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Dix éditeurs DevOps à surveiller en 2020

Le marché DevOps est important. Il rassemble un grand nombre d’éditeurs, de la petite startup au grand groupe bien établi. Un panel d’experts nous a désigné les dix acteurs susceptibles de faire évoluer le marché en 2020.

Les éditeurs d’outils DevOps abondent qu’il s’agisse de grands noms ou de jeunes pousses, mais pour les observateurs chevronnés de l’industrie, une poignée d’entre eux se distinguent des autres. 

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L’approche DevOps rassemble un large ensemble de sous-catégories. S’y retrouver dans la multitude d’outils disponibles n’est pas une mince affaire. Les acteurs sur ce marché sont si nombreux qu’en fait le nombre à lui seul peut influencer sur la décision d’achat.

« Il y a des équipes avec 20 chaînes d’outils différentes composées parfois de dix outils distincts, ce qui signifie que vous pouvez avoir une centaine de progiciels DevOps dans une grande entreprise », considère Christopher Condo, un analyste chez Forrester Research. « Il y a une forme de pression en cours en vue d’une consolidation. C’est pourquoi vous voyez certaines entreprises se dégager de la mêlée en propose une grande chaîne d’outils contiguës ».

Les dix éditeurs présentés ici ont été le sujet de discussions au cours de 11 entretiens menés en décembre 2019 avec des professionnels DevOps et des experts du secteur. Chaque entretien débutait par la question suivante : « Quelles entreprises feront avancer le marché DevOps en 2020 ? ». Les éditeurs sont classifiés par nombre de mentions lors des discussions.

Cinq mentions : les plateformes CI/CD de bout en bout

Atlassian

Atlassian a longtemps été une référence dans la planification de projets d’entreprise et la gestion des défaillances logicielles, mais elle a fait des progrès cette année pour étendre son ensemble d’outils DevOps et son influence sur le marché. L’éditeur mise par exemple sur son service de réponse aux incidents Opsgenie et sur sa plateforme cloud premium qui améliore son attrait pour les grands groupes attirés par les formules SaaS. Atlassian a également acquis le spécialiste BizDevOps AgileCraft, devenu Jira Align.

L’éditeur se pose encore quelques actions sur la manière d’intégrer toutes ses acquisitions et de rationaliser ses produits sur site et dans le cloud. Cependant, cet acteur semble prêt à gagner de l’influence en 2020 à mesure que les entreprises adopteront l’idéal Agile incarné par l’approche BizDevOps.

« Il y a encore beaucoup de sociétés qui n’ont pas de gestion de portefeuille d’outils IT digne d’une entreprise », affirme Carmen DeArdo, un consultant indépendant Devops et un responsable de la stratégie chez Tasktop, un éditeur d’une solution d’intégration ALM. « Avec le rachat d’AgileCraft, [Atlassian] est maintenant un acteur dans ce domaine ».

CloudBees

En 2018, CloudBees s’est réinventé, en se concentrant, au-delà de Jenkins, sur la gestion de la livraison de logiciels, grâce à l’acquisition d’Electric Cloud et de Rollout, spécialiste du Feature flagging (activation/désactivation de fonctions logiciels à la volée). Elle a fait « don » de Jenkins à la Continuous Delivery Foundation, mais elle a également commercialisé une distribution d’entreprise. Jenkins X entre dans l’ère de Kubernetes et CloudBees a lancé une plateforme SaaS au mois de décembre 2019. La suite CI/CD de l’éditeur, nommée Software Delivery Management devrait être disponible cette année et les observateurs du secteur s’attendent à ce qu’elle change la donne sur ce marché florissant.

« Les entreprises doivent apprendre à se différencier davantage [des approches traditionnelles de l’open core], ce que fait CloudBees en rendant open source Jenkins pour en faire une plateforme standard, en ajoutant plus de fonctionnalités à son propre produit », analyse Christopher Condo. « Une distribution plus le support ne suffit plus, il faut offrir un standard et ajouter plus de valeur ».

Quatre mentions : Les gros bonnets du cloud

Microsoft/GitHub

GitHub, qui appartient maintenant à Microsoft, est le standard de facto pour les dépôts Git hébergés. Ceux-ci servent d’ancrage à la plupart des chaînes d’outils DevOps. La disponibilité récente d’une fonctionnalité CI/CD au sein de son outil de workflow GitHub Actions devrait provoquer des vagues sur le marché en 2020.

[GitHub Actions] est directement lié à une architecture orientée événements à l’intérieur du dépôt, ce qui signifie qu’en tant que développeur, je n’ai pas besoin d’utiliser plusieurs outils différents », assure Nicholas Liffen, chef de l’équipe de software engineering chez Eli Lilly and Company, un industriel pharmaceutique basé à Indianapolis. « Nous ne voulons pas transformer GitHub en un super outil monolithique… mais au premier coup d’œil, il a un grand potentiel ».

Google

Google a déjà une influence suffisamment importante dans le domaine de la technologie en général, et sur le marché DevOps en particulier, pour provoquer des changements de grande envergure, quoi qu’il fasse - ou ne fasse pas. Par exemple, l’entreprise a résisté à l’idée de faire don des projets service mesh Istio et du composant event-driven Knative à la Cloud Native Computing Foundation. Cela a ouvert les portes aux concurrents dans ces domaines auparavant laissés pour compte à cause de l’influence démesurée de Google.

