Divalto au rythme de l’IA et de la facturation électronique
L’éditeur d’ERP et de CRM a bouclé 2025 sur un chiffre d’affaires stable de 34 millions € et vise désormais 60 millions d’euros en 2030 à la faveur d’une transformation profonde de son modèle économique porté par le SaaS et l’IA. En toile de fond, la RFE préoccupe fortement ses clients.
L’éditeur français Divalto a clôturé son exercice 2025 avec un chiffre d’affaires de 34 millions d’euros, soit autant qu’un an plus tôt. Pour ses dirigeants, cette apparente stabilité masque néanmoins une mutation profonde de son modèle économique.
Porté par une croissance de 27 % de son ARR (revenu récurrent annuel), SaaS et une progression de 12 % de son revenu récurrent global, le groupe strasbourgeois estime valider la pertinence de son pivot vers l’abonnement.
Une transition SaaS qui freine temporairement la croissance
Les revenus issus des licences (ERP, CRM et no-code) ont cependant freiné la croissance en 2025, malgré le développement de l’ARR. Le ralentissement du marché français explique en partie cette situation. Numeum/PAC chiffre la croissance globale à +2 %, mais les éditeurs et plateformes affichent +8,2 %.
Le maintien du chiffre d’affaires à 34 millions d’euros résulterait d’un effet de transition mécanique. La substitution des ventes de licences « on-prem » par des contrats de souscription génère une contraction initiale des revenus immédiats. Pour Jérémy Grégoire, directeur général de Divalto, le marché a définitivement adopté le SaaS comme standard, privilégiant l’agilité et la capacité d’innovation continue.
Cette baisse temporaire s’accompagne donc d’une valeur à long terme accrue et la solidité financière de l’éditeur est au rendez-vous, assure-t-il. Avec cette base de revenus récurrents, l’ambition de Divalto est de doubler de taille d’ici 2030 et d’atteindre les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires.
L’autonomie technologique comme différenciation face aux géants
Divalto mise sur une spécificité historique pour exister face aux mastodontes européens et mondiaux. L’entreprise de 280 collaborateurs cultive une maîtrise totale de sa stack technologique. Fondée en 1982 par un informaticien qui avait développé son propre système d’exploitation, elle entend préserver cette autonomie.
Pour Jérôme Virey, président de Divalto, posséder en propre un ERP, un CRM et une solution No-code (via l’acquisition de Flexio en mars 2024) nativement intégrée constitue un atout différenciant majeur. Ces logiciels permettent à l’éditeur de proposer une plateforme unifiée et d’éviter les ruptures de flux entre les briques logicielles.
Avec sa nouvelle approche, Divalto prévoit de réduire drastiquement les coûts de déploiement et de maintenance pour les PME et ETI, tout en garantissant une évolutivité constante (par le SaaS).
L’objectif des 60 millions d’euros repose par ailleurs sur une stratégie de croissance organique intense, complétée par des acquisitions ciblées pour l’accélération technologique.
Une IA pragmatique et agnostique
Sur le sujet du moment – l’IA – Divalto adopte une approche pragmatique avec une posture de neutralité technologique. L’éditeur refuse de s’enfermer dans la dépendance vis-à-vis d’un seul LLM grâce à une architecture logicielle conçue pour être interchangeable, comme dans la banque.
En clair, il s’agit pour l’éditeur de pouvoir sélectionner les meilleurs algorithmes du marché et d’en changer en fonction de l’évolution des performances et des coûts.
Pour sécuriser ses clients contre la volatilité tarifaire de l’IA, Divalto a instauré un système de quotas. Cette mesure garantit une maîtrise budgétaire stricte.
Plus largement, l’enjeu est de transformer l’IA en un orchestrateur de processus métiers au travers de l’Assistant Divalto et d’une fonctionnalité de type « Talk to Data » pour l’interrogation des bases de données en langage naturel.
L’IA est également injectée dans Flexio pour simplifier la création d’applications en no-code.
L’industrialisation de ces cas d’usage sera la prochaine étape. L’éditeur prépare le lancement d’un club utilisateurs dédié à l’innovation IA. Ce club recueillera les besoins du terrain pour les transformer en fonctionnalités standards.
