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Revue de presse : les brèves IT de la semaine (7 avril)

Cloudera : le vrai-faux spin-off d’Intel entre en bourse - BlackBerry : une « software company » qui voit vert en 2017 - OVH rachète le Cloud public de VMware (les anglo-saxons en colère) - DXC : une géante est née, restructuration annoncée - CodePlex jette l’éponge, GitHub vainqueur « de facto »

LeMagIT revient chaque vendredi sur les actualités qui animent l'écosystème IT. Voici les 5 brèves de notre revue de la semaine.

La « software company » BlackBerry voit vert pour 2017

« Nous modifions le récit d'une marque associée au matériel qui devient synonyme de solutions logicielles stratégiques ». On ne saurait être plus clair. BlackBerry ne fait plus de hardware. Il fait du logiciel.

Ce message est au cœur des résultats 2016 (année fiscale 2017) du – désormais – éditeur de logiciel. Au premier abord, ces résultats sont catastrophiques. Le CA est en chute libre (1,3 milliards) presque divisé par deux en un an (–40%). Le résultat net plonge avec une perte de 1.2 milliards de dollars, alors qu’en 2015 le canadien était presque à l’équilibre (-200 millions).

Mais à regarder de plus près, on trouve aussi et surtout une entreprise qui a su couper sa branche morte (les smartphones, avec une marque désormais vendue sous licence à des constructeurs), une trésorerie bien fournie (1.38 milliards de dollars) et une dette maitrisée (590 millions, soit un ratio dette sur fonds propres inférieur à 20%).

On voit aussi une société qui investit massivement pour renforcer des métiers à potentiels de croissances qui sont dans la continuité de ses savoir-faire historiques (BBES et QNX, à la base de feu BB10, mais initialement un OS Real-Time très robuste). BlackBerry se focalise aujourd’hui sur l’EMM/UEM et la sécurisation des terminaux et des données (BlackBerry Secure), sur les systèmes embarqués (dont l’automobile), et sur l’IoT (BB Radar). Le tout dans le B2B. Rien que dans le B2B.

En 2015, le rachat de Good Technology initiait clairement cette stratégie du CEO John Chen arrivé fin 2013. Une stratégie dont de nombreux observateurs pensent qu’elle commence à porter ses fruits.

L’avenir proche dira si ce « tournant » est au final un succès ou le chant du cygne. La nouvelle « software company » - Blackberry a réalisé 55% de son CA dans les « logiciels et services » (166 millions de dollars) au quatrième trimestre de l’année fiscale 2017 - prévoit en effet d’être dans le vert sur l’exercice 2017. La réponse arrivera donc vite.

Cloudera : le spin-off d’Intel qui ne dit pas son nom entre en bourse

Le problème quand on entre en bourse, c’est que l’on doit publier ses comptes et sa structure capitalistique. Cloudera, le spécialiste – et pure player – des distributions Hadoop a ainsi dû rendre publiques en début de semaine des informations jusque-là très confidentielles.

Chacun se fera une opinion mais ce qui est indiscutable c’est la photographie d’une entreprise qui multiplie son CA (261 millions $, +57% en un an) et qui enchaine les pertes (190 millions en 2016).

Certes, il s’agit du modèle américain qui veut qu’une start-up investisse massivement dans le marketing pour « acheter » du client (et plomber les résultats). Mais ce modèle n’a pas que des issues heureuses en bourse (sauf pour les participants aux premiers tours de table qui peuvent ainsi sortir et empocher leurs mises).

Estimée à plus de 4 milliards de dollars si l’on s’appuie sur sa dernière levée de fonds, la valeur de Cloudera est aujourd’hui plus de 6.5 fois celle de son concurrent Hortonworks. Cotée depuis décembre 2014, la capitalisation boursière de Hortonworks n’est aujourd’hui plus que de 680 millions de dollars, soit à peine 40% de sa valeur lors de l’introduction de la société.

Le document officiel de Cloudera montre également des liens très (trop ?) étroits avec Intel. Le fondeur possède aujourd’hui 22% du capital (24.9 millions de parts) ce qui en fait l’actionnaire principal.

Ce pourcentage est plafonné contractuellement. Mais le document écrit noir sur blanc que « le pourcentage maximum des parts qu’Intel possède pourra augmenter et atteindre celui d’un autre actionnaire stratégique dans le cas où celui-ci viendrait à en acquérir plus de 20% » (p124)

Dit autrement, Intel est et restera le patron.

