Serveurs : Dell Private Cloud, le successeur de VxRail arrive enfin
L’offre d’une infrastructure hyperconvergée était en jachère chez Dell depuis le rachat de VMware par Broadcom. La nouvelle configuration Private Cloud est utilisable avec trois autres systèmes de virtualisation et se veut encore plus simple à utiliser que VxRail.
Compatible avec les systèmes de virtualisation ou de containerisation de VMware, Nutanix, Microsotf et Red Hat, doté d’un système d’administration Dell Automation Platform plus pratique avec son agent d’IA qui supervise toute la maintenance, et vendu jusqu’à 65% moins cher. Lors de sa conférence annuelle qui s’est tenue la semaine dernière à Las Vegas, Dell a officiellement remplacé son infrastructure hyperconvergée VxRail par une configuration qu’il appelle Dell Private Cloud.
L’enjeu est de relancer une offre qui avait connu un franc succès grâce à sa simplicité, mais qui était en jachère depuis deux ans. Car elle fonctionnait exclusivement sous VMware, lequel est devenu pour certaines entreprises un repoussoir depuis son rachat par Broadcom et l’explosion qui s’est ensuivie du prix de ses licences.
Dell avait bien entrepris dès 2024 de proposer à ses clients des alternatives à VxRail qui fonctionnent avec une autre couche de virtualisation. Pour autant, il s’agissait davantage de bundles d’équipements épars, vendus uniquement avec Red Hat OpenShift et sans jamais vraiment retrouver l’expérience clés en main initiale. Un problème désormais résolu.
« L’infrastructure Dell Private Cloud est désormais véritablement le meilleur des équipements Dell piloté par un logiciel qui est exactement la version moderne du logiciel qui servait à piloter VxRail. Private Cloud est le VxRail que nos clients ont toujours apprécié, où tout est automatisé », résume Caitlin Gordon, la directrice de la marque Private Cloud chez Dell (en photo en haut de cet article).
Sur scène, c’est justement l’environnement Automation Platform dont Arthur Lewis, le patron de la division ISG (datacenters) parle le plus : « au lieu d'un tableau de bord statique, vous trouvez une interface utilisateur générative où notre agent d’IA scénarise la maintenance », s’extase-t-il.
« Par exemple, il vous dit que telle application critique risque de descendre en dessous de son seuil de performance nominal d’ici à quelques jours. Vous lui demandez comment il le sait dans la fenêtre de dialogue. Il vous répond qu’il a mis en corrélation les signaux provenant des ressources de calcul, de stockage, de réseau et qu’il a identifié la formation d’un goulet d’étranglement. Il a imaginé une solution, a testé son fonctionnement dans un jumeau numérique, vous en donne les détails et vous propose de l’appliquer. »
« D’ordinaire, les équipes IT passent des semaines à chercher la cause d’une panne une fois qu’elle est survenue. Là, vous êtes prévenu en amont. Et vous gardez le contrôle : vous indiquez dans le chat quand et où exécuter la solution préventive, l’agent ouvre une demande de modification dans ServiceNow, attend la validation et exécute le processus. La panne est évitée », se réjouit Arthur Lewis.
Pour abandonner VMware en douceur
Derrière cette interface qui maintient en production des configurations de pointe en gommant la complexité de le faire, il y a donc un système de virtualisation que le client est à présent libre de choisir parmi quatre possibilités. Mais l’intérêt est moins dans le choix que dans le fait que ce système soit remplaçable en cours de route.
« La réalité du terrain est la suivante : les entreprises ont encore un contrat de support avec VMware qui va courir encore quelque temps et qu’elles ne voudront pas nécessairement renouveler. Pendant ce laps de temps, elles vont sans doute remplacer leur matériel obsolète, mais devraient à nouveau le remplacer lorsqu’elles abandonneront VMware pour autre chose. Avec Dell Private Cloud, nous leur proposons un équipement qui fonctionne aujourd’hui sous VMware et qu’elles pourront continuer à utiliser sous Nutanix, Microsoft ou Red Hat », dit Caitlin Gordon.
