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MDM : Informatica porte Customer 360 dans le cloud en mode SaaS

Informatica a lancé une nouvelle offre MDM en mode SaaS consacrée à Customer 360, son référentiel client. L’éditeur américain entend simplifier la gestion de l’application dans le cloud ainsi que combiner qualité et gouvernance des données.

Dépoussiérer le MDM (Master Data Management) traditionnel n’est pas chose aisée. Non pas que cette technologie soit devenue inutile, au contraire, mais cela réclame une approche spécifique. Stibo Systems a annoncé un passage à un modèle SaaS l’année dernière, après avoir déployé un PaaS et remplacé sa base de données Oracle par Cassandra. Informatica suit une voie similaire et entend proposer un MDM à la demande, depuis Informatica Intelligent Cloud Services (IICS).
Cette plateforme de type iPaaS a été présentée en 2018, puis largement mise à jour en mars et novembre 2020. Comme beaucoup d’autres, l’éditeur s’appuie en grande partie sur des microservices hébergés dans des containers orchestrés via Kubernetes.

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« Cette offre s’inscrit dans une feuille de route issue de la stratégie globale d’Informatica vers le cloud qui a commencé il y a quelques années, avec le lancement d’IICS. Au départ, la plateforme servait à intégrer les données Salesforce dans l’écosystème client », rappelle Denis Herriau, vice-président Europe du Sud chez Informatica. « Depuis, nous n’avons de cesse de transposer dans le cloud l’ensemble des domaines fonctionnels couverts historiquement par Informatica, pour les placer sur un socle commun et homogène ».

« Nous proposons des applications préconstruites qui viennent adresser les problématiques les plus communément rencontrées par nos clients. »
Denis HerriauVP Europe du Sud, Informatica

L’éditeur a décidé de conserver la division de son MDM en application, suivant les cas d’usage, dans le but, selon lui, d’accélérer « le time to market ». Après avoir offert le MDM Finance 360, Informatica lance donc MDM Customer 360, un autre produit du portfolio 360.

« Nous proposons des applications préconstruites qui viennent adresser les problématiques les plus communément rencontrées par nos clients », indique Denis Herriau. « Customer 360 nous paraît essentiel, puisque la crise sanitaire a mis sur le devant de la scène l’importance de se recentrer sur les clients, à savoir mieux l’identifier, disposer des informations qui l’entourent afin de le servir dans les meilleures conditions possibles », vante-t-il. Informatica veut proposer des offres SaaS similaires pour la gestion des produits et des fournisseurs.

Selon le responsable, le SaaS permet de contourner « la difficulté de gestion du corps applicatif » pour que ses clients puissent « se concentrer sur les tâches à valeur ajoutée », tout en bénéficiant de fonctionnalités supplémentaires.

Si ces applications respectent les grands principes du MDM, Informatica entend y apporter une certaine souplesse. « Customer 360 intègre une proposition de la gestion de l’information client, des processus liés à cet exercice, mais ce ne sont jamais des éléments figés qui contraignent ou limitent nos utilisateurs. Ils vont pouvoir modifier ces modèles, créer de nouveaux processus et des rôles qui leur sont propres », assure David Decloux, directeur avant-vente chez Informatica France.

Améliorer la gouvernance au sein du MDM

« Nous avons largement retravaillé et modernisé notre solution pour le cloud. »
David DeclouxDirecteur avant-vente, Informatica

En soi, il s’agit de l’évolution d’une offre existante basée sur la technologie de Siperian, un éditeur racheté en 2010 pour 131 millions de dollars. « Nous avons largement retravaillé et modernisé notre solution pour le cloud », déclare David Decloux.

Informatica entend ajouter de nouvelles fonctionnalités afin de faciliter les usages. « Customer 360 profite des capacités d’intelligence artificielle incluses dans IICS. De plus, nous apportons un module de visualisation graphe pour améliorer l’expérience utilisateur et l’exploration des données des clients » liste le directeur avant-vente.
Cette fonctionnalité fluidifierait l’administration des consentements au regard des obligations imposées par le RGPD. « Cela permet de centraliser la gestion des consentements et de faciliter l’exécution des droits d’accès, de portabilité et le droit à l’oubli », ajoute-t-il.

