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EVO:Rail : VMware se convertit aux appliances hyperconvergées

A l'occasion de l'ouverture de sa conférence utilisateurs VMworld, VMware a dévoilé ses appliances hyperconvergées EVO:Rail, destinées à contrer Nutanix et Simplivity.

À l’occasion de l’ouverture de sa conférence utilisateurs annuelle, VMworld, à San Francisco, VMware n’a pas, comme à l’accoutumée présenté une nouvelle mouture de son hyperviseur vSphere, mais s’est concentré sur le lancement d’une nouvelle ligne d’appliance hyperconvergées, sur la présentation d’une version améliorée de sa solution de virtualisation de réseau, NSX 6.1, et sur l’annonce d’une version maison d’OpenStack bâtie autour de l’hyperviseur vSphere.

EVO:Rail, la réplique de VMware à Nutanix et Simplivity

La rumeur courrait depuis plusieurs semaines : dans le cadre d’un projet baptisé Marvin, VMware travaillait à l’élaboration d’une offre de serveurs hyperconvergés pour les PME à même de concurrencer les offres de Nutanix et Simplivity, les deux pionniers des serveurs hyperconvergés.

La rumeur était finalement largement vraie. Lors du keynote d’ouverture de VMworld, VMware a dévoilé EVO:Rail, une nouvelle famille de serveurs hyperconvergés, bâtie autour de son hyperviseur vSphere 5.5, de vCenter et de sa solution de stockage VMware Virtual VSAN.

Les appliances EVO:Rail sont des appliances serveurs x86 rackables couplant, compute, stockage et réseau. 

Assemblées et commercialisées par les partenaires de VMware (Dell, HP, Fujitsu et SuperMicro font partie de la première vague), elles se présentent sous la forme d’un serveur 2U intégrant 4 nœuds serveurs indépendants chacun doté de deux puces Xeon Ivy Bridge et de 192 Go de mémoire vive et disposant d’un accès à un disque de boot, à un disque SSD MLC de 400 Go et à trois disques SAS de 1,2 To.

Typiquement, ce profil correspond à celui de certains serveurs de la ligne SL chez HP, de la gamme PowerEdge C Series chez Dell (par exemple le C6220), de la gamme Primergy CX chez Fujitsu (par exemple le XS400S2) ou de la gamme 2U Twin chez SuperMicro. Selon VMware, chaque nœud serveur doit au minimum disposer de deux ports 10 Gigabit Ethernet pour la communication internœuds et la communication vers l’extérieur.

Sur cette base matérielle, les constructeurs pré-installeront l’hyperviseur vSphere dans sa version Entreprise Plus, et la console vCenter, ainsi que la solution de software defined storage de VMware, VSAN (en fait une solution de stockage distribuée), en respectant les préconisations de VMware.

L’objectif est de mettre à disposition des utilisateurs un cluster virtualisé prêt à l’emploi disposant de son propre stockage et capable d’héberger une centaine de VM serveurs ou quelque 250 postes de travail virtualisés.

Selon VMware, la solution EVO:Rail dispose d’une interface d’administration simplifiée accessible via une simple interface HTML 5 (le signal, sans doute, que l’interface en Flash conçue pour les versions standards de vSphere ne sera sans doute pas de ce monde éternellement) et exploite les principales technologies de la firme dont vSphere HA (haute disponibilité des VM), vMotion (mobilité des VM), DRS (placement automatique des VM sur les serveurs les mieux adaptées en fonction des ressources disponibles). La solution est aussi conçue pour être mise à jour automatiquement via un mécanisme de mise à jour roulantes. Chaque nœud est ainsi à tour de rôle placé en maintenance pendant qu’il est mis à jour et que les trois autres assurent la continuité de service.

Une solution évolutive

VMware indique qu’il est possible d’étendre le cluster initial par ajout de nouvelles appliances EVO:Rail. L’ajout d’une nouvelle appliance s’effectue par détection automatique des nouveaux serveurs de l’appliance et requiert moins de six minutes, configuration incluse.

Le constructeur ne précise en revanche pas s'il sera possible de répliquer un cluster vers un autre en utilisant les fonctions intégrées de réplication de vSphere Entreprise plus, ou s’il sera possible d’utiliser les fonctions de sauvegarde (vSphere Data Protection) incluses avec cette version de l’hyperviseur.

L’éditeur ne précise pas non plus s’il sera possible de mixer des appliances provenant de plusieurs constructeurs différents au sein d’un même cluster (même si la réponse a de fortes chances d’être affirmative).

Avec l’arrivée d’EVO:Rail, VMware affiche clairement ses ambitions sur le marché des appliances hyperconvergées et s’attaque de façon frontale à des acteurs comme Nutanix ou Simplivity. Dans un premier temps, ces derniers auront beau jeu de faire remarquer que l’approche de VMware valide leur démarche et surtout que leurs offres sont à même de supporter des échelles de déploiement bien supérieures à celles d’EVO:Rail. Mais il leur faudra se méfier : en présentant EVO:Rail, VMware a aussi levé le voile sur EVO:Rack, une solution hyperconvergée conçue cette fois-ci pour les cloud internes des entreprises ou pour les fournisseurs de services.

Notons pour terminer que Cisco ne fait pas parti des partenaires de lancement d’EVO:Rail, et que ce dernier a choisi VMworld pour dévoiler un accord OEM avec Simplivity, qui va lui permettre de revendre ses serveurs avec la solution hyperconvergée du constructeur. Une indication de plus que le temps est décidément à l’orage entre la filiale d’EMC et Cisco.

Aucun prix n’a enfin été annoncé pour les appliances EVO:Rail, VMware laissant à ses partenaires le soin de fixer leur propre tarif pour leurs solutions respectives.

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