Elle insiste sur le fait qu’une telle migration a été longuement testée et validée par Dell. Techniquement, le point bloquant pour migrer depuis VMware vers autre chose en conservant le même matériel a toujours été la partie stockage. Et, ce, quelle que soit l’infrastructure sous-jacente. Déjà, parce qu’il n’y a pas deux systèmes qui pilotent les baies de disques de la même manière. Ensuite, parce que, concernant les infrastructures hyperconvergées, le stockage est d’ordinaire un sous-ensemble des serveurs. »
« Nous avons éliminé cette contrainte sur Dell Private Cloud. Avant les processeurs de votre infrastructure hyperconvergée servaient à la fois à exécuter des VM et à partager les ressources de stockage. Désormais, il y a des processeurs dédiés aux VM et des processeurs dédiés au stockage. Comme dans une infrastructure avec des modules séparés. Sauf que vous ne le voyez pas, car, grâce à notre couche logicielle, tous ces processeurs fonctionnent ensemble, comme s’ils étaient dans la même machine », ajoute-t-elle.
Et de préciser : la migration d’un système à l’autre se fera en réinitialisant graduellement les nœuds de calcul, mais sans toucher au stockage, de sorte à déplacer l’exécution des VM au fur et à mesure sans interrompre toute l’infrastructure. Techniquement, il s’agit d’attribuer à des VM Nutanix, ou autre, des LUN (numéros des volumes de stockage) qui étaient précédemment attribuées à des VM VMware. Sachant que l’utilisateur ne va pas les attribuer lui-même : Automation Platform s’en chargera tout seul.
La seule limite de ce fonctionnement est qu’il n’est pas possible d’avoir dans les systèmes qui fonctionnent simultanément des VM qui utilisent les mêmes LUN.
Autre précision technique : les nœuds démarrent bien sous le système de virtualisation et c’est dans la console graphique de ces derniers – vCenter sur VMware, Prism sur Nutanix, ou un portail web concernant OpenShift et Azure Local - qu’apparaît partout la même interface du logiciel Dell Private Cloud.
65% moins cher grâce au stockage PowerStore
Et selon Caitlin Gordon, c’est justement grâce à cette dissociation transparente entre le stockage et les calculs que le prix d’une solution Dell Private Cloud peut être 65% inférieur à celui d’une configuration similaire en VxRail.
« D’une part, cette conception vous permet de n’acheter que ce dont vous avez besoin : vous ne payez plus pour des processeurs dont vous ne vous servirez pas quand vous augmentez le stockage », dit-elle.
Précédemment, la taille du stockage devait nécessairement être proportionnelle à la puissance de calcul consacrée à la virtualisation. « Désormais, la taille du stockage est indépendante de la taille de la puissance de calcul. Vous pouvez augmenter votre capacité disque sans nécessairement rajouter des nœuds de calcul identiques à ceux que vous possédez déjà », insiste Caitlin Gordon.
« D’autre part, à partir du moment où le stockage est constitué de nœuds indépendants, nous vous proposons dans Dell Private Cloud de déployer notre nouvelle génération de baies PowerStore Elite, lesquelles disposent d’un taux de réduction de 6 pour 1. C’est-à-dire que vous avez six fois plus de capacité utilisable que celle que vous achetez physiquement, alors que le rapport est de 2 pour 1 dans une infrastructure où le stockage est géré par les mêmes processeurs que ceux servant à la virtualisation », argumente-t-elle.
Or, justement, les nœuds PowerStore sont désormais pilotables depuis les systèmes Nutanix et Microsoft Azure Local, en plus de l’avoir toujours été depuis Red Hat OpenShift et VMware.
« C’est-à-dire que, même si vous ne deviez finalement pas abandonner VMware, vous auriez de toute façon intérêt à remplacer votre infrastructure hyperconvergée par Dell Private Cloud pour faire d’importantes économies. En plus de celles, je veux dire, que vous réalisiez déjà sur vos coûts de maintenance grâce à la facilité du logiciel d’administration de VxRail », dit Caitlin Gordon.
Concernant les nœuds serveur, une solution Dell Private Cloud sera généralement constituée des machines Dell PowerEdge R670 (1U) ou R770 (2U), soit des machines à double socket Intel Xeon 6 qui peuvent totaliser jusqu’à 172 cœurs (2x 86).
