Avec Swarm Appliance, DataCore transforme les vieux serveurs en stockage

L’enjeu de cette nouvelle version au format container est de pouvoir très facilement cumuler les capacités de stockage des équipements recyclés pour y entreposer les documents froids. L’éditeur parle d’aubaine dans un contexte où les prix du stockage neuf explosent.

L’éditeur DataCore passe sa solution de stockage objet Swarm au format container. Baptisée Swarm Appliance, cette version a le mérite d’être installable très rapidement sur n’importe quel matériel. Pour l’éditeur, il s’agit de proposer aux entreprises de toutes tailles, des petites PME aux grands comptes, un système qui conserve de gros volumes de documents sur le long terme dans un double contexte de cyberattaques et de pénurie de SSD.

« Concernant la pénurie de SSD, la situation est la suivante : des entreprises ont de vieux serveurs de telle ou telle marque dont les emplacements sont remplis des disques de 300 Go qui sont saturés. Le seul choix qu’on leur propose est de racheter des serveurs équipés de SSD de plusieurs To pour un prix actuellement prohibitif », lance Saïd Boukhizou, le directeur Produits de DataCore pour l’Europe du Sud (à droite sur la photo en haut de cet article), lors d’un point presse concernant la stratégie de l’éditeur.

« Swarm, contrairement aux autres solutions de stockage, supporte de reposer sur des disques aux capacités hétérogènes. Cela signifie que vous pouvez acheter quelques SSD de 2 To d’occasion dont vous avez besoin, les mettre dans vos serveurs existants en remplacement de quelques disques durs. Et voilà. Vous avez augmenté votre capacité », argumente-t-il.

Il rappelle que, effectivement, pour au moins assurer leurs fonctions de redondance des données, l’essentiel des serveurs de fichiers et la plupart des baies de stockage objet exigent de peupler les machines d’exactement les mêmes disques. Ce qui pose un problème quand ces disques sont des SSD neufs dont les prix explosent depuis la fin de l’année dernière et qu’il faut en mettre 12 ou 24 d’un coup.

Swarm n’utilise pas les systèmes RAID matériels pour assurer la redondance des données. Il repose sur ses propres routines d’Erasure coding pour faire en sorte que les données soient toujours présentes, même quand un disque tombe en panne.

« Dans les entreprises de plus grande taille, le problème actuel est que le fournisseur historique impose souvent des délais trop longs pour livrer une extension de son cluster de stockage. Avec Swarm, vous pouvez de la même manière étendre votre cluster, disons de marque Dell, avec des nœuds de stockage de, disons, Lenovo ou Supermicro. Vous pouvez tout mélanger sans aucune contrainte », ajoute Saïd Boukhizou.

Une version container pour des déploiements en quelques secondes

Le problème jusqu’à présent était que ce remplacement imposait de remplacer tous les systèmes existants sur les matériels de stockage par Swarm, ce qui était très compliqué à faire, techniquement comme contractuellement. La nouvelle version Swarm Appliance contourne le problème, car il suffit d’installer le container sur le système existant, sans rien y changer. Comme on y installerait une application.

« La version container a aussi le mérite d’être très élastique. Si à un moment donné votre stockage est rempli, vous pouvez allumer en quelques secondes une instance de Swarm sur un autre serveur pour ajouter sa capacité à votre cluster de stockage. En version machine virtuelle, cela vous prendrait 3 à 5 minutes. En version matérielle, il faudrait compter entre 8 et 15 minutes », dit Saïd Boukhizou, en rappelant que, jusque-là, Swarm était essentiellement vendu par DataCore avec des serveurs physiques sur lesquels il était préinstallé.

Un avantage des systèmes de stockage objet est aussi que leur extension est très simple : leur protocole S3 nécessite juste que les différents nœuds du cluster puissent se parler en HTTP. C’est-à-dire que ces nœuds n’ont même pas besoin d’être physiquement installés au même endroit, sur le même réseau. Ils peuvent très bien communiquer par Internet. DataCore explique qu’il devient alors très simple de déployer un container Swarm Appliance chez n’importe quel hébergeur de serveurs en ligne pour étendre la capacité d’un stockage local.

L’éditeur met notamment en avant l’existence d’un hébergeur à Valence qui a lui-même déployé Swarm et peut directement vendre de la capacité de stockage additionnelle sans même que l’entreprise cliente ait à y installer une instance du système de DataCore au format container.

