Ascannio - stock.adobe.com
OpenAI lève finalement 122 milliards de dollars
La société dirigée par Sam Altman complète sa levée de fonds record. La somme financera avant tout sa course sans fin en matière d’infrastructure IA. Malgré tout, les ombres au tableau ne disparaissent pas.
En février 2026, OpenAI avait annoncé une levée de fonds de 110 milliards de dollars. L’entreprise estimait alors sa valorisation à 730 milliards de dollars.
Pour autant, elle n’avait pas fermé la porte aux investisseurs. C’est désormais chose faite. OpenAI récolte finalement 122 milliards de dollars pour une valorisation « post money » de 852 milliards de dollars.
Pour 12 milliards de plus
En sus des trois investisseurs principaux/partenaires – Amazon, Nvidia et Softbank – la société évoque succinctement la présence de Microsoft à ce tour de table. Mais la collecte est menée par Softbank, a16z (Andreessen Horowitz), D.E Shaw Ventures, le fonds Emirati MGX, TPG, ainsi que d’autres comptes conseillés par T.Rowe Price Associates.
Non loin de là, BlackRock, Coatue, Dragoneer ou encore Sequia Capital sont quelques-uns de la vingtaine de participants « institutionnels ». Ce sont principalement à ceux-là qu’est imputée la hausse de capital levé de 110 à 122 milliards de dollars.
Trois milliards de dollars sont tout de même attribuables à des investisseurs individuels. « Nous annonçons également qu’OpenAI sera intégré à plusieurs fonds négociés en bourse gérés par ARK Invest », précise OpenAI.
La société a par ailleurs étendu sa ligne de crédit auprès de JPMorgan Chase, Citi, Morgan Stanley, Wells Fargo, Mizuho, Royal Bank of Canada, SBMC, UBS, HSBC et Santander. Elle atteint environ 4,7 milliards de dollars.
Et de revendiquer une croissance record. La société dirigée par Sam Altman se présente comme l’éditeur ayant réuni le plus rapidement 10 millions, puis 100 millions d’utilisateurs par semaine, et « bientôt 1 milliard d’usagers ».
Rééquilibrer les activités grand public et entreprise
Alors qu’elle réalisait 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires par trimestre à la fin de l’année 2024, OpenAI engrangerait 2 milliards de dollars de revenu par mois. Si elle maintient cette allure, OpenAI pourrait dépasser le chiffre d’affaires de Salesforce lors de l’année fiscale 2021 (21,25 milliards de dollars).
En effet, la société dirigée par Sam Altman projette de générer 4 milliards de chiffre d’affaires annuel de plus que prévu en février, soit 24 milliards de dollars.
« Nos revenus croît quatre fois plus rapidement que ceux des entreprises qui ont défini l’Internet et l’ère du mobile, dont Alphabet et Meta », vante OpenAI.
Alors que la généralisation de l’IA perturbe leurs modèles économiques, la société compte emprunter en partie l’approche principale de ces géants. Le pilote consistant à injecter de la publicité dans ChatGPT « tourne » depuis six semaines. Les attentes sont fortes : il promet de générer 100 millions de dollars de revenus récurrents annuels.
Si l’activité « consommateur » demeure la plus importante, 40 % des recettes de l’entreprise sont maintenant issues des relations avec les entreprises. La « parité » entre les deux activités devrait être atteinte à la fin de l’année 2026. Codex, l’IDE agentique concurrent de Claude Code serait utilisé par deux millions d’utilisateurs, tandis que les API traiteraient plus de 15 milliards de tokens par minute.
Infrastructure : un appétit sans fin (ou presque)
En matière d’infrastructure, le fournisseur de LLM mise sur la diversification. Pour servir ces besoins d’entraînement et d’inférence, OpenAI a complété son partenariat avec Microsoft, avec AWS, Oracle, CoreWeave et Google Cloud. La société dit utiliser majoritairement les puces de Nvidia, mais il adopte celle de Cerebras, d’AWS (Trainium), d’AMD, tandis qu’il prépare la conception de ses propres puces avec Broadcom.