Et ce d’autant plus que « Intel et Cloudera déterminent de concert la roadmap » ce qui fait que la plateforme Cloudera « livre des performances différenciées (NDR : meilleures) sur des architectures Intel et qu’elle continuera à le faire » (p99).

Autre détail intéressant, la limitation de la participation d’Intel saute si celui-ci achète la totalité de la société. Une possibilité pour Intel de racheter une distribution Hadoop à petit prix si l’action de Cloudera chute autant que celle de Hortonworks.

CodePlex : Microsoft jette l’éponge, GitHub vainqueur « de facto »

La messe est dite pour CodePlex le dépôt de codes open-sources de Microsoft. Signe de la nouvelle approche pragmatique initiée par son PDG Satya Nabella, l’éditeur numéro 1 mondial a reconnu lundi la position « de facto » dominante de GitHub.

Microsoft est même devenu le premier contributeur sur le service d’hébergement. GitHub héberge aujourd’hui des projets open sources de Microsoft comme Visual Studio Code, TypeScript, .NET ou encore son Toolki Cognitif.

CodePlex avait été lancé en 2006. Pour les projets propriétaires, Microsoft propose en revanche toujours Visual Studio Team Services, désormais soigneusement intégré à la version 2017 de son EDI.

DXC : une ESN géante est née, restructuration annoncée (déjà)

Ce mercredi est officiellement né un géant des ESN. DXC, fruit de la fusion entre les restes de CSC et ceux de HPE Entreprise Services, a dévoilé ses perspectives sur les deux années à venir.

Elles n’offrent pas de perspective de croissance. Au contraire, DXC promet à ses actionnaires « du sang et des larmes » pour ses employés avec une économie de 1 milliard de dollars sur sa masse salariale.

D’ici 2019, la part des effectifs de l’ESN dans des pays à bas coûts passera ainsi de 50 % aujourd’hui à 75 %. En clair, entre 25 000 et 35 000 salariés occidentaux devraient faire les frais de la réorganisation à marche forcée.

Côté infrastructure, la consolidation sera encore plus radicale.

DXC est d’ores et déjà la première ESN indépendante mondiale - derrière IBM, mais devant Accenture. Ces sacrifices devraient lui permettre de devenir un champion de la transformation numérique en cours dans les entreprises.

Lire aussi :

Questions à Pierre Bruno (DXC) sur la fusion CSC/HPE, sur l'emploi et sur la stratégie de la SSII

OVH rachète l'activité Cloud public de VMware

On pourra toujours faire la fine bouche. Mais ce n’est pas tous les jours qu’un acteur français de l’IT rachète aux Etats-Unis. En mettant la main sur vCloud Air, le Cloud public de VMWare, OVH appuie en tout cas sa stratégie de conquête du marché américain.

Les esprits chagrins diront que vCloud Air ne pèse pas bien lourd (40 à 50 millions de dollars ?). Que son infrastructure sous-jacente est en colocation. Que OVH possède déjà un Cloud qui s’appuie sur VMware. Et que VMware n’attendait qu’une occasion de se délester de cette activité où il n’a pas connu le succès escompté (ce qui explique aussi sa récent alliance avec AWS… qui fera de VMware un concurrent potentiel du vCloud Air version OVH).

Les esprits chagrins auront raisons. D’autant plus qu’aucun chiffre officielle n’a été communiqué (nombre de clients, CA, prix de l’achat) malgré des demandes insistantes de toute la presse.

Ceci étant, OVH hérite dans l’affaire d’un portefeuille de clients grands comptes (pas forcément ceux traditionnels d’OVH) habitués à payer cher leur SDDC. Et il accélère encore un peu plus son développement international.

Bref, une opération qui - contrairement à ce que raillent certains analystes anglo-saxons (forcément perfides dès qu’il s’agit d’entreprise française ?) - n’est peut-être pas si « bête » pour OVH.

Au contraire. Comme le dit fort justement le très avisé DSI du CHU de Nantes sur son blog : « au risque de paraître un brin chauvin, certains investisseurs U.S. doivent voir d’un mauvais œil qu’un banal et pauvre Frenchy qui “essaye de jouer dans la cours des grands” soit choisi par VMware au détriment d’autres prétendants sous des longitudes plus proche du GMT+8 ». Voilà qui est dit. Et bravo, donc, à OVH.

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