Un autre scénario d’usage est le fait de déployer un cluster de stockage logique dont chaque nœud est physiquement installé dans une succursale différente. Chaque bureau de l’entreprise a accès aux documents stockés sur le cluster, quel que soit l’emplacement géographique des uns et des autres. Et cela devient d’autant plus facile à faire pour les personnels non techniques des succursales que, en version container, Swarm s’installe en une seule ligne de commande, qu’il suffit de copier/coller.

Une solution plutôt destinée aux sauvegardes

Le second avantage des systèmes objet est l’immuabilité. Il est très simple de définir une date jusqu’à laquelle des données ne pourront pas être modifiées, ni par les utilisateurs légitimes ni par un ransomware qui aurait acquis des droits d’accès pour chiffrer les contenus d’une entreprise.

Mais même si Swarm peut se présenter sur le réseau comme un système de fichiers ordinaire, l’immuabilité et sa nature de stockage objet sont plus adaptées aux applications de sauvegarde ou à celles, documentaires, qui ont la capacité d’exporter leurs documents vers un bucket S3 accessible par une URL. Swarm, même en version appliance, reste donc principalement un système de stockage secondaire, pour des documents froids.  

« Très clairement, nous visons avec ce produit des entreprises qui ont l’obligation de conserver des données pendant des années, à l’abri des chiffrements par ransomware et malgré la difficulté actuelle de trouver de la capacité de stockage sur le marché », confirme Delphine Ducastel Boulon (à gauche sur la photo en haut de cet article), qui dirige DataCore dans la région Europe du Sud.

D’autres évolutions à attendre dans le catalogue de DataCore

Spécialisé dans les systèmes de stockage, DataCore est surtout connu pour racheter à tour de bras des solutions tierces qui doivent lui permettre d’imposer sa marque sur des marchés de niches.

Outre Swarm qu’il a récupéré de l’éditeur Caringo en 2021, à une époque où le stockage objet servait juste des besoins documentaires et pas encore aux sauvegardes, citons le SDS d’appoint StarWind et le système de fichier élastique qui s’appelle tantôt Nexus dans les supercalculateurs, tantôt Pixit dans les studios vidéo (anciennement Ngenea et Pixtsor), rachetés en 2025, ou encore le système de stockage pour Kubernetes Puls8 (anciennement Bolt) qu’il avait racheté à MayaData en 2021.

Toutes ces solutions devraient à leur tour connaître une évolution dans les semaines à venir.

Selon Saïd Boukhizou, DataCore vend le SDS StarWind aux PME et succursales qui ne peuvent plus s’offrir les logiciels de VMware, qui migrent vers une solution de virtualisation alternative comme Proxmox ou Hyper-V et qui cherchent à présent un équivalent au système de stockage vSAN de VMware.

L’éditeur indique connaître plus particulièrement du succès sur le secteur des chaînes de grande distribution en Europe. Elles équiperaient leurs hypermarchés de deux ou trois serveurs vendus avec StarWind préinstallé pour stocker les données locales des applications de stocks et des caisses enregistreuses virtualisées sur Hyper-V.

La prochaine évolution de StarWind serait une console qui permettra au siège d’une entreprise de centraliser l’administration de toutes les instances déployées sur ses différents sites. Une fonctionnalité qui lui fait cruellement défaut actuellement et qui ne prendra pas nécessairement la forme d’une application en SaaS, car les clients de DataCore rechigneraient à passer par un cloud public.

Précisons que StarWind est présenté par DataCore comme un équivalent minimaliste de SANSymphony, son SDS historique. En particulier, il manque à StarWind la plupart des fonctions de haut niveau de son grand frère, par exemple les sauvegardes automatiques.

De leur côté, Nexus et Pixit vont désormais être étendus avec un logiciel qui comprend les contenus qu’ils stockent et qui se sert de cette compréhension pour les étiqueter avec des métadonnées utiles aux moteurs de recherche sémantiques. Par exemple, il sera possible de retrouver tous les extraits montrant un certain acteur parmi l’ensemble des vidéos stockées sur le cluster de disques. A priori, cette extension fonctionnelle devrait permettre à DataCore de mieux vendre Nexus ou Pixit dans les projets d’IA, où il est essentiel de bien décrire les contenus afin qu’ils soient pris en compte par un LLM.

Enfin, Puls8 devrait cette année se rapprocher de SANSymphony, car les deux produits sont vendus aux mêmes clients pour transformer des serveurs remplis de disques en baie de stockage en mode bloc ou fichier, l’un pour des containers, l’autre pour des machines virtuelles. On ne sait pas encore exactement à quoi correspondra ce rapprochement, mais il est probable que la même baie virtuelle soit utilisable en même temps par Kubernetes et un hyperviseur et que l’administration des deux systèmes de stockage se fasse depuis une console unique.

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