SAP rebondit grâce à l’IA

Avec ses bons résultats du Q2 et son approche « ancrée » de l’IA, SAP a commencé à regagner la confiance des marchés, dans un contexte où Gartner prévoit tout de même que l’IA cannibalisera plus de 200 milliards $ de dépenses SaaS.

Les revenus cloud de SAP ont progressé de 24 % au deuxième trimestre (Q2). Et son chiffre d’affaires a augmenté de 11 %, pour atteindre 11,24 milliards de dollars. Un nouveau trimestre solide, donc, malgré les craintes que l’IA ne « disrupte » le logiciel.

L’IA, justement, est encore et toujours au centre du « narratif » des dirigeants de l’éditeur allemand. Leur but est de montrer aux marchés, et à leurs clients, que SAP est un gagnant et surfe sur l’IA, et qu’il n’en est pas une victime.

Une IA ancrée dans les données métiers

En mai, SAP avait lancé une nouvelle « plateforme » qui regroupe ses offres IA (Business AI Platform), et le concept de « Autonomous Suite » – ses logiciels « boostés » par des agents IA capable d’automatiser des workflows de bout en bout.

« Pour de nombreuses entreprises, la réalité est que les grands modèles de langage ne comprennent pas les données, les processus ou la gouvernance de l’entreprise », martèle Christian Klein, CEO de SAP. Un discours qu’il avait déjà tenu dans un échange avec LeMagIT lors de Sapphire EMEA en mai.

À l’inverse « l’entreprise autonome (sic) repose sur des agents d’IA [SAP] capables d’exécuter des processus métier avec précision, en toute conformité et en maîtrisant les coûts ; tout en gardant l’humain au centre », compare-t-il.

Chose que ne pourraient donc pas faire des LLM d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google, seuls qui n’ont pas la connaissance métier historique de SAP.

Accéder à plus de données depuis SAP

SAP ne critique pas pour autant ces acteurs. Au contraire, il passe des accords avec eux pour mieux « ancrer » ces IA dans ses logiciels et ses données métiers (« grounded AI »).

Sur le trimestre, SAP a également noué des accords avec Snowflake (pour le zero copy) et avec NVIDIA (dans la sécurité avec OpenShell). Pour étendre ses capacités IA au-delà de son écosystème, SAP a par ailleurs racheté le lakehouse Dremio et le spécialiste de la gestion de données Reltio.

L’avertissement de Gartner, mais les marchés convaincus

Reste que Gartner prévoit que l’IA agentique va impacter négativement le marché des applications professionnelles (SaaS) à hauteur de 230 milliards de dollars d’ici à 2030.

En attendant, les résultats de SAP et le discours de son PDG ont commencé à convaincre les analystes financiers. La valorisation boursière de SAP, divisée par deux lors du « SaaSpocalypse », a bondi de 17 %.

Les prochains trimestres diront s’il s’agit d’un retournement avec l’adoption par les entreprises de cette IA « grounded et made in SAP » ou d’un simple rebond conjoncturel.

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