Trophées des Clubs Utilisateurs Oracle 2019 : NetSuite rafle la mise

On le sait, Larry Ellison veut faire d’Oracle un acteur majeur du cloud, un message désormais bien reçu par sa base installée. Les 5 gagnants des trophées des utilisateurs Oracle de cette année sont tous des projets cloud et 3 d’entre eux sont des déploiements NetSuite.

Les trois communautés d’utilisateurs Oracle/PeopleSoft et JD Edwards étaient réunies cette semaine à quelques pas de l’Elysée afin d’élire les projets les plus marquants de l’année. Des projets qui ont tous le point commun d’être nés sous le sceau du cloud et ce en dépit des secteurs d’activité et de la nature des projets très différents.

Ainsi, AfrAsia Bank Limited a reçu le trophée « Cloud for Millennials » pour son déploiement d’Oracle HCM Cloud. La banque située sur l’île Maurice a déployé la solution de GRH dans le cloud d’Oracle en 9 mois. Il s’agissait pour la banque de Port Louis de faire face à l’augmentation rapide de ses effectifs qui sont passés de 200 à 400 personnes en 2 ans, mais aussi de structurer ses processus RH.

Autre acteur du secteur bancaire MyMoneyBank, un spécialiste du crédit qui, à l’occasion de sa vente par General Electric à dû renouveler tous ses outils finances en quelques mois. Le trophée « Transformation sous contrainte » a été remis à l’entreprise qui, elle aussi, a fait le choix du cloud Oracle pour mener ce déploiement éclair.

« [Avec NetSuite] nous faisons souvent face à Sage ou Cegid [mais] notre taux de croissance à trois chiffres en Europe démontre la pertinence de l’offre. »
Karine PicardVP Applications Oracle EMEA

Signe des temps, les trois autres prix remis à l’occasion de la cérémonie sont tous allés à des déploiements NetSuite, démontrant le coup de booster donné par l’éditeur à sa solution Saas ces derniers mois. Oracle a repris la commercialisation de NetSuite à Capgemini il y a environ 2 années de cela et assure désormais la vente directe de l’ERP Cloud. Karine Picard, Vice-Présidente Applications Oracle EMEA assure que la solution connait une croissance à 3 chiffres en Europe (sans toutefois donner le nombre de références clients, ni à préciser à quoi cela correspond réellement).

Parmi les toutes premières références de NetSuite en France, Quadran / Direct Energie qui a déployé l’ERP Saas d’Oracle il y a deux ans afin d’assurer la gestion de 250 sociétés du groupe. Quadran a décroché le bien nommé trophée « Pionniers » en tant qu’« early adopter » de la solution qui est aujourd’hui exploitée par Direct Energie pour gérer 400 entreprises.

Clubs des utilisateurs Oracle 2019 - Remise des  trophées pour EcoVadisClubs des utilisateurs Oracle 2019 - Remise des trophées pour EcoVadis

Autre projet NetSuite déployé par une entreprise en croissance rapide, celui d’EcoVadis, une startup qui note la stratégie RSE des entreprises. Déployé en 6 mois seulement auprès de 7 entreprises dans 7 pays pour environ 400 utilisateurs, le projet a reçu le « trophée de l’agilité », car outre la rapidité de ce déploiement initial, de multiples fonctionnalités de NetSuite non prévues initialement ont été peu à peu déployées. EcoVadis a reçu le trophée des trophées de la part d’Oracle.

Enfin, le déploiement de NetSuite par La Compagnie du Ponant a décroché le « prix de l’anticipation et de la conformité ». Le spécialiste de la croisière de luxe a déployé l’ERP dans le cloud afin de préparer l’accroissement d’activité attendu avec le doublement de sa flotte.

L’ERP, le prochain défi de Larry Ellison

Karine Picard VP Applications Oracle EMEAKarine Picard VP Applications Oracle EMEA

Le cloud était donc au cœur des discussions en marge de cette remise des trophées et sur ce plan Karine Picard, VP Applications Oracle EMEA s’est livrée à un point d’étape sur la stratégie cloud de l’éditeur : « Notre objectif est d’être le numéro 1 de l’ERP d’ici quelques années, c’est le prochain défi qui nous a été fixé par Larry Ellison. En France, pour les entreprises de 0 à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, nous poussons NetSuite et au-delà c’est notre offre Oracle ERP Cloud qui est la plus adaptée. Nous connaissons une forte croissance sur le segment des entreprises entre 200 millions d’euros de CA et 500 millions d’euros, des entreprises qui étaient jusqu’alors dotées d’outils précaires. »

La vice-présidente d’Oracle EMEA estime que ce gain de parts de marché est réalisé non pas contre les poids lourds de ce marché, à savoir Cegid ou Sage, mais bien contre les éditeurs « locaux ». Selon elle, ceux-ci sont sans doute plus fragiles face aux grands éditeurs et leur armada d’intégrateurs qui, voyant la taille des projets décroître du fait du passage au cloud, doivent compenser en multipliant les projets.

