Les pompiers de la Nièvre plus réactifs grâce au stockage virtualisé

Le SDIS 58 avait déjà virtualisé ses applications pour mieux coordonner ses 1 000 pompiers. Il lui fallait faire de même avec les baies de disques pour qu’ils interviennent même en cas de panne informatique.

« Dans la chaîne des secours, notre mission est d’être le maillon qui tient bon, même quand tous les autres cèdent. En ce sens, il était essentiel d’avoir une informatique fiable, qui continue de fonctionner même en cas d’incident et qui le fait de manière autonome. » Maxence Viodet, l’administrateur système du SDIS 58 – le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Nièvre – n’a de cesse de se réjouir d’avoir choisi le système de stockage virtualisé de DataCore, le SDS SANSymphony, qui n’est jamais tombé en panne depuis son installation, en 2018.

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« Avant nous avions des baies de stockage qui n’étaient pas redondantes. Un jour, l’une d’elles s’est arrêtée et nous avons perdu toutes nos applications métiers. Heureusement que les logiciels qui assistent les pompiers dans leurs interventions n’étaient pas dessus », lâche-t-il.

Virtualiser le stockage pour gagner en réactivité

C’est en 2016, quand les baies de stockage NetApp et EMC VNX alors en place arrivent au bout de leurs capacités, que le SDIS 58 réalise à quel point il est nécessaire de moderniser son installation. Établissement public en charge de la défense quotidienne des personnes, des biens et de l’environnement de ce territoire au cœur de la France, le SDIS 58 intervient environ 18 500 fois par an, principalement pour des secours aux personnes. Ses plus de 1 000 pompiers et sa centaine de véhicules sont déployés depuis 47 centres de secours. Tous les moyens humains et matériels sont coordonnés depuis la salle informatique de l’état-major de la Nièvre.

« Nous avions surtout besoin de revoir notre architecture informatique [...] en créant un véritable plan de reprise d’activité. »
Maxence ViodetAdministrateur système, SDIS 58

Dans cette salle s’exécutent des applications métiers – finance, RH, technique, statistiques… – et d’autres dédiées spécifiquement aux interventions de secours, comme la téléphonie et, surtout, un logiciel qui gère l’intelligence téléphonique. « Au-delà de l’obsolescence de nos baies, nous avions surtout besoin de revoir notre architecture informatique pour améliorer les performances du dispositif et renforcer sa sécurité en créant un véritable plan de reprise d’activité (PRA) qui nous faisait cruellement défaut », explique l’administrateur.

Il évoque l’enjeu permanent de rendre les équipes plus réactives, avec à terme des applications mobiles développées à façon qui interrogeront le SI depuis n’importe où, à n’importe quel moment. « Nous avions déjà virtualisé nos applications. Mais pour que cela soit utile, nous devions encore virtualiser le stockage, afin de pouvoir affecter des capacités dynamiquement à n’importe quelle application. »

« Techniquement, il nous manquait un système qui présente des disques virtuels aux machines virtuelles, sans qu’un informaticien ait besoin de préciser de quelle baie de disques vient cette capacité », dit-il, en parlant de gestion des montées en charge impromptues.

SANSymphony : d’abord un choix économique

« Nous souhaitions une solution souple, qui ne nécessite pas de former le personnel. »
Maxence ViodetSDIS 58

Après avoir passé le reste de l’année 2016 à prospecter et à se convaincre que la solution technique résidait dans un SDS (Software Defined Storage), le SDIS 58 lance un appel d’offres en 2017. La demande concerne une architecture redondante comprenant un système sur le site principal et une réplique dans un local séparé au titre de PRA, soit trois serveurs de stockage. « Nous souhaitions une solution souple, qui ne nécessite pas de former le personnel comme chez NetApp ou Dell EMC, évolutive et équipée d’un auto-tiering pour réserver les disques les plus rapides – donc les plus chers – aux applications les plus utilisées. »

Trois intégrateurs répondent. L’un avec du stockage non virtualisé, preuve qu’il n’avait pas compris la demande, le second avec du Nutanix et le troisième, la société de services Abicom de Clermont-Ferrand, avec du DataCore. « Nous avons alors choisi DataCore juste pour des raisons économiques : Abicom le fournissait sur des serveurs SR650 de Lenovo bien moins chers que les machines qui allaient avec la solution Nutanix », reconnaît Maxence Viodet.

