ERP : Michelin déploie Infor

Croissance de 15 % de ses revenus en Europe et de 65 % du cloud en France, l’éditeur américain Infor revendique une dynamique locale positive qui se traduit par de nouveaux clients comme LSDH, Piriou ou Michelin ; dans le cloud et aussi (encore) sur site.

Rueil-Malmaison – « Nous regagnons des parts de marché » se félicite Jean-Lucien Meunier, General Manager France d’Infor.

Sur l’année et demie passée, l’éditeur d’ERP, d’EAM et de SCM revendique seize « nouveaux logos ». Parmi ces nouveaux venus, un grand nom de l’industrie française a tenu le haut de l’affiche lors de la journée organisée, ce 28 novembre, par la filiale locale de l’éditeur pour présenter son « Garage » – un espace de démonstration et de brainstorming (le quatrième après celui de New York, de Londres et de Dubaï) – à 150 clients et prospects.

Bibendum dans le cloud

Michelin a en effet signé pour un déploiement mondial de la CloudSuite Automotive d’Infor (une variation SaaS, multitenant, de Baan).

La première étape du projet, menée avec CGI et les services de consulting d’Infor (ICS) a duré 9 mois – une période relativement courte pour la mise en place d’un ERP – qui a abouti à une mise en production effective de l’ERP en septembre 2019.

Dans un premier temps, seule la zone Amérique du Nord est concernée par cette migration de l’activité autour « des premières montes » de pneu ; mais Michelin a prévu d’élargir l’ERP à la totalité de ses zones géographiques.

La CloudSuite Automotive (ex-Baan) remplace un ensemble hétérogène de développements maison d’applications spécifiques qui tournaient sur mainframes. Un des atouts clefs d’Infor dans le choix de Michelin aurait été la capacité de la suite à s’interfacer avec le reste de l’existant (plusieurs autres ERP et applications financières, très orientés Oracle) via sa « plateforme Infor OS ».

Pour mémoire, Infor OS (pour « Operating Services » et non pas « Operating System ») est une couche logicielle créée par Infor, au-dessus de l’infrastructure d’AWS. Infor OS regroupe des outils middleware et d’intégration (Infor ION), le nouveau Datalake d’Infor (sur S3), son Machine Learning (qui s’ouvre aux algorithmes personnalisés des Data Scientists depuis cette année), son IA (bot et assistants), sa gestion d’APIs, un studio à interface ou encore Birst.

Pour Laurent Jacquemin, VP Europe du Sud, ce contrat valide la stratégie d’Infor – à savoir de proposer des solutions préparamétrées pour des microverticaux.

Dans un échange avec LeMagIT, Jean-Lucien Meunier souligne à nouveau qu’Infor gagne des parts de marché contre SAP « et pas seulement en Allemagne, en France aussi ». Et de citer l’industriel LSDH (800 millions de chiffre d’affaires annuel) qui aurait vu dans Infor plus de valeur dans ses spécifiques « clefs en main » que dans la philosophie généraliste du géant allemand.

À noter, néanmoins, que ce déploiement est sur site.

Un tiers d’ERP cloud, deux tiers sur site

Il y a deux ans, Infor avait fixé à ses équipes un objectif de 40 % de signature de contrat ERP dans le cloud. Aujourd’hui, l’objectif n’est pas encore atteint. Mais il serait en bonne voie.

« Nous avons fait +65 % Europe du Sud dans le cloud. C’est le même ordre de grandeur pour la France », chiffre Laurent Jacquemin. Questionné par LeMagIT, le responsable précise qu’Infor « fait aujourd’hui environ un tiers de [ses] ventes d’ERP dans le cloud [en France] ». Soit encore deux tiers sur site. Un chiffre qui semble valider l’analyse du responsable local du concurrent NetSuite, Éric Liard, qui nous expliquait récemment que « en région, les responsables IT des entreprises manufacturières sont encore assis sur leurs serveurs […]. Ils dorment même avec. ».

« Nous sommes “cloud first”, mais pas “cloud only”. »
Jean-Lucien MeunierInfor France

« Mais il y a un an, c’était 10 % », tempère immédiatement Philippe Maillet, responsable du marché des SMB.

Reste que les secteurs critiques – l’aéronautique et l’espace, par exemple – choisissent encore le sur site, comme Safran Seats (ex-Zodiac Aerospace) avec M3. « Le Cloud n’est pas une religion. Nous poussons le cloud, mais nous respectons les besoins de nos clients », résume Jean-Lucien Meunier. « Nous sommes “cloud first”, mais pas “cloud only”… comme on dit en bon français », plaisante le responsable France. Piriou, le spécialiste de la construction et de la réparation navale basé à Concarneau, a lui aussi fait le choix du « sur site » après avoir longuement hésité entre l’option sur site et le SaaS pour LN.

 1000 clients ERP en France, de nouveaux à venir sur GT Nexus

Au total, sur l’année, Infor affiche une progression de +15 % de ses revenus dans la zone EMEA et +20 % en Europe du Sud. De bon augure avant une très probable introduction en bourse que semblent confirmer, en creux, le récent changement de PDG et la prise de commande de l’ancien DAF.

En France, Infor compte aujourd’hui un millier de clients ERP « d’entreprises, pas de sites », insiste bien Laurent Jacquemin), et entre 400 et 500 dans l’EAM.

Sur la Supply Chain (GT Nexus / Infor Nexus) – une solution choisie en France par Décathlon depuis plusieurs années – le responsable Europe du Sud promet plusieurs noms de nouveaux clients français d’ici la fin de l’année pour valider, en plus des axes cloud et microverticaux, l’axe stratégique de la diversification.

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