« Il sera intéressant de voir si la dynamique de l’écosystème reste la même avec Istio, ou si l’équipe passionnée de Linkerd prendra le pas », anticipe Andy Domeier, directeur principal des opérations technologiques chez SPS Commerce, un éditeur américain d’une solution de gestion de la supply chain. « Il est important de surveiller cela, car il y a beaucoup d’intégration et de dépendances intégrées [à gérer] une fois que vous vous engagez dans une technologie de proxy et de maillage de services ».

Trois mentions : les plateformes cloud natives innovantes

AWS

AWS, avec Google Cloud Platform et Microsoft Azure, peut perturber n’importe quelle niche DevOps qu’il souhaite, simplement en lançant un service correspondant en 2020, ont déclaré les analystes.

« Alors que les startups cherchent à réaliser une belle entrée en bourse, les fournisseurs de services cloud cherchent à pérenniser leurs services IaaS », estime Charles Betz, analyste chez Forrester Research. « Ils pourraient égaler et doubler les investissements actuels dans la continuous delivery et des outils de déploiement automatique avec leur argent de poche. Cela bouleverserait complètement les plans des éditeurs comme CloudBees ».

AWS a également la mainmise sur les FaaS et les architectures event-driven, selon les professionnels de l’IT interrogés.

« Nous commençons à voir la migration des services FaaS sur des architectures s’appuyant sur Kubernetes. Voyez ce que fait AWS avec Fargate sur EKS », commente Nicholas Liffen. « C’est quelque chose qui va bouleverser tout le paradigme serverless ».

GitLab

GitLab peut mettre à profit les mêmes arguments pour consolider les chaînes d’outils DevOpS que ses concurrents plus importants, tels qu’Atlassian et CloudBees. Cependant, il peut offrir une approche moins complexe dans de nombreux domaines.

« À un moment donné, les gens doivent aller au-delà des engagements et des commits de code pour passer à la production, et se concentrer également sur les risques et l’endettement », estime Carmen DeArdo. « GitLab dispose des données et des outils adéquats pour en tirer des indicateurs décisifs ».

Hashicorp

Hashicorp est le premier de la classe en matière d’infrastructure as code (IaC). Son outil Terraform aide les équipes DevOps à automatiser leur infrastructure et mettre en place des initiatives GitOps. Selon les analystes, l’éditeur jouit d’une solide réputation en ce qui concerne la qualité d’ingénierie et les performances de ses produits chez les utilisateurs. Les utilisateurs sont également intéressés par l’outil Sentinel d’HashiCorp, qui permet d’ajouter des garde-fous de conformité et d’appliquer des politiques dans les environnements IaC.

IBM/Red Hat

IBM se démarque en tant que géant de l’IT qui veut sa part du gâteau de Kubernetes. Il détient la plus grande part de marché avec sa plateforme OpenShift. Cependant, il devra sûrement faire face à une concurrence accrue en 2020. VMware/Pivotal, HPE ou encore Cisco veulent aussi s’imposer.

« Ces grandes entreprises ont l’argent et le personnel nécessaires pour écraser un marché, même si elles ne veulent pas y rester à long terme », déclare Tom Petrocelli, analyste chez Amalgam Insights. « Ils feront en sorte que Kubernetes devienne un standard en 2020 ».

Snyk

Snyk a récolté le plus grand nombre de compliments de la part des observateurs de l’industrie. Cet éditeur veut occuper le marché bouillant, mais encore très volatil du DevSecOps.

Snyk a rehaussé son statut en 2019 avec une meilleure prise en charge de la sécurité et de la gestion des vulnérabilités pour les outils DevOps open source qui automatisent les tâches de routine. Celui-ci laisse aux humains le soin de traiter les problèmes les plus complexes.

Classement DevOps
Les 15 éditeurs DevOps mentionnés par les intervenants.

Joker : l’éditeur DevOps encore méconnu

Les éditeurs qui ont tout juste raté le top 10 méritent d’être mentionnés. Au rythme où cette industrie évolue, placer « l’acteur inconnu » à la dixième place semblait être la meilleure solution.

Selon les experts DevOps, il existe encore quelques problèmes majeurs, que peu ou pas d’éditeurs abordent efficacement, en particulier à l’échelle de l’entreprise. Pour l’armée de l’air américaine, les besoins non satisfaits comprennent la gestion KubeFlow pour l’IA sur Kubernetes et les outils de sécurité qui modifient l’infrastructure par les intégrations GitOps.

« Il y a toujours un tas de changements de code en YAML sur le cluster de production lorsque vous installez un nouveau produit. Je déteste cela », considère Nicolas Chaillan, directeur des logiciels de l’armée de l’air. « Cela provoque de mauvaises surprises lorsque nous essayons de mapper des problèmes en production à un dépôt de code source et de déclencher un pipeline GitOps pour apporter des modifications à notre plateforme ».

Note de l’auteur : les onze interviews réalisées pour cet article (publié dans un premier temps sur SearchITOperations, propriété de TechTarget comme LeMagIT) concernaient un panel d’analystes du secteur (quatre) et de professionnels de l’informatique d’entreprise (sept). Aucun nombre particulier d’entreprises ou de sous-catégories n’a été défini avant les entretiens. Les éditeurs qui ont reçu le plus de mentions ont constitué une liste restreinte (voir graphique), puis une liste finale.

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