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Tendances de l’ERP en 2024

Cette année, l’ERP devrait poursuivre sa longue marche vers le cloud, l’automatisation et l’IA. Et être au cœur des reportings ESG.

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Selon une étude de HG Insights, 1,4 million d’entreprises devraient dépenser 183 milliards de dollars en logiciels ERP en 2024. Alors que le marché continue de croître, l’ERP continuera d’évoluer sous l’influence de l’IA générative et des nouveaux besoins des entreprises, notamment pour gérer les rapports exigés par les nouvelles réglementations.

L’ERP a stagné vers l’an 2000, mais les grands éditeurs ont depuis racheté des entreprises pour lui ajouter des technologies complémentaires (IA, l’industrie 4.0, etc.) et aller de plus en plus vers des ERP spécifiques pour différentes industries.

Voici quelques tendances ERP qui devraient marquer 2 024.

1. Un ERP de plus en plus SaaS

L’ERP Cloud (en mode SaaS) devrait encore se développer en 2024, principalement sous l’influence des grands éditeurs, qui ont désormais des offres matures, et de la demande de clients (pas tous) qui souhaitent des déploiements plus rapides et des mises à jour plus simples.

« Dans le monde, beaucoup de clients ERP sont encore sur site », estime Akshara Naik Lopez, analyste principal chez Forrester Research. Ces clients ont généralement des cycles de mise à niveau de trois à cinq ans, mais comme ils cherchent à moderniser leurs systèmes ERP, ils s’intéressent également à l’ERP cloud, dit-elle.

Dans certains cas, ils ne resteront pas fidèles à leur fournisseur. Par exemple, un client qui utilise un ERP sur site d’Oracle ou de SAP pourrait envisager un système ERP « cloud-first » d’un autre fournisseur. « Malgré les conditions économiques, nous ne constatons pas que les entreprises réduisent leurs dépenses. Lorsqu’il s’agit des applications fondamentales pour leurs gestions, elles dépensent de l’argent et réalisent leurs projets de modernisation pour l’ERP », a-t-elle ajouté.

« La modernisation et la transformation numérique varient en fonction de leur état de maturité. […] Mais elles veulent toutes s’assurer qu’elles utilisent les bonnes applications en fonction de l’évolution du marché », et qu’elles investissent dans des produits qu’ils pourront utiliser pendant 10 à 15 ans, résume Naik Lopez.

2. L’IA au service de l’ERP industriel

L’intelligence artificielle continue de gagner en popularité. Logiquement, les entreprises s’attendront à ce que les systèmes ERP qu’elles envisagent d’acheter intègrent des fonctions d’IA.

L’IA peut aussi repérer les défauts et les anomalies dans les produits, améliorant ainsi la qualité, ou permettre un suivi en temps réel des fournisseurs, de la logistique et des processus de production afin d’identifier les retards potentiels.

3. Automatisation et analytique, deux incontournables

Selon Naik Lopez, l’automatisation (comme la RPA et les outils connexes) était jusqu’ici des produits à part, que l’on achetait en plus de l’ERP. Mais les appels d’offres – qui incluent de plus en plus la gestion des performances de l’entreprise (EPM) – exigent également de plus en plus d’une suite ERP qu’elle embarque en natif de la BI (analytique) et l’automatisation.

« Les entreprises veulent intégrer ces éléments lorsqu’elles passent à un nouvel ERP », constate Naik Lopez. « La demande en la matière est incontestablement très forte ».

4. L’IA générative s’intègre

Les éditeurs ont commencé à mettre de l’IA générative dans leurs suites ERP. La tendance ne devrait pas ralentir en 2024. « Les éditeurs ne veulent pas que les clients aient à s’occuper de savoir quel modèle utiliser, ou lequel convient le mieux à telle ou telle fonction, puis qu’ils aient à gérer l’intégration », estime Naik Lopez.

Les éditeurs ont donc quasiment tous passé des partenariats avec ou investit dans des spécialistes de l’IA générative, pour ajouter des fonctionnalités dans leurs logiciels ERP. On peut donc s’attendre à ce que ces fonctionnalités se multiplient.

5. Une forte demande pour des ERPs cloud dédiés aux industries

Naik Lopez ajoute que la demande est forte pour des solutions ERP cloud plus spécifiques à chaque industrie. Ces ERP dédiés embarquent les bonnes pratiques d’un secteur et sont paramétrés en fonction des exigences de cette industrie. Mais cela implique certains compromis. Ces ERP sont par exemple un peu plus chers, estime Naik Lopez.

La spécialiste de Forrester anticipe également que les ESN fourniront des « accélérateurs » pour répondre à la demande.

6. Adaptation aux réglementations

Les entreprises présentent dans plusieurs pays, en particulier dans l’Union européenne, devront savoir qui accède à leurs données et comment elles sont hébergées, car les lois sont de plus en plus strictes, prévient Naik Lopez.

Les organisations devront se tenir au courant des nouvelles réglementations et, du point de vue de l’architecture, anticiper les décisions à prendre. Par exemple, dans certaines zones du monde, les réglementations locales en matière de souveraineté imposent que les données soient stockées physiquement sur des serveurs situés dans une géographie bien délimitée, à quelques exceptions près.

En Europe, des lois comme le Data Act et le Data Governance Act étendent par ailleurs les contrôles de confidentialité et les protections aux capteurs IoT, très fréquents dans les secteurs manufacturiers et industriels.

7. L’ERP pour l’ESG

Le DAF élargit son champ d’action et doit produire des indicateurs extrafinanciers (développement durable, gouvernance, parité, etc.). À mesure que les rapports ESG deviennent des exigences, l’ERP inclura naturellement ces fonctions, étant donné qu’il relève généralement de la compétence du directeur financier, souligne Naik Lopez.

« SAP s’est résolument engagé dans la voie d’une comptabilité carbone plus détaillée, mais c’est encore très nouveau », illustre-t-elle. D’autres éditeurs proposent des outils pour aider leurs clients à répondre aux exigences des reporting ESG.

Naik Lopez ne serait par ailleurs pas surprise que les clients commencent à faire figurer des KPIs sur le développement durable et l’ESG dans leurs appels d’offres pour les ERP.

8. Les PME et les ETI s’équipent d’ERP adaptés

Si SAP, Oracle et d’autres grands éditeurs d’ERP proposent des produits robustes, ils ne conviennent pas à tout le monde. En 2024, davantage de PME et d’ETI se tourneront vers des ERP alternatifs, cloud, voire open source, prévoit selon Naik Lopez. Les PME ne veulent en effet pas consacrer 18 à 24 mois à la mise en œuvre d’une suite et recherchent des gains rapides.

Les systèmes ERP « cloud-first » disposent de nombreux modèles préconfigurés et sont moins complexes que les offres des grands fournisseurs, ajoute-t-elle.

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