Tixeo va au-delà de la visio

L’éditeur certifié par l’ANSSI, spécialiste de la visioconférence sécurisée, fait une première incursion dans le reste du collaboratif avec la sortie de deux outils : une messagerie instantanée et un espace de partage de documents.

La version 18 de Tixeo arrive. Une version qui sera majeure pour l’éditeur montpelliérain puisqu’elle élargit son périmètre avec une messagerie instantanée (IM) et un module de partage de documents.

Le tout constitue un espace de travail unifié et centralisé, alias des « Workspaces ».

E2EE par nature

Tixeo proposait déjà un environnement qui permet de visualiser les membres d’une équipe et de lancer des visioconférences. L’IM et le partage de fichiers le complètent, avec un chiffrement de bout en bout (E2EE) activé par défaut, comme dans sa visio.

Cette sécurité, tacle l’éditeur, ne serait pas assurée par la plupart des solutions du marché qui introduiraient, à un moment ou à un autre, une rupture de chiffrement.

« Nous avons immédiatement appliqué notre chiffrement de bout en bout propriétaire à l’ensemble du périmètre des Workspaces », confirme Renaud Ghia, président et co-fondateur de Tixeo au MagIT. « La protection technique est donc déjà opérationnelle pour nos clients. »

Des technologies maison

Beaucoup de solutions qui se positionnent en alternative (globale ou partielle) à Microsoft 365 s’appuient sur l’open source, en particulier sur NextCloud et sur OnlyOffice. Ce n’est pas le cas de Tixeo.

« Nous avons fait le choix stratégique de ne pas nous appuyer sur ces briques tierces. […] C’est un parti pris stratégique et historique depuis plus de 20 ans », explique Renaud Ghia. « Cette approche […] nous permet de maîtriser chaque ligne de code et d’assurer un chiffrement de bout en bout réel, sans aucune rupture ni dépendance technologique extérieure. »

Pour le président de Tixeo, cette indépendance est d’ailleurs une condition sine qua non de la véritable souveraineté IT.

Capture d'écran de la V18 de Tixeo
La v18 de Tixeo

Une IA souveraine en local

Autre grande nouveauté, la V18 introduit des fonctions d’intelligence artificielle pour la transcription, la traduction et la synthèse des réunions. Là encore, ces traitements sont réalisés sans rompre le chiffrement, y compris pendant les phases de calcul.

L’éditeur s’appuie sur des modèles de Mistral, déployés en local (en on-prem, ou en cloud privé), sans exposition à des services tiers.

L’IA reste compatible avec le chiffrement E2EE natif de la plateforme. Quant aux requêtes et aux données, elles ne seraient ni réutilisées ni mémorisées.

La demande de communication asynchrone des clients les plus critiques

Certifiée CSPN par l’ANSSI depuis 2017, la technologie de Tixeo cible en priorité des environnements sensibles, comme la défense, l’industrie ou la justice.

Les deux nouveaux outils ne sont pas encore certifiés. Mais la messagerie et le partage de fichiers seront intégrés au périmètre de ses prochaines certifications CSPN, assure Renaud Ghia.

« Ne pas nous appuyer sur des briques tierces permet de maîtriser chaque ligne de code et d’assurer un chiffrement de bout en bout réel. »
Renaud GhiaPrésident et cofondateur de Tixeo

L’introduction des Workspaces répondrait en tout cas à « une attente forte de nos clients les plus stratégiques » pour de la communication asynchrone, en plus de la visio. « Nous ne sommes pas de simples fournisseurs, mais des partenaires qui co-construisent des solutions adaptées aux contraintes du terrain », resitue Renaud Ghia.

Ce serait donc parce qu’il écoute ses clients que l’éditeur abandonne aujourd’hui son statut de « pure-player » de la visioconférence pour celui de « plateforme collaborative » (sans les outils d’éditions de fichier cependant).

Le marché demande un guichet unique

Dans ce cadre « souverain » et sensible, Tixeo avait passé un partenariat en 2022 avec Oodrive (stockage et édition de fichier) et Olvid (IM) pour proposer une suite complète assez similaire à ce qu’il annonce aujourd’hui.

« Le consortium a été une étape fondatrice. Il a rempli sa mission en prouvant qu’une interopérabilité entre experts français était une alternative viable aux GAFAM » vante Renaud Ghia avec le recul. Mais « depuis, le marché et les cybermenaces ont évolué. Nos clients avaient besoin de s’appuyer sur un interlocuteur unique et d’une solution unifiée », nuance-t-il.

Plusieurs facteurs jouent, sur le papier, en faveur de ce type de solutions souveraines, souvent complémentaires des grandes suites bureautiques comme Microsoft 365 et Google Workspace, pour assurer une forme d’indépendance technologique des entreprises.

En parallèle de cette annonce de Tixeo, l’association – qui milite pour faire reconnaître des outils sécurisés souverains Hexatrust – a publié un livre blanc présentant une vingtaine d’acteurs locaux pour tenter de concrétiser cette prise de conscience (cf. encadré). Mais le pari n’est pas gagné d’avance. L’empreinte des géants de l’IT est historique. Et la réalité montre que les habitudes des acheteurs et des utilisateurs ne se changent pas facilement.

Les deux initiatives – nouvelles fonctionnalités et livre blanc – ont été annoncées en amont du Forum InCyber (FIC) de Lille.

Les acteurs du collaboratif d’Hexatrust

L’association Hexatrust met en avant 18 éditeurs français pour tordre le cou à « l’idée reçue » (sic) selon laquelle il n’y aurait pas d’alternatives européennes ou qu’elles ne seraient pas assez performantes.

Ces acteurs sont BlueMind, Datasure, Docaposte, Jalios, Jamespot, Leviia, Mailo, NetExplorer, Pexip, Private Discuss, Parsec, Sharekey, Talkspirit, Wimi et Yousign. Et donc Olvid, Oodrive, et Tixeo.

Pour approfondir sur Outils collaboratifs (messagerie, visio, communication unifiée)