En sus de la visualisation graphe, l’offre Customer 360 dispose d’un moteur de recherche basé sur Elasticsearch. Des algorithmes de machine learning génèrent des recommandations de mode de visualisation des sources de données, au sein du modèle du référentiel. « Nous pouvons également aider les data stewards à mieux traiter les doublons de profils à l’origine d’un même individu », affirme David Decloux. Cette IA provient de l’acquisition d’Allsight, en 2019, qui incorporait un SGBD NoSQL dans son produit, permettant ainsi à Informatica de supporter les données structurées et non structurées.

Informatica entend aussi fournir un data lineage afin de disposer d’une forme d’historique des opérations.

Informatica entend aussi fournir un data lineage afin de disposer d’une forme d’historique des opérations. Le directeur avant-vente estime qu’à l’avenir il sera possible de greffer ce MDM avec les solutions de Data Gouvernance de l’éditeur. « À terme, nous serons capables d’intégrer le lineage MDM au sein d’un lineage beaucoup plus large pour répondre aux questions : “Que s’est-il passé au préalable ? Est-ce que la source a subi une transformation avant d’être intégrée au MDM ? Quels processus de validation ont été appliqués ?” » détaille David Decloux.

Ce positionnement semble apprécié des analystes. « Informatica reconnaît qu’une stratégie client 360 efficace permet à la fois d’unifier et de gouverner les données clients », déclare Kevin Petrie, vice-président de la recherche chez Eckerson Group. « Une plateforme de données clients qui intègre la qualité des données et la gestion de la relation client aide les entreprises à relever ce défi ».

Informatica suit la mouvance cloud, mais ne souhaite pas l’imposer

Or certains acteurs, dont Salesforce, proposent des solutions de référentiel client (aussi nommée Customer 360 chez Salesforce) dédiées à leurs écosystèmes applicatifs. « Historiquement, nous sommes agnostiques, experts du MDM et nous pensons que nous apportons une valeur ajoutée supplémentaire par rapport aux solutions de ces acteurs », défend Denis Herriau.

Par ailleurs, le dirigeant considère que « l’intégralité des données d’une entreprise n’est jamais centralisée en un point unique ». « Et donc nous avons justement vocation à délocaliser cette capacité pour mieux gérer le référentiel client en amont. La relation client n’est pas à 100 % au travers d’un outil, tel le CRM de Salesforce, tout comme les données RH ne sont pas toutes dans Workday », justifie-t-il.

Toutefois, Informatica reconnaît que son modèle de tarification n’était pas adapté au cloud. « Nous avons fortement diminué le nombre de métriques de comptabilisation », indique Denis Herriau. La facturation du MDM Customer 360 en mode SaaS est proportionnelle au nombre d’enregistrements de données. « L’enregistrement a un impact sur le coût du stockage, donc nous considérons ce mode de tarification logique. Dans ses versions antérieures, la facturation du référentiel client dépendait d’un nombre de métriques beaucoup plus important et peut-être plus complexe à qualifier pour nos clients ».

« Le fait d’avoir une offre cloud ne présage pas du tout l’arrêt des investissements consacrés aux offres existantes. »
Denis HerriauVP Europe du Sud, Informatica.

Et si le cloud s’impose dans la plupart des entreprises, l’éditeur assure ne pas abandonner ses utilisateurs sur site. « L’ensemble des discussions avec nos clients nous orientent en priorité vers la fourniture de services cloud, Customer 360 ne coupe pas à la règle », déclare le vice-président. « Nous avons une base de clients installés sur site très importante, très structurante, souvent sur des sujets critiques, généralement hautement réglementaires. Le fait d’avoir une offre cloud ne présage pas du tout l’arrêt des investissements consacrés aux offres existantes. Nous regarderons au cas par cas, les intérêts et les bénéfices de convertir/transformer des solutions sur site vers le cloud, mais il n’y a pas de date limite imposée : nous préservons les investissements de nos clients », tempère Denis Herriau. « D’ailleurs, ces offres sur site sont encore disponibles à la vente ».

En ce sens, Informatica France a récemment annoncé que l’INSERM utilisera certaines de ses solutions « 100 % on premise ».  

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