.Next’26 : avec NKP Metal, Nutanix bascule dans le Tout-Kubernetes

L’éditeur, qui se veut le successeur de VMware dans la virtualisation, lance une nouvelle solution d’infrastructure qui en est dépourvue. L’objectif est de motoriser des grands déploiements en Edge. Et de promouvoir la version complète de NKP dans les datacenters.

Encore moins de machines virtuelles. Après avoir intégré il y a deux ans l’un des Kubernetes les plus complets à sa plateforme de virtualisation, puis permettre à cette dernière de piloter aussi n’importe quel autre Kubernetes en cloud, Nutanix commercialise désormais son NKP (Nutanix Kubernetes Platform) tout seul. Le nom choisi est NKP Metal.

« Exécuter Kubernetes en mode Bare-metal [sans virtualisation, N.D.R] est utile pour atteindre la performance et la flexibilité que la plupart des traitements modernes nécessitent, particulièrement dans les succursales et dans les projets d’IA », défend Rajiv Ramaswami, le PDG de Nutanix, lors de la présentation du nouveau produit à l’occasion de l’événement annuel de l’éditeur, .Next’26, qui se tient cette semaine à Chicago.

« Mais opérer ce genre d’environnements à grande échelle implique souvent de la complexité. Il faut attribuer des serveurs à un cluster, gérer les mises à jour de leur firmware, intégrer le stockage, le réseau... NKP Metal est la solution pour à la fois exécuter directement des containers sur des serveurs physiques et les administrer de manière automatisée, exactement comme dans notre plateforme de virtualisation », explique-t-il.

Pour des usages d’appoint

En vérité, Nutanix avait déjà présenté ce NKP Metal depuis plusieurs jours, mais sous une forme packagée : Nutanix Agentic AI. Cette solution tout-en-un de l’éditeur pour exécuter des projets d’inférence sur site n’est ni plus ni moins qu’une version de NKP Metal enrichie de toute la panoplie des logiciels pour faire travailler des LLM et des agents d’IA.

« Sur le modèle de Nutanix Agentic AI, NKP Metal va nous permettre d’adresser des cas d’usage précis sur les lieux de production, dits en Edge, où les formats sont beaucoup plus petits que les clusters de virtualisation. On pense notamment à des projets dans les télécoms, au pied des antennes 5G. Ou encore dans la distribution, dans les points de vente », précise Sammy Zoghlami, le patron de Nutanix pour la zone EMEA.

Il précise toutefois qu’il s’agit juste d’exemples : « à date, nous n’avons aucune autre version packagée de NKP dans nos cartons. » Et d’ajouter qu’il s’agit surtout pour Nutanix de se positionner sur une nouvelle gamme de produits, pour un public nouveau :

« La majorité des projets NKP sur lesquels nos clients nous sollicitent sont dans les datacenters, avec des containers exécutés au-dessus de machines virtuelles. En revanche, nous constatons que nos produits les plus récents nous permettent de contracter de nouveaux clients, c’est-à-dire des entreprises qui n’avaient jamais utilisé nos solutions. »

L'enjeu de remettre de l’administration système dans Kubernetes

Selon Sammy Zoghlami, NKP en général s’adresse aux utilisateurs qui ont déployé Kubernetes dans une logique de développement continu des applications et qui se rendent aujourd’hui compte d’un véritable déficit de prise en charge informatique dans leurs projets.

« L’usage de Kubernetes en entreprises progresse via les développeurs, ou différentes entités qui consomment sur le cloud différents types de Kubernetes. Quand cela commence à grossir, qu'il faut reprendre le contrôle, la gouvernance, la sécurité, la résilience, tout cela à grande échelle, avec un mix de plusieurs types de Kubernetes différents, c'est là qu'il manque une solution pour les opérateurs. Et, donc, NKP, est pensé pour l'opérateur, pas pour le développeur », dit-il, en suggérant qu’il y aurait un besoin urgent de remettre de l’administration système dans Kubernetes.

Pour autant, il ne pense pas que la version NKP Metal remplacera de sitôt la version complète de NKP, que Nutanix vend au-dessus de son hyperviseur AHV et qui permet d’orchestrer sur un même cluster des applications en containers et d’autres en machines virtuelles.

« Des analystes prétendent que, d’ici à trois ans, les solutions d’infrastructure en containers représenteront un plus gros marché que celles d’infrastructures en machines virtuelles. Mais même si nos clients n’ont plus que des nouvelles applications au format container à ce moment-là, ils mettront au moins dix ans avant de décommissionner celles au format VM. Donc, ils continueront d’acheter la version de NKP qui supporte la virtualisation », dit-il, en réaffirmant que NKP Metal ne se vendra que là où la virtualisation n’est pas utile.

Une console par-dessus un Kubernetes CNCF, par-dessus un Linux

Sur le stand du salon dédié à NKP Metal, un ingénieur de Nutanix donne les détails de la nouvelle solution. Il se place du point de vue d’un utilisateur lambda de Kubernetes.

« En fait, tout l’intérêt réside dans notre console d’administration NKP. Vous prenez des serveurs quelconques, vous installez dessus un Linux. Qu’il s’agisse d’Ubuntu, avec qui nous travaillons, ou de Rocky Linux, qui est pleinement Open source. Vous installez par-dessus le Kubernetes officiel de la CNCF. Et vous gérez l’ensemble comme un cluster depuis la même console NKP qui vous sert aujourd’hui à administrer des Kubernetes distants. Sauf que, désormais, elle gère aussi jusqu’au firmware des machines. Et voilà ! », résume l’ingénieur.

NKP Metal - que Nutanix vend, cela dit, avec la version CNCF de Kubernetes - gère aussi bien les caractéristiques de l’infrastructure que les applications qui fonctionnent dans les containers. Et il permet d’unifier différents clusters sous un même domaine. C’est-à-dire que, même en version Metal, il continue de supporter des fonctionnements en cloud hybride, où les containers sont distribués aussi bien sur les serveurs locaux que sur des instances situées ailleurs, a fortiori hébergées chez des fournisseurs de cloud.

Il y a cependant une subtilité : dès lors que NKP est impliqué, le stockage persistant qu’utilise le cluster Kubernetes doit nécessairement être AOS, soit le SDS que Nutanix utilise depuis toujours pour simuler une baie de stockage à partir des disques durs et SSD intégrés dans les serveurs. Le pilote CSI de Nutanix ne supporte que ce stockage-là et il n’y a que celui-ci qui apparaît dans la console NKP.

« Les stockages externes que nous supportons, soit les baies en mode bloc de Dell et d’EverPure [ex-Pure Storage, N.D.R], sont affiliés à AOS. Donc cela fonctionne aussi. En revanche, je ne sais pas vous dire à ce stade si ce sera le cas pour les baies NetApp avec lesquelles nous sommes désormais compatibles », indique l’ingénieur.

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