Le contrat est signé fin 2017 pour une mise en production début 2018. L’offre d’Abicom comprend trois serveurs identiques : chacun des SR650 est équipé de deux disques NVMe qui font office de cache, de deux disques SSD de 128 Go chacun pour contenir les données des applications qui ont besoin de vitesse et de 19 disques durs SAS de 1 To chacun. La capacité utile par serveur est de 12 To.

Deux serveurs sont installés dans la salle informatique principale. Ils fonctionnent en miroir, et sont tous deux directement reliés via une liaison Ethernet 10 Gbit/s aux serveurs VMware ESXi qui exécutent les machines virtuelles. Tous sont contrôlés depuis l’interface d’administration de VMware. De son point de vue, les deux premiers serveurs SANSymphony constituent un double accès vers un pool unique de ressources disques de 12 To ; les données écrites sur l’un sont automatiquement répliquées sur l’autre au titre de redondance. Si l’un des deux serveurs tombe en panne, le second assure automatiquement 100 % des accès.

Le troisième serveur SANSymphony est installé dans un autre bâtiment. Il ne sert qu’à recevoir une copie des données en asynchrone. D’autres hyperviseurs ESXi iront lire dessus pour poursuivre l’activité uniquement si la salle informatique n’est plus opérationnelle.

Il est à noter que les baies de disques précédentes assuraient également les sauvegardes et la conservation sur le long terme des données historiques. « Nous ne voyions pas l’intérêt d’utiliser les performances des serveurs SANSymphony pour ces usages. Nous avons donc préféré investir pour ce volet dans des serveurs NAS peu chers, pilotés par le logiciel de sauvegarde de Veeam. En faisant ainsi, nous avons pu limiter l’investissement global dans le renouvellement du stockage à environ 120 000 € », précise Maxence Viodet.

Deux fois plus rapide et plus simple à administrer

L’installation des machines et la configuration de Datacore SANsymphony a été effectuée par Abicom, qui en assure aussi la maintenance curative matérielle et logicielle. L’intégration au cluster VMware et la mise en réseau ont été réalisées par l’équipe de Maxence Viodet.

« Certaines d’entre elles [les VM] – nous en avons entre 70 et 80 – ont beaucoup de stockage et il a fallu une à deux heures pour déplacer leurs données. »
Maxence ViodetSDIS 58

« La montée en charge s’est effectuée progressivement, d’abord avec le transfert sur les serveurs DataCore des données des VMs les moins sensibles. Nous avons effectué la migration via la console vCenter de VMware, à raison d’une VM par jour. Certaines d’entre elles – nous en avons entre 70 et 80 – ont beaucoup de stockage et il a fallu une à deux heures pour déplacer leurs données », raconte-t-il.

S’il n’en migre qu’une par jour, c’est parce qu’il souhaite observer à chaque fois comment le système réagissait, si l’auto-tiering fonctionnait comme attendu. « Ces tests ont démontré que les accès étaient deux fois plus rapides qu’auparavant et, ce, sans même utiliser toutes les possibilités d’optimisation », se félicite-t-il.

Jusqu’aux VMs les plus critiques, la migration a fonctionné instantanément. « Nous sommes allés demander aux utilisateurs des applications les plus lourdes s’ils voyaient une différence. Ils nous ont dit qu’ils étaient réjouis de constater que leurs logiciels se lançaient plus vite ! »

Selon lui, l’équipe du SI a très vite intégré la solution SANSymphony, qu’il trouve particulièrement simple à piloter. « Au départ, nous devions administrer les serveurs DataCore avec un client lourd, ce qui n’était pas idéal. Mais rapidement celui-ci a été remplacé par une interface web qui nous permet d’intervenir depuis n’importe quel poste, y compris en télétravail », note Maxence Viodet.

« Nous n’avons connu qu’un bug, justement lors d’une mise à jour. »
Maxence ViodetSDIS 58

Pour le reste, la solution fonctionne pratiquement toute seule : « les mises à jour sont d’une grande simplicité. Un seul package s’applique sur tous les serveurs à tour de rôle. Il les éteint et les relance lui-même. Depuis 2018, nous n’avons connu qu’un bug, justement lors d’une mise à jour. Mais le support de DataCore a très rapidement pris la main et a résolu le problème avant qu’il nous impacte », conclut-il.

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