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PaaS IA souveraine : Numspot étend son partenariat avec Mistral AI
La société lancée par la Banque des territoires, Bouygues Telecom, Dassault Système et Docaposte élargit son partenariat avec Mistral AI au-delà de la Caisse des Dépôts. Elle entend proposer une PaaS « managée de bout en bout » SecNumCloud reposant sur les modèles et les outils de la startup française à destination des acteurs publics et régulés. L’offre ferait déjà des émules au-delà de ce petit cercle.
Mistral AI multiplie les partenariats. Après Microsoft et Cloudera, c’est au tour de Numspot d’officialiser son accord « go-to market » avec la startup française.
Ce n’était pas un secret. Les deux partenaires travaillent depuis le début de l’année pour inclure la plateforme de Mistral AI dans le lot de services managés (bases de données, Kubernetes, etc.) qui seront qualifiés SecNumCloud d’ici à la fin de l’année ou au début de l’année 2027.
« Nous avons obtenu la qualification SecNumCloud pour notre couche d’orchestration IaaS en août », indique Alexis Gendronneau, directeur IA et Data chez Numspot.
« Nous avons déposé un dossier supplémentaire en début d’année pour qualifier notre PaaS, qui couvre un éventail de services managés, dont ceux liés à l’IA. Au cours de l’étape J2 du cycle de qualification, nous avons entamé l’audit de la plateforme Mistral au regard des exigences du référentiel SecNumCloud », précise-t-il.
Pour l’heure, « la démarche est en cours ». L’audit a débuté en juin 2026. Au même moment, Numspot avait mentionné des accords avec ThinkDeep et ABA Technology.
La Caisse des Dépôts, le client commun qui motive cet accord
La PaaS IA, proposée par Numspot, n’est donc nulle autre que celle de Mistral AI. Elle inclut les modèles d’IA propriétaires et open weight de la startup, Mistral Studio et Mistral Vibe (anciennement Le Chat).
Numspot se charge de gérer le déploiement des modèles, des outils et l’orchestration des instances GPU sous-jacentes. De fait, le fournisseur s’appuie sur les services du catalogue on-prem de Mistral AI. « Nous déployons, nous opérons et nous effectuons les mises à jour du système », insiste Alexis Gendronneau. Et d’ajouter que la gestion des sauvegardes, du monitoring, des droits, de la ségrégation des instances est assurée par Numspot.
Les discussions entre les deux partenaires ont débuté autour d’un client commun : la Caisse des dépôts et consignations.
« C’est un client moteur sur les sujets de souveraineté et d’innovation. Nous nous sommes rapprochés de Mistral pour traiter des problématiques techniques. Au fil des discussions, nous avons trouvé un terrain d’entente pour établir un partenariat », indique le directeur IA et Data de Numspot.
La Caisse des dépôts veut équiper 10 000 agents et cadres avec les outils de Mistral AI. En comptant la Banque des Territoires, Mistral AI doit y déployer 40 000 licences de Mistral Vibe et Mistral Studio.
Du côté de Numspot, plusieurs clients se sont manifestés pour essayer la PaaS IA. C’est le cas d’acteurs publics et d’entreprises régulées, mais également d’industriels et de spécialistes de la santé. Ceux-là ne sont pas forcément obliger d’adopter des environnements qualifiés SecNumCloud.
« Cela permet à nos clients d’exploiter l’IA dans des environnements isolés en toute sérénité, de se concentrer sur les cas d’usage métier », vante Alexis Gendronneau. Ici, il s’agit de déployer des assistants IA métier, des agents IA, des RAG, ainsi que des mécanismes de numérisation et de traitements de documents non structurés.
Le partenariat n’est pas exclusif, affirme le responsable en réponse à une question du MagIT. Mistral AI pourrait reproduire la même approche avec d’autres fournisseurs qualifiés SecNumCloud. « Ce n’est pas pertinent pour nous d’aller chercher une exclusivité », déclare-t-il. « Nous parions sur la performance de nos services, sur leur confort d’utilisation, sur leur capacité de réversibilité. [L’exclusivité] serait contraire à nos valeurs ».
Un partenariat qui repose sur l’infrastructure d’Outscale (pour le moment)
La plateforme de Mistral AI sera disponible sur deux régions cloud Outscale, puis plus tard chez au moins un autre fournisseur. Alexis Gendronneau n’a pas souhaité révéler le nom de cet acteur.
Actuellement, Outscale et Cloud Temple sont les seuls à héberger des LLM de Mistral (sous licence open source ou propriétaire permissive) dans des environnements estampillés SecNumCloud.
« Nous voulons fournir une PaaS portable, complètement interopérable, quel que soit le fournisseur d’infrastructure », répète l’interlocuteur du MagIT. « Cela s’applique évidemment à la pile technologique de Mistral AI ».
Mais le nerf de la guerre demeure l’accès aux puces capables d’exécuter les modèles et les agents IA.
Chez Outscale, Numspot peut accéder à des instances équipées de GPU Nvidia H200 (HGX), H100 et L40. « Nous sommes en train de sécuriser un accès aux GPU B300, qui sont de plus en plus répandus chez les fournisseurs français et européens », assure Alexis Gendronneau. Ces GPU plus récents sont recommandés pour héberger les grands modèles de langage de dernière génération.
Par ailleurs, le responsable note que les clients peuvent déjà interconnecter leur SI avec les environnements de Numspot de manière sécurisée.
Quant au partenariat entre Mistral AI et Cloudera, Alexis Gendronneau assure que Numspot « le voit plutôt d’un bon œil. Le fait que de grands acteurs travaillent de concert à fournir de l’isolation, des environnements dédiés et performants permettent aux clients finaux d’en sortir gagnants. Nous poursuivons le même objectif ».
Pour l’instant, Numspot ne prend pas en charge Mistral Forge, qui n’est pas inclus dans le portfolio on-premise de Mistral. Le service d’entraînement de LLM réclame idéalement des clusters de plusieurs centaines de GPU, sinon plus. En revanche, cette Forge va servir les besoins de TotalEnergies. Ce 15 septembre, l’énergéticien a annoncé qu’il entraînera des modèles d’IA spécifiques à l’exploration pétrolière et à l’ingénierie des réservoirs. Jusqu'alors, Total a misé sur le fine-tuning.
