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UEM : Ivanti consolide encore le marché en rachetant RES Software

Les complémentarités géographiques des éditeurs peinent à cacher les redondances technologiques. Au point de laisser entrevoir une opération surtout motivée par des objectifs commerciaux. Une étape de plus dans la consolidation d’un marché déjà resserré.

Ivanti vient d’annoncer le rachat de RES Software, spécialiste de la gestion de l’environnement de travail de l’utilisateur final. Dans un communiqué de presse, Steve Daly, patron d’Ivanti, se dit « impatient d’aider les clients et partenaires de RES à tirer davantage de leurs investissements technologies dans la plateforme Ivanti ».

L’éditeur présente notamment l’opération sous l’angle de la complémentarité géographique : « très présent en Europe et particulièrement au Benelux, RES Software vient enrichir la base de clients d’Ivanti et soutient sa croissance internationale ». L’éditeur a ainsi été par le passé retenu par Air France, Domial, Prosol Gestion, le groupe Chèque Déjeuner, Europe Airpost, l’Etablissement Public de Santé Mentale, ou encore Orange.  

Bob Jansen, fondateur de RES ne dit pas autre chose : « nous sommes ravis de partager notre expérience avec un public international plus large ».

Ivanti assure aussi que RES doit lui permettre « d’étendre ses fonctions d’automatisation existantes à un plus large pool d’applications, de plateformes et de bases de données ». Mais la complémentarité technologique n’apparaît pas si évidente.

Récemment, Al Monserrat, qui a pris la direction de RES Software en 2015, après plus de douze ans chez Citrix, reconnaissait que son approche pouvait rappeler celle d’Ivanti et, avant encore, celle de LANDesk avec le rachat d’AppSense, notamment.

Dans un entretien avec la rédaction, Al Monserrat expliquait ainsi que RES Software était « devenu très comparable à un éditeur comme Ivanti, qui dispose de fonctionnalités étendues autour de la sécurité et des composants de l’environnement de travail de l’utilisateur final, que l’on parle de terminaux physiques, virtuels ou encore de SaaS ». Il tenait toutefois à se démarquer : « la première de nos différences avec Ivanti est que nous avons tout développé en interne. Et comme vous le savez, il est toujours très difficile d’intégrer ensemble des éléments obtenus à l’occasion du rachat d’autres entreprises, avec des historiques différents dans le développement de leurs produits ». Et ce défi de l’intégration, Al Montserrat estimait alors qu’Ivanti le connaissait également : « le risque est toujours de finir avec une suite de produits qui ne sont pas bien intégrés, qui présentent des interfaces différentes, sans compter une base de code différente ». Et de revendiquer alors de disposer au contraire « d’une plateforme ».

Le communiqué d’Ivanti ne précise pas quel avenir est offert à Al Monserrat. Ce dernier ne s’y exprime d’ailleurs pas. Mais on peut imaginer la pilule difficile à avaler pour celui qui publiait un billet de blog intitulé « au revoir AppSense, pour de bon cette fois-ci », en mai 2016. Mais au besoin, gageons qu’il trouvera à rebondir : en début d’année, il a été nommé au conseil d’administration de la Seacoast National Bank et siège déjà à celui d’Auxis depuis le printemps 2016.

En fait, l’opération, dont le montant n’a pas été précisé, ressemble plus à un effort de consolidation commerciale du marché qu’à une démarche industrielle centrée sur la complémentarité technologique.

Les redondances seront en effet difficiles à cacher, alors même qu’elles existaient déjà entre l’offre de Heat Software et celle de LANDesk, à partir desquels Clearlake Capital a assemblé Ivanti.

Mais voilà, le marché de la gestion de l’environnement utilisateur (UEM), très en vogue en 2010, s’est restreint. Déjà, en 2011, Harry Labana, alors vice-président et directeur technique d’AppSense, estimait que l’UEM « en tant que tel, est devenue une commodité, sans valeur ajoutée significative ». Les rachats successifs réalisés par VMware et Citrix dans ce domaine n’y sont pas pour rien. RES Software n’a d’ailleurs pas manqué de se trouver contraint d’élargir son offre en 2015.

Liquidware Labs (qui vient tout juste d’abandonner le « labs » de son nom), dernier acteur historique de l’UEM indépendant, en a fait autant, supportant les environnements DaaS comme celui d’Amazon, mais ajoutant surtout la stratification applicative, le fameux layering, avec FlexApp. Mais depuis le rachat d’Unidesk par Citrix, il se trouve là aussi bien seul. De quoi s’interroger sur ses capacités à rester encore indépendant. 

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