IA agentique : les nouvelles compétences que les entreprises recherchent
L’IA agentique bouleverse la demande en compétences. Un rapport du site Malt constate que n8n est devenu un « standard » dans les ETI et les PME, et l’avènement de nouveaux profils très courtisés (les « super-connecteurs »).
Les entreprises ne chercheraient plus de développeurs, ou beaucoup moins, mais des profils capables de concevoir et d’orchestrer des workflows.
C’est une des principales conclusions d’un rapport de Malt, le site spécialisé dans les free-lances, pour qui cette évolution est la conséquence directe de la montée en puissance des « agents IA » et de la généralisation de l’IA sous toutes ses formes.
L’IA : du data scientist à la compétence transverse
« En 2023, la demande en IA était cloisonnée : 70 % des projets se concentraient dans les catégories métiers liées à la donnée, principalement les data scientists », rappelle Malt. Puis cette demande s’est élargie à des profils tech plus variés (ingénieurs back-end et fullstack) avant d’entrer « dans l’ère de l’ingénieur logiciel augmenté par l’IA ».
En clair, l’intelligence artificielle n’est plus une spécialité isolée. Elle irrigue désormais toutes les fonctions de l’entreprise. « 22 % des demandes de missions, même non techniques, incluent de manière obligatoire des compétences en IA », insiste Malt, « preuve qu’elle devient un véritable langage commun au sein des organisations. »
Conséquence, la demande qui a le plus progressé est la capacité à créer des agents IA autonomes (elle a été multipliée par près de 60 en un an). Elle devancerait même à présent les compétences pour créer des RAG (Retrieval Augmented Generation).
En parallèle, de nouveaux besoins ont émergé pour des profils qui maîtrisent la réglementation (+380 %) avec l’arrivée de l’IA Act, et dans la maîtrise des coûts (FinOps, +72%) ; un besoin lié à ce que Malt appelle la « taxe GPU » (le coût d’infrastructure beaucoup plus élevé de l’IA par rapport aux coûts du cloud traditionnel).
n8n plus fort que Java ?
Une autre conséquence de « l’ère des agents IA » est un recul net, en proportion, des langages traditionnels (comme Java) au profit de nouveaux outils. Même si Python, React, ou JavaScript et Node.js figurent toujours dans le top 10 des demandes.
Dans les PME, c’est la plateforme d’automatisation n8n qui s’impose, par exemple, très largement comme « un standard ». Pour mémoire, n8n est un outil low-code/no-code qui permet de connecter des applicatifs et d’automatiser les workflows et les échanges entre eux avec une interface de type glisser-déposer.
Compétences les plus recherchées et en plus forte progression, selon le site Malt.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sont les profils « senior » qui l’utiliseraient le plus. « Ils y voient un moyen de contourner les goulots d’étranglement traditionnels […] des frameworks tech classiques », constate Malt. « Les plateformes [N.D.R. : n8n, Zapier, Make.com] ont enregistré une croissance multipliée par 14, atteignant désormais un volume de projets comparable à celui de Java ».
Le succès de n8n (et des compétences liées à la plateforme) s’expliquerait aussi par son statut open source et sa capacité à être déployé en local.
Les compétences de « super-connecteurs » plébiscitées
Dans les grands groupes, l’IA change aussi le besoin de compétences, mais l’approche diffère sensiblement de celle des PME. Les grandes entreprises restent fidèles à des langages comme Java ou .NET pour leurs systèmes critiques, et leur priorité va à la sécurité et à la conformité plutôt qu’à l’accélération des projets avec des outils comme n8n.
« 22 % des demandes de missions, même non techniques, incluent de manière obligatoire des compétences en IA. »
Rapport de Malt
« Le nombre de projets Azure OpenAI a bondi de 500 %, porté par la recherche de fournisseurs installés qui offrent simplicité d’approvisionnement et environnements conformes », avance Malt. Moins impressionnant, mais révélateur tout de même, l’usage d’un cloud souverain comme Scaleway a fortement progressé (+35 %).
Mais les ETI ou/et les grandes entreprises ont un point commun. Les compétences qu’elles recherchent seraient passées d’un profil de « Builder » à un profil avec un « Orchestrator Mindset » (sic).
« Elles ne cherchent plus seulement à structurer leur approche avec des consultants IA. Elles recherchent des profils capables de guider leur organisation au plus haut niveau stratégique », note le rapport qui voit émerger « une nouvelle catégorie de “super-connecteurs”. »
« Le leadership tech intérimaire et fractionné (CTO, CDO) s’impose comme la catégorie de métier à la croissance la plus rapide, en hausse de 23 % », conclut Malt.
Le rapport s’appuie sur les annonces postées sur la plateforme utilisée par 250 000 spécialistes en tech et data et par 90 000 entreprises européennes.