S’il a réduit ses engagements avec Crusoe et Oracle concernant le supercalculateur installé à Abilene au Texas, le fournisseur de LLM poursuit les développements de ses data centers avec SBE et Softbank.
Cela reste le principal centre d’investissement des fournisseurs cloud et de LLM. Cette semaine, Mistral AI a annoncé l’ouverture d’une ligne de crédits auprès de plusieurs banques à hauteur de 830 millions de dollars pour financer plus de 13 000 GPU Nvidia, l’équivalent de 44 MW de puissance électrique. Ils seront installés dans le data center d’Eclairion à Bruyères-le-Châtel.
Ces financements ne sont pas sans conséquence. Oracle serait en train d’effectuer de grosses coupes d’effectifs (des milliers de personnes seraient concernés, mais Oracle aurait refusé de commenter), selon Business Insider, CNBC, la BBC et plusieurs témoignages sur LinkedIn. Le fournisseur fait face à un recul boursier et une dette massive alors qu’il continue à investir dans son infrastructure IA pour ne pas se laisser distancer par les hyperscalers.
OpenAI estime que ce besoin en puissance de calcul sera sans fin tant qu’il y aura de la demande de la part des utilisateurs et qu’elle observe des gains de performance de ses LLM. « À chaque nouvelle génération d’infrastructure, nous entraînons des modèles plus performants. Chaque token devient plus intelligent qu’auparavant », écrivent ses porte-parole. « Parallèlement, les améliorations apportées aux algorithmes et au matériel réduisent le coût de traitement de chaque token, ce qui diminue le coût unitaire de l’intelligence », poursuivent-ils. « Cette intelligence accrue rend l’IA utile pour des flux de travail plus complexes, ce qui augmente son usage, stimule la demande en puissance de calcul et accélère le prochain cycle de cette dynamique ».
Mais il faut aussi noter du changement côté applicatif. Après avoir multiplié les produits, OpenAI dit vouloir développer un système unique qui rassemble les capacités de ChatGPT, Codex, de recherche profonde, etc., « dans une seule expérience agentique ». Pour les entreprises, le fournisseur a annoncé sa plateforme Frontier. Un modèle de « bundle » dont Microsoft est expert.
Des ombres au tableau
Contrairement à son mentor des débuts, CNBC rappelle qu’OpenAI a effectué un chiffre d’affaires de 13 milliards de dollars l’année dernière. De plus, il continue de « brûler du cash », sans qu’il y ait une vue claire sur le moment où il atteindra la rentabilité.
D’autant que certains événements apportent leur lot d’incertitudes. L’arrêt de sa plateforme de génération de vidéo Sora a fait grand bruit. Surtout parce que cela entraîne une remise en cause de l’accord d’un milliard de dollars signé avec Disney. Il faut dire que Kling AI s’est imposé en SaaS, tandis que le logiciel ComfyUI donne une grande liberté sur les outils et modèles à utiliser. Mais OpenAI a aussi mis fin à l’expérimentation Instant Check Out avec le protocole Agentic Commerce développé par Stripe, et ne poursuivra pas dans l’immédiat le développement de l’édition « Minitel rose » de ChatGPT.
C’est aussi le signe qu’OpenAI tente de se concentrer sur les entreprises, à l’instar de son concurrent Anthropic.
Justement. Même si l’IDE agentique Codex gagne en réputation pour la qualité des retours obtenus par les développeurs, il n’en reste pas moins que Claude Code d’Anthropic continue de dominer les usages chez les développeurs rencontrés par LeMagIT. Si bien qu’OpenAI a créé un plugin pour connecter Codex à Claude Code. Il sert à revoir le code généré par les modèles Claude et à l’optimiser au besoin. Il faut bien tenter d’ouvrir toutes les portes.
Pour approfondir sur IA appliquée, GenAI, IA infusée
-
GPT-5.4 nano, mini, Astral : OpenAI s’équipe face à la montée en régime de Claude Code
-
GPT-5.4 : OpenAI veut relancer la course au « computer use »
-
OpenAI annonce une levée de fonds de 110 milliards de dollars auprès d’Amazon, Nvidia et Softbank
-
GenAI : Anthropic lève 30 milliards de dollars et s’affirme comme le fournisseur des entreprises