Extension de la verticalisation métier
La spécialisation sectorielle et métier de Divalto reste un autre axe majeur. L’éditeur va affiner sa verticalisation dans trois domaines clés. Le négoce B2B, les services terrain (maintenance et installation) et l’industrie seront ses priorités. Et l’expertise dans l’industrie à l’affaire (production sur mesure) sera particulièrement développée.
Un exemple de cette stratégie de verticalisation est la mise en place de « Stores » sur Flexio. Ces magasins proposent des modèles d’applications pré-configurés pour des usages spécifiques comme le suivi de chantier ou la saisie de temps.
La cybersécurité est devenue un pilier central de la gouvernance de Divalto. L’obtention de la certification ISO 27001 sur l’intégralité du périmètre le matérialise. Cette certification couvre le développement et l’hébergement (MCO).
La facturation électronique au cœur des préoccupations
Mais un autre sujet préoccupe les clients de l’éditeur : la Réforme de la Facturation Électronique (RFE). Une première échéance interviendra en septembre 2026 avec l’obligation d’émettre des factures de ce type, pour les grandes entreprises et les ETI. Et l’obligation de pouvoir les recevoir pour toutes les entreprises.
Pour y répondre, Divalto propose une offre intégrée depuis avril 2026, via son partenariat avec Docoon. L’intégration couvre l’e-invoicing et l’e-reporting pour répondre aux échéances réglementaires de septembre 2026 et 2027.
Docoon intervient en tant que Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP), immatriculée par la DGFIP le 10 décembre 2023. L’entreprise affiche 3 500 clients et 700 millions de flux traités en 2025.
Grâce à son partenariat, l’ERP Divalto devient une « solution compatible » capable de générer le format socle retenu par l’éditeur : le Factur-X (format hybride comprenant un XML structuré et un PDF lisible).
Des fonctionnalités clés sont prévues comme un outil de contrôle du paramétrage qui vérifiera la conformité des données de l’entreprise (SIRET, numéros de TVA intracommunautaire, codes pays, tables sémantiques EN 16 931). La gestion de l’émission automatisera par ailleurs le processus vers la plateforme PDP avec suivi des statuts en temps réel depuis l’ERP.
Enfin, le traitement des factures fournisseurs assurera la réception automatique, le rapprochement avec les commandes et réceptions, et le workflow de validation (Bon à Payer).
L’automatisation du e-Reporting générera les flux de transactions et de paiements à partir des données comptables de l’ERP.
Quant au portail MyDivalto, il offrira un espace d’administration pour activer les services, signer les mandats électroniques et suivre la consommation des flux.
Les mises à jour qui rendent les versions compatibles avec la réforme sont échelonnées sur avril et mai. Le modèle de support reste, pour sa part, inchangé. Le partenaire intégrateur demeure l’interlocuteur de premier niveau pour le diagnostic et le déploiement liés à la RFE.
Sur un plan méthodologique, l’éditeur préconise une approche en deux étapes. D’abord le diagnostic, au travers de la désignation d’un chef de projet interne et de la mise à jour des données de l’ERP. La seconde phase concerne la souscription. Il s’agit ici de passer sur une version d’ERP compatible (v10.10 minimum) et d’activer Docoon via MyDivalto.
Flexibilité dans le choix des plateformes
Divalto précise cependant qu’il n’est pas obligatoire d’utiliser la plateforme Docoon. Les clients de son ERP peuvent choisir une autre Plateforme Agréée (PA) pour leur facturation électronique, ou même en utiliser plusieurs simultanément.
Les utilisateurs désireux de se passer de la solution packagée avec Docoon doivent rester vigilants sur un point. La gestion du cycle de vie des factures (le suivi des différents statuts tels que le dépôt, l’encaissement ou le refus) n’est pas implémentée directement dans l’ERP Divalto.
L’éditeur s’appuie spécifiquement sur les fonctionnalités de Docoon pour assurer ce suivi. S’ils optent pour une autre plateforme, les clients devront vérifier que la solution choisie intègre bien cette gestion du cycle de vie des factures. Il leur faut prévoir un connecteur et du développement sur mesure.
Signe de l’importance du sujet de la RFE et des fortes préoccupations des clients, une session dédiée était organisée le 26 mars lors de la journée Utilisateurs de l’éditeur avec une présentation de deux référents de la DGFIP.
