ERP cloud : Workday France réaffirme ses ambitions dans le Core Finance

S’imposer dans les outils de gestion financière est la grande priorité du spécialiste du HCM, Workday. L’évolution de la fonction financière lui offrirait – enfin – les conditions idéales pour réaliser cet objectif, selon un responsable français EMEA, Frédéric Portal.

Historiquement, Workday a attaqué le marché des l’ERP par l’angle du HCM/SIRH. Il en est devenu un acteur incontournable et en une décennie et demie, sa solution pure SaaS a séduit les grands groupes dans le monde et en Europe (Airbus, Sanofi, Air Liquide, Club Med, EasyJet, Eiffage, Nissan Motor, Euronext, Essilor, Foncia, ING, Engie, Natixis, etc.). Le deuxième étage de la fusée Workday – qui réalise en 2020 un CA de 4,3 milliards de dollars (+19 %) – a été le core Finance.

Mais dans ce domaine, le succès n’a pas été celui escompté. En 2018, Aneel Bhusri, le co-fondateur et responsable de la stratégie produit de Workday expliquait au MagIT que s’il pouvait revenir dans le passé, ce deuxième étage n’aurait pas été la finance, mais la planification dynamique. Ce constat a d’ailleurs poussé l’éditeur américain à racheter Adaptive Insights plus d’un milliard et demi de dollars pour renforcer sa solution maison (Workday Planning).

Les trois raisons du changement du marché du Core Finance

Avec la pandémie de 2020 et le contexte économique instable et imprévisible, ce deuxième pilier de Workday a rempli toutes les attentes, voire plus. Un des effets connexes a été de remettre le sujet du core Finance sur la table de ses clients.

« En 2008 [N.D.R. : lancement de Workday Finance], le marché et les DAF n’étaient pas encore matures pour le cloud », constate avec le recul Frédéric Portal, Solution Marketing Director EMEA Financials chez Workday, dans un échange avec LeMagIT. Mais aujourd’hui, la donne aurait changé.

Pour trois raisons principales.

« Il n’y a jamais eu autant de pression sur la fonction finance. »
Frédéric PortalWorkday

La première est l’évolution de la finance d’entreprise. « On en demande plus à la fonction finance. On ne lui demande plus simplement de faire des reportings ou de clôturer les bilans (ce qu’elle doit toujours faire). La finance doit en plus analyser des opportunités d’investissements stratégiques : est-ce que l’on rachète telle entreprise ou pas ? […] On lui demande toujours plus quant à la conformité et la compliance – comme avec les normes ESG [N.D.R. : ou RSE] où elle doit pouvoir remonter les données de différentes sources », illustre celui qui a passé 10 ans chez PeopleSoft aux États-Unis, avant de rejoindre Workday (dont un des co-fondateurs, David Duffield, est également celui de PeopleSoft).

« Il n’y a jamais eu autant de pression sur la fonction finance », conclut-il.

La seconde raison est l’évolution des solutions qui seraient désormais arrivées à maturité. « La technologie est disponible », assure Frédéric Portal en parlant de Workday Finance et de son modèle de données qui permet, à la volée et en quasi-temps réel, de personnaliser les vues sur les informations financières (pour les ventes, pour le DG, pour un audit, etc.).

Sur ce point, Frédéric Portal a une anecdote. Lors d’un audit externe, Workday EMEA a pu sortir les rapports et les informations demandés en quelques minutes. Une fois cet audit terminé, les auditeurs – interloqués par cette rapidité – ont demandé qu’on leur fasse une démo de l’outil.

« Les équipes finances sont de plus en plus jeunes. Les nouveaux DAF sont des digital natives. »
Frédéric PortalWorkday

Sur la maturité encore, Workday Finance – qui englobe Workday Planning – s’est aussi enrichie, avec par exemple la gestion des notes de frais ou les approvisionnements (procurement) avec le rachat de Scout RFP. La solution se classe aujourd’hui deuxième dans le Magic Quadrant de Gartner, se félicite Frédéric Portal.

La troisième raison est la levée des blocages des comptables et des financiers envers le cloud. « Les équipes finances sont de plus en plus jeunes. Les nouveaux DAF sont des digital natives », souligne celui qui a été diplômé en expertise comptable et en audit à l’aube de l’an 2000.

Et pour cette génération, le cloud est une chose aussi naturelle que d’avoir un smartphone. La consumérisation de l’IT jouerait donc à plein.

Le Core Finance : priorité de Workday France

Conséquence, Workday France réaffirme ses ambitions pour son core finance. « Nous sommes arrivés à la limite du modèle on-premise [dans la finance] », assure Frédéric Portal qui perçoit que le marché des entreprises de plus de 1000 personnes (cible de Workday Finance) est « proche du point d’inflexion ».

« Les DAF veulent renverser la table. Ils deviennent un partenaire de premier plan pour supporter les initiatives des métiers, aider les décisions stratégiques et être le copilote de la transformation ».
Frédéric PortalWorkday

La flexibilité – évoquée dans son anecdote – l’ergonomie, les mises à jour continues (qui permettent, entre autres de coller aux réglementations et aux évolutions fiscales), les bonnes pratiques intégrées, l’IA infusée (comme le rapprochement bancaire automatisé, une des applications parmi d’autres de l’IA, évoquées par Franck Cohen, conseiller spécial du président adjoint de Workday) sont autant d’atouts qui imposeraient, doucement, mais sûrement, le modèle cloud de Workday chez les financiers.

« La vague de la transformation digitale de la finance arrive [en France et en Europe], comme aux États-Unis », affirme Frédéric Portal en s’appuyant sur ses retours terrain. « Même des grands groupes que je ne voyais pas y aller aussi vite y vont maintenant », se réjouit-il. Par souci de discrétion, le responsable EMEA du Core Finance ne donnera pas de noms. Tout juste évoque-t-il de grandes organisations, privées, qui assurent des missions proches du service public.

Plus généralement, « les DAF veulent renverser la table », plaisante-t-il. « Ils deviennent un partenaire de premier plan pour supporter les initiatives des métiers, aider à la prise de décisions stratégiques et être le copilote de la transformation ».

Désormais, la gestion financière est en tout cas devenue la priorité interne en termes d’objectifs chez Workday France. Et si la majorité des entreprises qui choisissent cette solution sont déjà clientes du HCM et étendent l’empreinte de Workday dans leur SI (via ce que l’éditeur appelle « The Power of One »), certaines sont des « net news ».

Dit autrement, elles n’arrivent pas à Workday via les RH, mais par la comptabilité et la gestion financière. Tout vient à point à qui sait attendre, doit se dire aujourd’hui Aneel Bhusri.

Le cas Webedia

Le groupe de médias en ligne Webedia (750 g, AlloCiné, PureBreak, PurePeople, l’Académie du Goût, etc.) a fait le choix de Workday Finance (en plus du HCM). Franck Haible, responsable du projet chez Webedia justifie cette décision par la volonté d’unifier une foule d’outils épars, hérités des 32 sociétés qui constituent le groupe : Sage X3, Sage 100, Excel, etc.

L’option cloud – qui se traduit également par le choix de Salesforce comme CRM – semblait également une évidence pour sa capacité à « scaler ». Webedia est en effet passé de 500 personnes à plus de 1 300 aujourd’hui.

Workday, dixit Franck Haible, s’est imposée comme une évidence face à ses compétiteurs en short list (à commencer par SAP). Le groupe s’en dit aujourd’hui très satisfait, aussi bien pour l’ergonomie que pour les nouveaux usages financiers possibles qui se démocratisent petit à petit.

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