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VMware : Tesco veut que Broadcom lui rembourse ses frais de migration

Refusant de se plier aux nouveaux tarifs de Broadcom, la chaîne de supermarchés britannique Tesco a décidé de partir à la concurrence. Mais elle porte plainte contre l’éditeur, en argumentant qu’il lui a de fait imposé une migration très coûteuse.

Le bras de fer entre Broadcom et les clients lésés de VMware n’est pas fini. Au Royaume-Uni, la chaîne de supermarchés Tesco entend faire payer à l’éditeur le coût de sa migration vers un produit concurrent, arguant qu’il la lui a imposée en faisant exploser ses prix.

Tesco fait partie de ces innombrables clients de VMware qui refusent de payer les nouveaux tarifs qu’on leur impose depuis que la solution de virtualisation a été rachetée par Broadcom. L’entreprise avait donc décidé en 2025 de migrer l’ensemble de son parc de serveurs virtuels vers un autre hyperviseur d’ici à 2027. Mais non sans au passage manifester son mécontentement devant les tribunaux.

Sa plainte initiale, déposée en juillet 2025, expliquait en substance que Tesco avait signé en 2021 auprès de son revendeur Computacenter un contrat de licence VMware vendu par Dell pour un prix annuel fixe jusqu’en 2026, avec option de prolonger ce tarif jusqu’en 2030. Ce prix annuel correspondait à un échelonnement du prix d’achat de la solution, plus un accès à son support. Cependant, Broadcom aurait coupé l’accès de Tesco aux mises à jour et au support, au prétexte de ne les restaurer que lorsque l’entreprise se serait acquittée du nouveau tarif.  

Pour sa défense, Broadcom répond systématiquement qu’il ne peut honorer ces contrats, car les produits achetés avant qu’il ne reprenne VMware n’ont rapidement plus été disponibles ensuite.

Une discorde qui n’en finit pas

Rappelons qu’à la suite de la finalisation de son acquisition de VMware en novembre 2023, Broadcom a regroupé tous les logiciels VMware au sein de bundles, essentiellement la suite globale VMware Cloud Foundation (VCF), avec une tarification par abonnement pour l’ensemble. Plusieurs clients de VMware se sont dits pénalisés par ces changements : non seulement ils devaient payer pour des produits VMware qu’ils n’utiliseraient jamais, mais ils subissaient aussi une hausse importante de la facture, le prix de l’offre groupée étant dans la plupart des cas bien supérieur à ce qu’ils dépensaient auparavant.

Dans l’amendement que Tesco vient d’apporter à sa plainte, il souligne que, en plus de toutes ses misères, le fait d’avoir été contraint et forcé de travailler sur la migration de ses VM vers un autre hyperviseur a occasionné « des coûts importants et des perturbations critiques pour son activité ».

Selon Tesco, les coûts supplémentaires découlent du développement et de l’achat de fonctionnalités pour assurer une interopérabilité qui n’étaient disponibles que sur VMware. En particulier, Tesco a indiqué que les produits de sauvegarde Veeam et de sécurité des données Zerto qu’il utilise n’étaient interopérables avec aucune autre plateforme de virtualisation de serveurs. Tesco précise que ces produits de sauvegarde s’appuient souvent sur les interfaces de programmation d’applications (API) de VMware pour une intégration efficace avec l’hyperviseur.

Bien que les documents juridiques ne précisent pas quelle plateforme de virtualisation Tesco a choisie, il y est clairement dit que ce produit ne constitue pas un remplacement à l’identique et qu’il a fallu mettre en œuvre des mesures correctives pour le rendre opérationnel. Il demande a priori qu’on le dédommage de ces efforts.

Nutanix AHV est compatible avec Veeam, mais depuis moins longtemps

Selon les renseignements collectés par notre confrère ComputerWeekly, l’hyperviseur alternatif choisi par Tesco serait AHV de Nutanix. Interrogé sur l’avancement de la certification de produits tiers avec AHV, Rajiv Ramaswami, PDG de Nutanix, affirme que Veeam, Rubrik et d’autres fournisseurs de logiciels de sauvegarde sont tous bien certifiés pour fonctionner avec Nutanix : « nous travaillons avec eux depuis de nombreuses années, tout comme nous travaillons avec fournisseurs de firewalls, comme Palo Alto, Fortinet ou encore Checkpoint. Nous comptons probablement près de 1 500 appliances et autres produits certifiés à ce jour », insiste-t-il.

Rajiv Ramaswami a toutefois reconnu que, même si Veeam dispose depuis longtemps d’une intégration de base avec AHV, celle-ci a longtemps été en retard par rapport à son intégration avec VMware, qui était bien mieux établie. Mais il ajoute : « quand on discute avec Veeam aujourd’hui, la situation est très différente. Ils affirment que leur intégration avec Nutanix est désormais à égalité avec celle de VMware. »

Le dossier juridique de Tesco indique que l’entreprise s’attend à ce que les problèmes d’interopérabilité se résolvent à mesure que les éditeurs de logiciels renforcent le niveau d’intégration qu’ils proposent avec les plateformes autres que VMware. Mais il ajoute que des efforts ont dû être faits sans attendre.

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