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Passage à Windows 10 : l’échéance approche, mais la méfiance reste

La fin du support de Windows 7 est chaque jour un peu plus proche, pressant à la migration vers Windows 10. Mais le scepticisme reste grand parmi les administrateurs de parcs.

Les administrateurs de postes de travail n'ont plus que quelques mois pour migrer vers Windows 10. A défaut, ils se retrouveront avec un système d'exploitation sans rustines. Microsoft a commencé à adresser des notifications aux utilisateurs de Windows 7 au début du mois de mars, leur rappelant l’échéance de janvier 2020. Après celle-ci, il ne sera plus possible de profiter de correctifs de sécurité, à moins de passer à la caisse.

Microsoft a lancé Windows 10 en juillet 2015, adoptant au passage un modèle dit de Windows en mode service, qui se traduit notamment par la distribution de mises à jour en flux régulier.

La révolution du SaaS

Mais malgré une offre de mise à niveau gratuite durant les douze premiers mois de lancement de Windows 10, l’adoption s’est avérée lente. D’ailleurs, selon une étude de TechTarget sur les priorités d’investissements IT des entreprises, nombre sont celles qui ne devraient migrer que cette année. En fait, pour Mark Bowker, analyste informatique senior chez Enterprise Strategy Group, il est aujourd’hui difficile pour les entreprises de continuer à repousser.

La sortie de Windows 10 a été accueillie avec tiédeur par des responsables informatique préoccupés par le contrôle des mises à jour automatiques et le support de leurs applications patrimoniales. Selon NetMarketShare, Windows 7 s’inscrit encore à plus de 40 % du parc de postes de travail installé, à environ 6 points devant Windows 10.

Pour Steve Brasen, analyste de recherche chez Endpoint Management Associates, l'adoption croissante des applications en mode cloud dans les entreprises constitue l'une des principales explications au manque de motivation à l'adoption de Windows 10 : « tout le monde utilise des applications SaaS plutôt que des applications téléchargées, installées et exécutées localement sur les postes de travail ». Le besoin de ressources sur le poste de travail physique est donc plus faible, permettant d’allonger le cycle de vie des machines qui, en l’absence de renouvellement, peuvent rester sous Windows 7…

Le poids du patrimoine

Qui plus est, avec des acteurs tels que Google, Amazon, OVH,  VMware et Citrix, les entreprises peuvent envisager d'autres modèles de déploiement. Amazon WorkSpaces, Citrix Workspace et VMware Workspace One offrent des options de déploiement pour les postes de travail virtualisés et les services cloud : « si votre personnel utilise principalement des applications SaaS, quel est l'intérêt d'avoir Windows 10 sur le terminal plutôt que Windows 7 avec un simple navigateur ? » Et ce qui vaut là pour le DaaS, vaut aussi pour d’autres types de terminaux pour utilisateurs finaux, à l’instar des tablettes, mais aussi des Chromebooks.

Pour Daniel Beato, directeur de la technologie chez TNTMAX, il faut aussi tenir compte d’un autre facteur : les applications patrimoniales. Car certaines « ont un effet dissuasif sur la mise à niveau ; et la réticence vient de là ».

Les petites entreprises qui s'appuient sur des applications patrimoniales pour leurs activités de base retardent souvent l'adoption de Windows 10. Ces organisations ne voudront peut-être pas consacrer de ressources au remplacement des logiciels propriétaires. La plupart des applications créées pour les versions antérieures de Windows doivent fonctionner avec la version la plus récente de Windows 10, assure Microsoft. Mais cela ne constitue pas une garantie que chaque application fonctionne effectivement sous Windows 10. Il faut donc tester la compatibilité.

Et les contraintes d’administration

Mais justement, les organisations aux ressources financières limitées, comme les organisations à but non lucratif, n'ont souvent pas les ressources nécessaires pour assurer une migration ordonnée : « parfois, les [petites entreprises] ne voient pas le besoin ou ne veulent pas mettre à niveau vers Windows 10. C'est plus comme une réticence à avoir un nouveau système et ce qu'il implique ».

Windows 10 pousse aussi à une administration calquée sur le modèle des terminaux mobiles, voire unifiée. Dès lors, les administrateurs doivent s’approprier Intune et, potentiellement, ajuster leurs pratiques. Mais voilà : pourquoi apprendre à utiliser de nouveaux outils quand les anciens remplissent leurs fonctions ? Selon Mark Bowker, les organisations qui ont déjà investi dans des outils d’EMM supportant Windows 7 sont souvent moins enclins à faire confiance aux fonctionnalités natives de Windows 10.

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