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Baies de stockage : l’assureur April les a toutes mises au banc d’essai

Tenu de remplacer sa baie vieillissante, April a sollicité tous les constructeurs pour trouver l’offre qui correspondrait le mieux à ses contraintes.

L’assureur April s’est donné du mal pour trouver la baie de stockage SAN qui allait remplacer sa Dell EMC VNX 5600 en fin de vie. S’il s’est finalement tourné vers une FlashArray//X de Pure Storage, c’est essentiellement parce que celle-ci était la seule qui soulageait efficacement les efforts des informaticiens, lesquels doivent se mobiliser au quotidien sur des tâches autrement plus rentables que le simple entretien de disques durs. Pour autant, ce choix n’était pas évident au départ.

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« Au début de l’année 2018, lorsque notre VNX arrivait en fin de contrat de maintenance et que Dell EMC nous proposait une extension de support à un prix trop élevé, nous ne devions pas simplement trouver un équipement de remplacement. Nous voulions surtout en profiter pour résoudre quantité de contraintes que nous subissions », lance Jean-Baptiste Orset, chef de projets Production du GIE April Technologies, l’entité en charge du SI pour l’assureur.

Parmi les contraintes à résoudre, il y a les classiques : besoin de plus d’espace de stockage, besoin de plus d’I/O – notamment à cause d’une application qui pour une raison inconnue à ce jour mobilisait toute la bande passante – et besoin de moins de moins d’administration système pour que les équipes techniques puissent libérer du temps pour leurs missions auprès des métiers. Le GIE April Technologies, outre maintenir les serveurs de ses deux datacenters près de Lyon, s’occupe en effet aussi des postes de travail et de la téléphonie. Il intègre par ailleurs une cellule Études & Développements qui conçoit elle-même des applications pour les courtiers.

Mais il y a aussi une contrainte plus spécifique : l’assureur veut relier à sa nouvelle baie de stockage un environnement AS/400 d’IBM, lequel est bien moins souvent supporté par les fournisseurs que des serveurs x86.

« Les machines de type AS/400 disposaient jusque-là de stockage interne. Pour économiser sur les coûts, nous souhaitions passer à une configuration Power récente sans disque », précise le chef de projets.

Toutes les solutions du marché passées au banc d’essai

En 2018, l’équipe de Jean-Baptiste Orset se lance donc dans la rédaction d’un cahier des charges qu’elle transmet aux principaux fournisseurs de solutions de stockage : IBM, HPE, NetApp, Dell EMC et Pure Storage. « NetApp a immédiatement décliné, car ils ne pensaient pas être en mesure d’assurer la connectivité à une machine Power. »

Les déconvenues se multiplient rapidement. IBM propose une baie SAN FlashSystem 900 (FS900) avec un module de contrôle SAN à part, le SVC (SAN Volume Controller, entretemps renommé Spectrum Virtualize). « Le principe de leur solution était de pouvoir virtualiser le stockage pour les différents serveurs. Mais, dans les faits, cela complexifiait l’administration, alors que nous cherchions à la simplifier. » HPE, de son côté, propose des baies Flash, mais avec des SSD connectés en SATA : « pour supporter de hauts niveau d’I/O, nous préférions partir sur une solution avec des SSD en NVMe. »

Dell EMC arrive avec une baie XtremIO. « Paradoxalement, son interfaçage avec nos serveurs VMware était complexe, l’ensemble générant des messages d’erreur du côté de VMware. Leur équipe support ne nous a pas non plus fait la preuve d’être motivée : lors de nos évaluations, nous avons voulu tester la mise à jour d’un firmware. Elle nous a demandé un délai de trois semaines pour le faire. »

Reste la baie FlashArray//X de Pure Storage. Les tests sont réjouissants : tout marche comme demandé. Y compris la mise à jour du firmware par le support du fournisseur qui aura été effectuée en à peine 24 heures. Il y a juste un problème : cette solution n’est pas officiellement supportée pour être utilisée par un serveur Power-AS/400.