En outre, Karine Picard estime que le passage au cloud et notamment l’offre NetSuite permet à des PME de se tourner plus facilement vers Oracle ce qui n’était pas nécessairement le cas avant : « Nous commençons à voir certains clients Infor ou SAP se tourner vers nous. Il ne s’agit pas d’une stratégie d’attaque frontale de notre part, mais nous voyons passer plus d’appels d’offres que par le passé. Les entreprises se posent sans doute plus de questions vis-à-vis de leur éditeur d’ERP que par le passé. »

Interrogée sur l’essor de l’offre « Cloud at Customers », c’est-à-dire le stack Cloud Oracle déployé en mode on-premise, celle-ci ne compte que quelques clients en France. Celle-ci est uniquement utilisée pour mettre en place des services IaaS et PaaS et aucune n’a été mise en place dans l’hexagone afin de déployer Oracle Applications en mode on-premise. « 98 % de nos clients cloud optent pour le cloud public et seule une frange de clients à l’international, essentiellement des institutionnels pour des raisons réglementaires, optent pour la solution Cloud at Customers d’Oracle dans le but d’installer les Apps Oracle en on-premise. »
A la différence de son rival SAP, Oracle ne propose pas l’hébergement de ses applications hors de son propre cloud public, sur AWS ou Microsoft Azure.

Si l’essor du cloud va entrainer une certaine redistribution des cartes et pousser des entreprises qui n’avaient pas la culture Oracle vers NetSuite, c’est aussi le théâtre d’un affrontement direct entre Oracle et SAP. Car pour tenir l’objectif de Larry Ellison de devenir le numéro 1 mondial de l’ERP, Oracle va devoir passer sur le corps de SAP et l’Allemand est loin d’avoir dit son dernier mot.

On sait que ce dernier fait le forcing pour convertir les entreprises utilisatrices de son ERP à HANA et se passer à terme de la base de données Oracle. De même, la fin de l’accord de licencing SAP/Oracle avantageux pour les entreprises doit mettre fin au statu quo entre les deux « coopétiteurs », ce qui ne semble toutefois pas encore véritablement faire bouger les lignes.
« SAP est loin d’avoir migré l’intégralité de sa base installée » tempère Karine Picard qui ajoute : « Nous attendons de voir combien de bases de données seront effectivement remplacées par HANA, mais aujourd’hui rien ne dit que ce sera un tsunami. SAP reste l’un de nos plus gros clients en termes de nombre de licences de bases de données ! »

Des taux de conversion au cloud très variables d’une application à l’autre

Parmi les chiffres distillés par Karine Picard, 90 % des nouveaux projets Oracle Applications vont vers le cloud et environ 20 % de la base installée Oracle est désormais portée par les datacenters Oracle. « Cette proportion on-premise/cloud public évolue aujourd’hui rapidement sur le volet RH. La conversion des clients PeopleSoft et e-business Suite RH est de l’ordre de 10 % à 15 % de notre base installée chaque année. Sur la partie CRM, nous en sommes à 70 % de la base installée qui est désormais dans le cloud. » La responsable souligne que désormais les nouvelles applications qui apparaissent au catalogue Oracle sont maintenant cloud-natives, que ce soit pour le service, le marketing, les RH. « Pour toutes ces applications de nouvelle génération, la question du cloud ne se pose plus véritablement » ajoute la responsable.

Dans cette migration vers le cloud, sans grande surprise, l’ERP est l’application la plus longue à faire bouger. « L’ERP constitue le dernier bastion ; 90 % de notre base installée est encore en on-premise, même si nous comptons 5 000 clients dans le cloud » reconnaît Karine Picard. Larry Ellison va devoir s’armer de patience avant de voir basculer le marché en sa faveur.

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