.Next’26 : Nutanix devient compatible avec le stockage de NetApp

Les utilisateurs de VMware vSphere pourront désormais migrer sous Nutanix NCP en conservant leurs baies de stockage OnTap. Contrairement aux intégrations précédentes avec Dell et EverPure, l’administration de l’ensemble se fera avec les outils des deux fournisseurs.

La conférence annuelle .Next de Nutanix s’est ouverte cette semaine à Chicago sur une annonce que beaucoup d’entreprises attendaient : l’éditeur supporte enfin les solutions de stockage de NetApp.

À l’instar de ce que Nutanix proposait déjà avec Dell et EverPure (ex-Pure Storage), il s’agit de permettre aux clients déçus de VMware de migrer leurs applications en machines virtuelles vers l’hyperviseur AHV de Nutanix, sans pour autant les contraindre au remplacement de leurs baies de disques. L’intérêt pour les entreprises est que ces baies de disques coûtent souvent bien plus cher que les serveurs qui exécutent les machines virtuelles.

« Nous nous félicitons d’ouvrir notre plateforme aux baies de stockage les plus répandues. Mais au-delà de la compatibilité avec les produits de NetApp, il s’agit surtout d’être compatible avec tout un écosystème de solutions plus versatiles », lance, sur scène, Rajiv Ramaswami, le PDG de Nutanix (en photo en haut de cet article), après avoir également dévoilé une nouvelle compatibilité avec les baies d’entrée de gamme PowerStore de Dell, FlashArray//C d’EverPure et ThinkSystem Storage de Lenovo. Jusqu’ici, seules les grandes baies en mode bloc étaient supportées.

« Nous annonçons dans la foulée que vous pourrez installer notre système Nutanix Cloud Platform sur les clusters FlexPod de Cisco qui fonctionnent avec les baies NetApp », ajoute le PDG, en évoquant une disponibilité d’ici à la fin de l’année.

Utiliser les fonctions de NetApp plutôt que celles de Nutanix

La prouesse, ici, n’est pas tant que AHV ait été adapté pour que ses machines virtuelles chargent leurs images-disque et leurs données depuis les volumes partagés par le système OnTap de NetApp. Le fait que les deux acteurs aient accepté de faire suffisamment de concessions pour travailler ensemble est la vraie réussite de cette annonce.

La promesse historique de Nutanix est d’apporter toutes les fonctions de haut niveau d’une baie de stockage à partir de SSD ou de disques durs on ne peut plus communs. C’est aussi la proposition de valeur de NetApp. Ses baies sont bien plus que des tiroirs de stockage ; le système OnTap qui les fait fonctionner déduplique, compresse, authentifie, répartit et sauvegarde les contenus. La première difficulté à surmonter était donc de savoir lequel des deux acteurs allait imposer à l’autre ses techniques et sa console d’administration.

Sur ce dernier point, il semble que NetApp a gagné la bataille des fonctionnalités. « La solution commune prévoit de confier à OnTap la gestion des données stockées, de sorte à pouvoir étendre la capacité de stockage des baies de disques indépendamment de la puissance de calcul des serveurs », dit l’annonce officielle. Sur scène, Sandeep Singh, le directeur général des offres entreprises de NetApp, donne des détails :

« D’abord, les clients de VMware vont pouvoir se servir de notre outil Shift pour convertir leurs machines virtuelles au format de l’hyperviseur AHV de Nutanix, ce qui leur permet de conserver leurs données sur la baie de stockage d’origine. Ensuite, tout ce qui a trait à la sécurité et à la résilience sera toujours assuré par nos fonctions avancées d’OnTap Data Platform conçues pour une cybersécurité en temps réel. »

« Enfin, la faculté de pouvoir régler les caractéristiques de stockage à la VM près sera possible via un accès de la console d’administration Nutanix Central à notre API NFS », conclut Sandeep Singh, en suggérant que cette partie-là est sans doute celle qui a nécessité le plus de collaboration technique entre les deux fournisseurs.

Selon Sandeep Singh, la compatibilité entre les machines virtuelles de Nutanix et les pools de stockage de NetApp fonctionnera également en cloud. Les deux fournisseurs proposent depuis ces dernières années des services en ligne qui exposent leurs API afin de faciliter les déploiements en cloud hybride. C’est-à-dire à cheval entre un datacenter privé et soit un hyperscaler, soit des clouds privés partenaires.

Une ou deux consoles d’administration ?

Pour autant, la mise en œuvre n’est pas aussi claire. À ce stade, Nutanix parle de pouvoir aussi migrer les VM de ses clients en utilisant son propre outil, Nutanix Move. Précisons que l’outil Shift de NetApp permettait déjà, quant à lui, de migrer de VMware vers Microsoft Hyper-V et vers RedHat OpenShift.

Surtout, on ignore si les entreprises devront jongler entre deux consoles d’administration, ou si toutes les fonctions de haut niveau d’OnTap seront accessibles depuis Nutanix Central.

L’enjeu est de configurer les performances, la capacité de stockage et la protection des données individuellement pour chaque machine virtuelle. Jusqu’ici, la console de Nutanix savait déjà gérer des volumes NFS (mode fichier) sur des baies externes, mais sans ce niveau de détail, lequel n’est possible depuis Nutanix Central qu’avec des baies en mode bloc.

Du côté de NetApp, ses baies sont bien gérées sous vCenter, la console de VMware, via des plug-ins nommés OnTap Tools for VMware vSphere. Toutefois, les fonctions les plus pointues, les snapshot notamment, nécessitent de basculer sur la console d’OnTap.   

Par ailleurs, Nutanix et NetApp évoquent l’arrivée dans un second temps d’une compatibilité avec le système d’IA clés en main Agentic AI que Nutanix vient de lancer. Le fait est que ce système repose essentiellement sur Kubernetes, lequel nécessite des pilotes spéciaux, dits CSI, pour gérer le stockage.

Nutanix se plaît à dire que son Kubernetes NKP utilise ses propres pilotes CSI pour des questions de performances et de fonctionnalités avancées. Et NetApp affirme qu’il vaut mieux utiliser les siens pour exactement les mêmes raisons.

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