Symantec va séparer ses activités sécurité et stockage

A peine dix ans après sa fusion avec Veritas, Symantec jette l'éponge et décide de séparer ses activités sécurité et stockage en deux entreprises autonomes.

Après HP, qui a annoncé cette semaine son intention de séparer ses activités entreprise de sa division PC et imprimantes en deux entreprises indépendantes, c’est au tour de Symantec de se scinder en deux. L’éditeur entend séparer ses activités sécurité et stockage en deux entités autonomes qui seront côtées séparément sur les marchés financiers. 

10 ans après, la fusion Symantec-Veritas à  l'envers

Un peu moins de 10 ans après la méga acquisition du Veritas de Gary Bloom par le Symantec de John Thompson pour 13,5 Md$ — qui avait à l’époque créé le n°4 mondial de l’édition logicielle -, Michael Brown, l’actuel président et CEO de Symantec, a donc décidé de jeter l’éponge et de céder à la pression des actionnaires. L’ère des conglomérats n’est a priori plus de mise dans l’actuelle course à la rémunération des actionnaires, dont on espère qu’elle ne se terminera pas comme la bulle Internet du début des années 2000, même si de nombreux signaux ont aujourd’hui de quoi inquiéter.

Pour mémoire, Symantec réalisait environ 2,6 Md$ de CA avant l’acquisition de Veritas, tandis que ce dernier pesait environ 1,75 Md$ de CA, soit un total de 4,35 Md$ pour l’entité combinée lors de la fusion. Aujourd’hui, la firme affiche un CA de l’ordre de 6,7 Md$. Mais entre-temps, Symantec a multiplié les acquisitions, dont quelques rachats majeurs comme ceux d’Altiris (242 M$ de CA en 2007), MessageLabs (env. 150 M$ de CA en 2008), PGP (75 M$ de CA en 2010), Verisign (371 M$ de CA en 2010) ou ClearWell Systems (56 M$ de CA en 2011). Le moins que l’on puisse dire est donc que la méga fusion est loin d’avoir produit les résultats espérés et que la croissance organique de Symantec a été d’une faiblesse navrante depuis l’acquisition. Pire, la fusion entre leurs deux sociétés s’est traduite par un exode massif des principaux dirigeants et ingénieurs de Veritas, que l’on retrouve aujourd’hui à la tête ou à la manœuvre dans un grand nombre de start-ups du secteur du stockage. En bourse, Symantec n’a guère brillé non plus. Lors de la fusion, la capitalisation boursière combinée de Symantec et Veritas approchait les 29,2 Md$. Ce matin, à New York, Symantec ne valait plus que 16,18 Md$

La sécurité d'un côté, les outils de stockage de Veritas et les logiciels de sauvegarde et d'archivage de Symantec de l'autre

Comme chez HP, les motifs avancés pour la séparation sont les mêmes : il s’agit de permettre aux entités autonomes de mieux cibler leurs investissements et les opportunités de croissance qui se présentent à elles, de réduire la complexité des organisations et donc de rendre les deux entités plus agiles, etc, etc. Et au passage de faire oublier les errements d’un management qui, pendant dix ans, n’a pas su voir les évolutions du marché, gaspillé des opportunités, noué des alliances problématiques (pour qui se souvient de l’épisode Huawei-Symantec), et multiplié les valses-hésitations (notamment sur le domaine des appliances de sécurité ou des appliances de sauvegarde).

Symantec va donc se couper en deux. La plus grosse partie, la division sécurité, qui devrait réaliser un CA de l’ordre de 4,2 Md$ en 2014, comprendra les activités de sécurité des postes clients grand public et professionnels, la gestion des terminaux clients, les activités chiffrement et certificat, les outils de gestion d’identité et d’authentification, les outils de sécurité de datacenter, la mobilité et les services associés à ces activités.

La division « Gestion de l’information » (ne plus dire stockage et sauvegarde, c’est a priori trop simple pour le commun des mortels), devrait quant à elle réaliser un CA de 2,5 Md$ en 2014 et inclura les outils de sauvegarde et de restauration phare de l’éditeur (NetBackup et Backup Exec) – ainsi que les appliances de sauvegarde NetBackup -, les outils d’archivage et d’e-discovery, les outils d’administration du stockage et les logiciels de disponibilité issus du portefeuille Veritas (Cluster Server, Veritas Cluster File System, Storage Foundation).

La première entité devrait conserver le nom de Symantec, tandis que le nom de la seconde n’a pas encore été défini. La nommer Veritas semblerait plutôt logique. L’image de marque de Veritas restant solide chez les exploitants de datacenter. Mais Symantec a visiblement du mal à revenir en arrière. Il est vrai que séparer Symantec et Veritas, dix ans après leur union, serait d’une certaine façon avouer l’échec de 10 ans de « vie commune ».

 

 

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