée à la vente et l’achat de matières premières entre les négociants et les agriculteurs. Le Canadien Milk Moovement, édite une plateforme qui couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement laitière et les interactions entre les parties prenantes, de la production à la commercialisation. Elle permet aux coopératives ou aux fabricants de produits laitiers dotés de leurs propres réseaux d’éleveurs de suivre le rendement, le transport et de réaliser les paiements depuis un seul espace. ProcSea, basé à Rennes, conçoit des solutions logicielles SaaS réservées à la gestion de l’achat et de la vente de produits de la mer, tout en facilitant leur traçabilité. L’éditeur s’adresse aux mareyeurs, grossistes, centrales d’achat et aux grandes et moyennes surfaces.

Objectif SAP Store

« Nous sélectionnons des startups qui ont déjà un produit, un marché et des clients, parfois des clients communs avec SAP afin de les aider à accélérer sur le marché ».
Sébastien GibierDirecteur SAP.iO Foundry Paris

Toutes ces startups ont un produit disponible, mais sont plus ou moins avancées en matière de développement ou de financement. « Nous faisons de l’accélération business, non pas de l’incubation », précise Sébastien Gibier, directeur SAP.iO Foundry Paris auprès du MagIT. « Nous sélectionnons des startups qui ont déjà un produit, un marché et des clients, parfois des clients communs avec SAP afin de les aider à accélérer sur le marché ».

Le programme de dix semaines est divisé en deux parties. Les quatre premières semaines sont dédiées à l’intégration technique avec les technologies SAP. « Les six semaines suivantes sont consacrées au développement business, dont la rencontre avec nos clients », rappelle Sébastien Gibier.

Chaque startup se voit attribuer deux mentors, dont des clients SAP. « Une dizaine de clients sont intéressés pour participer à ce programme. Nous avons un système de proposition de partenariats afin de réaliser des PoCs », ajoute le directeur. « Enfin, nous organisons des ateliers de design thinking entre SAP, ses clients et les startups pour imaginer le futur de cette industrie ». Au bout des dix semaines, les logiciels des PME rejoignent idéalement la marketplace SAP Store.

Une offre SAP pour les startups

Comme LeMagIT l’a déjà expliqué, cela permet à SAP de compléter ses solutions et de repérer des pépites qu’il pourrait acquérir. Prochainement, il compte adapter et proposer ses logiciels aux jeunes pousses.

« Nous n’imposons pas aux startups l’adoption de nos technologies. Nous sommes concentrés sur la valeur que l’on peut apporter ensemble aux clients. Pour autant, nous sommes en train de mettre en place au sein de SAP.iO un programme nommé BTP for Startups afin d’accompagner ces sociétés qui souhaiteraient s’équiper de nos produits compris dans la Business Technology Platform », affirme Sébastien Gibier.

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