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Informatique de l’utilisateur final : cinq tendances pour 2020

A quelques semaines de la fin de l’année, plusieurs analystes livrent leurs prévisions pour l’année prochaine en matière de gestion et production des outils informatiques mis à disposition des utilisateurs finaux.

La présence de nouveaux acteurs, la levée de certains freins techniques, et l’évolution des attitudes à l’égard de la technologie pourrait bien consacrer 2020 comme l’année de l’adoption du cloud, bien au-delà de ce pourquoi il est aujourd’hui mis à profit.

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Pour Holger Mueller, analyste principal chez Constellation Research, l’année qui arrive « pourrait bien être celle où le poste de travail en mode service (DaaS) décollera ». Poussée par Citrix autant que VMware, cette approche profite également des efforts de Microsoft et d’Amazon. De quoi faire d’une réalité l’adoption du VDI hébergé en mode cloud.

Mark Bowker, analyste senior chez ESG, ne voit pas les choses autrement, d’autant plus que la promesse du DaaS attend encore d’être pleinement concrétisée : « nous avons observé quelques succès, mais ils ont généralement été limités à des déploiements restreints sur des usages très spécifiques. Les entreprises qui ont une stratégie cloud voient loin, et la manière dont sont fournis les applications, les postes de travail et les données, s’inscrit dans cette stratégie ».

Pour Mark Bowker, le lancement effectif, à l’automne, de Microsoft Windows Virtual Desktop pourrait inciter les entreprises à sauter le pas. Pour lui, si l’éditeur de Redmond a pu enregistrer un faux départ par le passé, plusieurs facteurs convergent aujourd’hui – dont l’infrastructure Azure – et une domination continue de Windows sur les terminaux : « les trois quarts des personnes avec lesquelles on discute aujourd’hui ont une stratégie de cloud hybride en cours d’exécution. Je pense que cette proportion va croître en 2020. Mais personne n’éteint pour autant ses investissements existant en local ; il s’agit de profiter des deux ».

Nouvelle guerre des navigateurs ?

Après une longue de période de paix, une nouvelle guerre des navigateurs pourrait survenir. Steve Kleynhans, vice-président de recherche chez Gartner, estime que Microsoft va chercher à bouter Google Chrome hors du monde de l’entreprise avec la nouvelle version de son navigateur Edge : « Microsoft a clairement positionné son navigateur pour qu’il devienne le premier véhicule de fourniture des applications ». Et de souligner les efforts de l’éditeur pour l’intégrer avec son moteur de recherche et sa suite Office 365.

Et puis Microsoft profite d’un avantage : « il faut un acte volontaire pour utiliser Chrome. Edge fonctionne au sein du système d’exploitation ; je pense que beaucoup d’entreprises vont trouver que l’utiliser demande moins d’efforts ».

Mark Bowker observe également des hostilités renouvelées dans le domaine des navigateurs, et y voit une tendance pour l’an prochain. Pendant des années, choisir entre Chrome et Edge a été une importante décision pour les entreprises ; pour Mark Bowker, Microsoft a travaillé afin que cela ne soit plus le cas. Alors pour lui, « il sera intéressant de voir si les entreprises changent ».

Au revoir Windows 7

Microsoft va arrêter de prendre en charge le vénérable Windows 7 début 2020. J.P. Gownder, analyste principal chez Forrester, s’attend à des réactions variées de la part des entreprises : « certains vont passer à Windows 10, mais d’autres ne vont pas mettre à niveau – il y aura un peu de tout ».

La fin du support pourrait conduire certaines entreprises à reconsidérer leur choix de système d’exploitation. Holger Mueller note que le changement survient un an après que Microsoft a lancé plusieurs mises à jour pour Windows 10 qui ont dû être retirées en raison de problèmes, comme un correctif d’avril qui provoquait le gel de certaines machines. Il attribue cela, au moins en partie, à la plateforme souffrant de l’absence de maître à bord clairement identifié après le départ du patron du département Windows et terminaux Terry Myerson, en 2018. Pour l’analyste, « la plus grosse erreur [de Microsoft] a été de laisser Windows sans gouverne ».

Pour Steve Kleynhans, toutefois, de nombreuses organisations sont déjà passées à Windows 10 : « Windows 7 a été un excellent système d’exploitation en son temps ; il a très bien servi le marché. Mais il avait besoin de changer. Le marché est aujourd’hui différent ». Alors, selon lui, « Windows 10 est très bien établi dans les entreprises, et de loin. La plupart d’entre elles en sont aux étapes finales de leurs migrations ».

