Bourse : les SSII ont retrouvé la cote en 2009 en dépit d’une activité en berne

Il y a tout juste un an les entreprises IT françaises se trouvaient au cœur de la tourmente boursière avec une perte de valorisation qui atteignait quasiment 50%. Un an plus tard, la dépense informatique a chuté, les résultats des SSII sont en retrait, le chômage grimpe continuellement. Mais qu'en est-il de la valorisation des groupes alors même qu’une nouvelle vague de concentration, intégrant cette fois des sociétés indiennes voire marocaines est attendue ?

Il ne fait pas bon être un groupe leader du secteur IT dans l’Hexagone. Du moins du point de vue des investisseurs en bourse. Sur un an et alors que l’indice CAC40 reprenait des couleurs après un fol automne 2008, Capgemini (+23,88%), Dassault Systèmes (+26,29%) et France Télécom (-14,31%), trois de nos principaux champions nationaux, voient leur cours de bourse progresser de manière très poussive. Plus rapidement que le CAC40 certes – qui représente les plus importantes cotations boursières – mais en deçà de la moyenne de leurs secteurs respectifs : les services informatiques pour Cap et Dassault ; les télécoms pour l’opérateur historique.

Un retour dans le vert boursier en dépit de la morosité de l’activité et des tensions sur l’emploi

Reste qu’en dehors de France Télécom, toutes les valeurs technologiques françaises ont repris du poil de la bête avec quelques rebonds spectaculaires du côté des SSII. Une croissance du cours de bourse inversement proportionnelle à la tendance de l’activité et aux tensions sur le marché de l’emploi puisque les résultats des SSII sont plutôt en berne et que le chômage ne cesse d’augmenter. Un témoignage supplémentaire de la déconnexion des marchés financiers vis à vis de l’économie réelle mais également du fait que les conseil d’administration des groupes les plus importants ont clairement travaillé pour leurs actionnaires, en mettant en place des politiques très restrictives en matière de coûts et de salaires.
Symbole de ce phénomène : le cours d’Atos a progressé de 88,09% sur un an validant a posteriori le recrutement de Thierry Breton pour assumer la direction. Pourtant l’exercice était mal engagé et Atos a même vu sa notation dégradée par les analystes au printemps dernier.
Autre SSII qui a séduit les investisseurs durant cette année de crise : Steria. Et pourtant l’activité française est vraiment en berne. Après avoir racheté Xansa et s’être ainsi ouvert de fortes opportunités en matière d’offre offshore, Steria s’est semble-t-il offert un répit en bourse. Une indication supplémentaire que la reprise de la dépense IT – du point de vue des analystes – pourraient bien faire la pat belle à un service informatique de plus en plus externalisé… vers d’autres latitudes.

Une croissance de la valeur ralentie par les SSII de second rang

Si les plus grandes SSII ont vu leur valeur en bourse progresser fortement – à l’exception notable de Capgemini –, la valeur moyenne des sociétés informatiques cotées n’a cru que de moins de 30% sur un an. En fait, ce sont les SSII de taille moyenne – aux fortunes économiques diverses - et très francocentrée qui ont fait les frais des mouvements des investisseurs IT, qui ont privilégier quelques valeurs phares au détriment du secteur dans son ensemble.

bourse 041209

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