Après AWS, Workday expérimente Microsoft Azure et Google Cloud

Pour des raisons économiques et de réglementations locales, l'éditeur cloud de SIRH et d'outil de gestion financière s'est ouvert à une infrastructure tierce. Il travaille déjà sur d'autres options, en partie pour les clients concurrents d'Amazon.

Vienne - La collaboration avait été annoncée il y a plus d'un an. Elle s'est concrétisée officiellement cette semaine, au Workday Rising Europe, avec la confirmation des premiers clients de l'éditeur d'ERP sur une infrastructure AWS.

« C'est une étape importante », souligne Workday qui hébergeait jusqu'ici lui-même son SaaS.

La raison de ce choix d'ouvrir sa plateforme logicielle à une autre infrastructure avec AWS est double.

Plus simple que de construire un centre de données

Tout d'abord elle tient à une raison économique liée à la croissance de l'éditeur. Il est moins cher et plus rapide de déployer Workday sur AWS que de construire de nouveaux datacenters, explique au MagIT David Clarke, Senior Vice President, Technology Development. En ce sens, Workday fait le même choix qu'Infor, que Salesforce ou que GE Digitals pour Predix.

La deuxième raison tient aux exigences de certains clients qui sont soumis à des législations locales contraignantes sur le lieu de stockage physique des données.

La première raison explique que Workday soit désormais disponible sur AWS au Canada. La deuxième que Workday soit disponible l'année prochaine sur AWS en Allemagne.

Une troisième raison explique les quelques clients américains de Workday sur AWS aux Etats-Unis. Pour ces clients qui ont la particularité d'utiliser d'autres services d'AWS, mettre sur la même infrastructure leurs workloads maison et leur Workday (latence, unification et simplification de l'architecture dans un monde multicloud, etc.) fait sens.

Des projets avec d'autres, mais pas de cloud privé

Même s'il est à présent possible d'imaginer l'ERP Cloud dans d'autres zones AWS (dans sa nouvelle zone France par exemple), le projet ne serait pas à l'ordre du jour.

« Nous expérimentons avec Google et Microsoft Azure [...] Nous avons des prototypes en cours, mais c'est toujours un défi de passer en production »
David Clarke, SVP Technology Development, Workday

En revanche, Workday a bien des projets avec d'autres géants du cloud public. Devant la presse européenne, le PDG et co-fondateur de l'éditeur, Aneel Bhusri, avait répondu à la question d'un accord avec Google en ces termes : « nous ne sommes pas sur Google Cloud pour l'instant ».

La partie la plus importante de sa réponse étant au final le « le pour l'instant » (en vo « we are not running on Google, at this point »). Le lendemain, ses proches collaborateurs allaient le confirmer.

« Nous expérimentons avec Google et Azure [...] Nous avons des prototypes en cours mais c'est un défi de passer en production », révèle David Clarke dans un échange avec LeMagIT, avec l'approbation de son CTO, Joe Korngiebel, qui confirme. « Il y a beaucoup de choses qui sont similaires [entre les différentes infrastructures cloud], mais il y a aussi beaucoup de détails qui font que ce n'est pas si simple. Donc ce n'est pas pour tout de suite », conclut le SVP Technology Development.

Le poids du secteur de la distribution dans la décision

Le fait que certains gros clients et prospects de Workday - notamment les distributeurs - soient concurrents d'Amazon (la maison mère d'AWS) explique qu'ils se détournent de plus en plus du IaaS et du PaaS d'AWS. Target, Best Buy et Home Depot ont choisi Google Cloud, tandis que Wallmart et Gap sont allés sur Microsoft Azure - pour ne citer que des noms dévoilés cette année.

Ce point, de plus en plus visible, ne serait pas étranger à cette diversification à venir des partenariats de Workday.

Dans sa stratégie long terme, l'éditeur se concentre en revanche exclusivement sur les infrastructures publiques - celles qui permettent une présence planétaire. Workday nous a en effet confirmé qu'il n'envisageait pas l'option d'un déploiement en cloud privé avec des partenaires comme OBS ou T-Systems.

Les accords des acteurs du SaaS avec les géants du IaaS

Salesforce préfère officiellement AWS aux autres mais assez vite Google est aussi devenu le nouvel ami de Salesforce dans l’infrastructure.

Google et SAP ont signé un accord de coopération mais dans le même temps, étant toujours proches, SAP et Microsoft ont renforcé leur collaboration dans l'ERP et le cloud. SAP est également disponible sur AWS.

Toujours dans le IaaS : Cegid a renouvellé son accord avec IBM (et avec Microsoft Azure). L'éditeur français pense aussi à Google Cloud - mais au regard de son histoire dans la grande distribution, Cegid n'envisage pas AWS.

Certains ont fait le choix de l'indépendance technique totale vis à vis du IaaS comme Talentsoft qui s’appuie sur Terraform pour déployer son offre SaaS sur de multiples infrastructures.

Enfin, choix stratégique inverse, Dropbox a migré plus de 500 Po de données depuis Amazon S3 et poursuit sa croissance avec ses propres datacenters.

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