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Slack parie sur sa nouvelle messagerie inter-entreprise pour relancer sa croissance

Les résultats de Slack, bien que bons, ont déçu les analystes. L’éditeur spécialiste de la collaboration d’équipe fonde à présent de grands espoirs sur son nouveau produit, Connect, pour rebondir. Mais la concurrence de Teams s’annonce plus dure que jamais.

Les dirigeants de Slack fondent de grands espoirs sur leur nouveau produit, baptisé Slack Connect, pour relancer la croissance de leur société.

Les performances de Slack ne sont pas mauvaises. Loin de là. L’éditeur a réalisé un chiffre d’affaires de 216 millions $ sur le deuxième trimestre, en croissance de 49 % par rapport au même trimestre de l’année précédente. Mais les analystes financiers avaient été habitués à plus de la part de Slack et du marché de la collaboration en général. Les facturations de Slack sont également en dessous des attentes. Résultat, l’action a dévissé (-16 %) cette semaine.

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Slack espère donc relancer sa croissance dans les mois à venir. Pour y parvenir, il met en avant Connect, que le PDG Stewart Butterfield voit comme « un nouveau chemin » vers les prospects. D’après lui, la contribution du produit sera visible dès la fin de l’année sur ses revenus.

Lancé en juin, Slack Connect permet à une vingtaine d’organisations différentes de partager un même canal de messagerie dans Slack. La fonction interorganisationnelle est présentée comme une alternative au mail traditionnel.

Les analystes IT optimistes

À l’inverse de leurs homologues financiers ; les analystes IT sont optimistes et perçoivent plutôt positivement le produit et la stratégie. Même si tout ne sera pas simple.

« Slack Connect a le potentiel pour stimuler la croissance de la plate-forme. Il apportera à ses clients une fonction de collaboration multientreprises bienvenue », avance Irwin Lazar, de Nemertes Research.

Prezly, un éditeur de logiciels de gestion des campagnes marketing, utilise Connect pour collaborer avec des partenaires. Dans un premier temps, la société avait choisi Slack pour une autre raison : sa capacité à s’intégrer avec d’autres applications utilisées par les employés en interne, explique Kate Bystrova, responsable du marketing de Prezly.

« Slack est très performant en matière d’intégration, c’est pourquoi nous sommes passés à cette solution il y a plusieurs années », justifie-t-elle. Connect a permis à Slack d’augmenter son empreinte chez ce compte, et de mettre un pied chez les partenaires de celui-ci.

Slack espère qu’il aura beaucoup d’autres histoires comme celle de Prezly à raconter. Mais l’éditeur fait aujourd’hui face à un concurrent redoutable, à la force de vente particulièrement vive : Microsoft.

« Best of Breed » vs Suite de collaboration intégrée

Slack est un pur spécialiste des solutions dites de « collaboration d’équipe ». Il se positionne comme une brique à interfacer avec d’autres (Zoom, Trello, etc.), à l’inverse des suites complètes de communication comme Google (G Suite) ou donc Microsoft Teams, resitue Dave Michels, analyste principal chez TalkingPointz.

« De nombreux prospects n’évaluent même pas Slack pour cette raison, ils estiment qu’une suite intégrée est beaucoup plus simple », continue-t-il.

Historiquement, Teams est un projet lancé par Microsoft pour réagir à la montée en puissance de Slack. Il lui a par la suite ajouté le successeur de Skype for Business/Lync dans sa volonté de pousser ses clients vers le cloud, et en a fait un outil de communication unifiée de bout en bout.

Malgré des intégrations moins nombreuses avec les applications tierces et des possibilités de chiffrement inférieures, Teams s’impose grâce à cette dimension « bout en bout ». Et aussi, en partie, parce qu’il est proposé gratuitement dans l’offre plus large d’Office 365.

Slack a d’ailleurs déposé une plainte en juillet auprès du service antitrust de l’Union européenne dans laquelle il accuse Microsoft de tirer parti de sa position dominante dans les entreprises avec Office 365 pour imposer Teams à son détriment et demande à ce que son concurrent devienne un produit indépendant de cette suite.

En attendant, Teams s’enrichit doucement, mais sûrement, que ce soit dans la messagerie ou dans la visioconférence. Le défi s’annonce particulièrement relevé pour Slack.

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