Si Steve Kleynhans n’exclue pas que la fin de vie de Windows 7 induise des changements, il n’y voit pas un renoncement à Windows, mais un changement dans la manière dont il est fourni : « ce n’est pas aussi binaire que cela peut en avoir l’air. Certaines entreprises ont pris des voies divergentes [de Windows], mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elles ont renoncé à Windows ». Et, par exemple, pour lui, cela passe par l’adoption de postes virtuels.

De nouveaux appareils s’ajoutent aux existants

L’évolution des types de terminaux utilisés par les utilisateurs finaux constituera une autre tendance de l’année à venir. Mais les anciens standards de l’environnement de travail continueront d’être bien présents.

Steve Kleynhans relève ainsi les appareils à double écran pliables annoncés au cours des mois passés, dont beaucoup sont attendus pour l’an prochain. Les Surface Neo et Duo de Microsoft en constituent une illustration. Pour l’analyste, au-delà de l’engouement initial, il reviendra aux développeurs de concevoir les applications qui porteront l’adoption : « je ne suis pas convaincu qu’il y ait là une demande ou un cas d’usage spécifique. On est plus dans le ‘‘cette technologie semble intéressante, mais je ne sais pas vraiment pourquoi’’. Et cela ne fait pas de mal d’avoir plus d’espace d’affichage. L’écran est là où est fait le travail ».

« Cette année, les entreprises les plus pragmatiques se montreront plus intelligentes dans leurs approches, s’éloignant du modèle de terminal unique pour tous. »
J.P GownderAnalyste, Forrester

Chez Forrester, J.P. Gownder anticipe une spécialisation croissante du marché, avec des terminaux de plus en plus adaptés à des usages variés. Une telle tendance nécessitera un équilibre ; les responsables informatiques devront prendre en compte les aspirations de leurs utilisateurs, malgré leur préférence pour la fiabilité et la simplicité : « cette année, les entreprises les plus pragmatiques se montreront plus intelligentes dans leurs approches, s’éloignant du modèle de terminal unique pour tous ». Il faudra donc prendre en compte ce dont disposent les collaborateurs et prendre des décisions sur les terminaux en fonction de leurs besoins.

Pour autant, le PC traditionnel n’est pas prêt de disparaître. J.P. Gownder prévoit un partage 80/20 où 80 % du travail survient sur un terminal léger ou mobile, et le reste sur des machines plus traditionnelles : « ces 20 % de choses restent critiques pour les entreprises ». Et si les terminaux mobiles se sont imposés dans certaines tâches, comme la messagerie électronique, le PC continue de fournir une expérience supérieure pour des choses comme le traitement de texte et les applications métiers.

Un rôle de l’IT en évolution continue

Il sera également intéressant de surveiller, l’an prochain, la manière dont va évoluer le travail des administrateurs informatiques. Pour Holger Mueller, les tâches IT traditionnelles, comme configurer un PC ou s’assurer qu’il imprime, sont des cibles de choix pour la transformation, notamment du fait des tensions sur les ressources humaines.

Et puis, les utilisateurs sont eux-mêmes de plus en plus familiers des technologies et un grand nombre de fonctions IT n’ont été maintenues que par inertie, estime l’analyste.

Steve Kleynhans anticipe lui également une évolution : « je pense que cette année, nous allons voir les entreprises passer à des plateformes d’administration plus modernes pour les PC. L’une des forces du PC est son ouverture ; il peut être étendu et il y a de la place pour beaucoup de personnalisation par l’utilisateur. Cela a toujours été un problème pour les administrateurs ».

Face à ces défis, l’IT a traditionnellement misé sur des plateformes d’administration lourdes, intrusives, conduisant à des environnements verrouillés. Mais pour l’analyste, avec l’explosion des nouvelles applications, ces plateformes ne sont plus adaptées. Et des solutions plus légères, inspirées du monde de la mobilité, sont appelées à gagner en popularité : « cela ne va se faire en un clin d’œil, et ce n’est peut-être pas pour cette année, mais le virage est là. Et ce qui permet aux administrateurs de l’envisager est que la migration vers Windows 10 est passée ».

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