Amer Sports : à fond dans la course à la modernisation IT
Le groupe mondial des marques outdoor et sportives comme Salomon et Arc'teryx va porter ses investissements à 400 millions $ dans le cadre de la modernisation de son infrastructure IA.
par
Makenzie Holland, Journaliste IT Senior
Publié le: 21 avr. 2026
Le groupe multinational Amer Sports refond son socle technologique. Il modernise les systèmes IT qui soutiennent ses opérations depuis plusieurs années. Mais en 2026, l’entreprise a accéléré son rythme, en décidant d’investir 400 millions $, contre « seulement » 310 millions en 2025. Avec l’IA en ligne de mire.
Basée à Helsinki et désormais sous pavillon chinois, le groupe exploite des marques de sports de plein air comme Salomon, Arc'teryx ou Wilson.
Une grande partie de la progression de ces dépenses s’explique par des investissements jugés « stratégiques » dans l’IT. Plus précisément dans la modernisation des applications métiers, dans le e-commerce, dans la data et dans le prédictif, liste Donghai Chen, chief digital officer.
« Les plateformes cœurs sont les fondations qui permettent à l’IA d’être appliquée à grande échelle. »
Donghai ChenDirecteur numérique, Amer Sports
Les projets IA sont menés en parallèle de ceux en rapport avec les systèmes « cœurs ». Donghai Chen considère la relation entre les deux types (infrastructure et IA) comme « délibérément complémentaire ».
« Les plateformes cœurs sont les fondations qui permettent à l’IA d’être appliquée à grande échelle », souligne-t-il.
« L’IA, en retour, accélère et amplifie la valeur créée par les investissements dans les fondations. Les deux se renforcent mutuellement. Quand l’IA est introduite sans fondations suffisantes, l’impact tend à rester localisé et expérimental plutôt que de se traduire par des gains de productivité durables. »
« L’IA, en retour, accélère et amplifie la valeur créée par les investissements dans les fondations. »
Donghai ChenDirecteur numérique, Amer Sports
Migration des plateformes
Dans le détail, Amer Sports migre actuellement ses plateformes finance, supply chain et RH vers le cloud. La pièce centrale de cette modernisation est SAP S/4HANA ; le nouvel ERP de SAP qui, selon Donghai Chen, sera « la colonne vertébrale opérationnelle commune à toutes nos marques et à toutes nos géographies ». Amer Sports a entamé le programme RISE with SAP en mai 2025.
Le groupe est également dans la première phase du déploiement d’un SIRH pour moderniser ses données et processus RH, là encore à travers tout le groupe.
L’IA joue déjà un rôle majeur dans le groupe chinois, y compris l’IA générative.
Pour Donghai Chen, celle-ci doit avant tout éliminer les irritants opérationnels (les « pain points ») et les tâches répétitives qui détournent les collaborateurs de leur véritable expertise : leurs connaissances des marques, des produits, des clients et des marchés.
« L’IA crée le plus de valeur quand elle aide les gens à se concentrer sur ce qu’ils font de mieux », résume-t-il.
Pour y arriver, l’année dernière, Amer Sports s’est associé à PersonalAI, une plateforme qui s’appuie sur un petit modèle de langage (« Small Language Model », SLM) pour analyser les données internes et offrir des réponses personnalisées.
« L’IA crée le plus de valeur quand elle aide les gens à se concentrer sur ce qu’ils font de mieux. »
Donghai ChenDirecteur numérique, Amer Sports
En tout état de cause, pour Donghai Chen, le succès d’un projet IA ne se mesurerait pas à son ampleur, mais à son ancrage dans les processus métier. Un cas d’usage est réussi quand l’IA est adoptée au quotidien et qu’elle « transforme concrètement les méthodes de travail, pas quand quelqu’un l’a testée une fois » (sic).
Reste qu’embarquer des milliers d’employés avec de nouveaux systèmes et s’adapter à de nouveaux outils est, encore et toujours, un des aspects les plus difficiles de toute transformation.
« Je vais être très clair sur l’IA dans notre secteur : elle va transformer beaucoup de choses. Mais comment, exactement, et selon quel calendrier ? On ne sait pas encore avec certitude », concède-t-il. Ce qui est sûr, pour lui, en revanche, c’est que « les entreprises qui gagneront sont celles qui construisent la gouvernance et qui ont la capacité pour agir rapidement et avec agilité quand les bons cas d’usage deviennent clairs… ; pas celles qui misent tout sur une stratégie figée qui risque de devenir obsolète. »