« Malgré l’absence de validation officielle, nous avons néanmoins pu constater que la FlashArray//X s’interfaçait sans problème avec notre AS/400. Mais un événement nous a convaincus qu’il s’agissait finalement de la meilleure solution : lors de nos tests avec la baie XtremIO, officiellement supportée, elle, nous avons eu un problème d’interface avec l’AS/400. Nous nous sommes alors tournés vers IBM, lequel ne nous a donné aucune réponse. En somme, nous n’avons pas vu le bénéfice que nous apporterait une solution officiellement supportée », lance Jean-Baptiste Orset.

Et de préciser : « Dell EMC était le plus attrayant de tous les fournisseurs en termes de prix. Mais Pure Storage a su s’aligner. »

Une migration simple, mais tributaire des calendriers

À la rentrée 2018, April Technologies choisit donc de faire appel à l’intégrateur Antemeta pour déployer deux baies FlashArray//X50 R2, une dans chacun de ses datacenters. Au format 3U, ces machines proposent 77 To utiles, pour celle installée dans le datacenter principal, et 57 To utiles, pour celle du datacenter secondaire.

« Le datacenter principal est celui de production, tandis que le secondaire est celui de secours. La baie FlashArray//X du datacenter principal réplique elle-même ses LUNs vers celle du datacenter de secours, via une fibre en 16 Gbit/s entre les deux bâtiments. La baie de secours héberge les copies exactes des LUN de production. Ces copies servent de sauvegarde, mais aussi d’exemplaires de tests pour nos développeurs », indique le chef de projets.

« La connexion à nos serveurs VMware est passée comme une lettre à la poste ! En revanche, cela a été plus compliqué pour d’anciens serveurs physiques sous Windows 2003 et dont la carte contrôleur FC n’était pas assez performante. »
Jean-Baptiste OrsetChef de projets Production, GIE April Technologies

Chaque FlashArrray//X est reliée aux serveurs locaux via une connectique FiberChannel. « La connexion à nos serveurs VMware est passée comme une lettre à la poste ! En revanche, cela a été plus compliqué pour d’anciens serveurs physiques sous Windows 2003 et dont la carte contrôleur FC n’était pas assez performante. Nous avons résolu ce problème en virtualisant ces serveurs sous VMware. »

Les machines virtuelles ont été migrées de l’ancienne baie vers la nouvelle en passant par les commandes vMotion de VMware, prévues à cet effet. Concernant les bases de données SQL et Exchange, April Technologies a décidé de louer momentanément une appliance Cirrus Data, conçue pour aspirer toutes les données d’une baie de stockage et les pousser vers une autre. « Nous avons commencé les migrations dès la réception des machines, à l’automne 2018 et les avons terminées en avril 2019. Ce délai s’explique par le temps qu’il nous a fallu pour virtualiser les serveurs physiques : plus que des contraintes techniques, nous devions discuter avec toutes les filiales pour programmer les arrêts des machines. »

La migration de l’AS/400 sera effectuée pour sa part au début de l’année 2020, le temps que l’intégrateur Hardis livre la nouvelle machine Power. « À date, nous devons encore résoudre un problème avec cette configuration : lorsque l’un des contrôleurs FC du serveur Power se déconnecte, cela gèle tout le système pendant plusieurs minutes. Hardis devrait rapidement trouver une solution. »

Un temps de latence divisé par 20 selon les développeurs

« Toutes les promesses sont au rendez-vous, y compris le fait que l’administrateur stockage ne soit plus mobilisé. »
Jean-Baptiste OrsetChef de projets Production, GIE April Technologies

Jean-Baptiste Orset est comblé. « Toutes les promesses sont au rendez-vous, y compris le fait que l’administrateur stockage ne soit plus mobilisé. L’interface d’administration est très intuitive et elle s’accompagne d’un portail PureOne pour monitorer les capacités de la baie depuis un mobile », se réjouit-il.

Selon lui, les équipes en charge du développement des applications auraient témoigné de temps de latence divisés par 20. « Le bénéfice métier est que nos développeurs se sentent désormais libres de déployer plus d’instances. »

« À un moment donné, nous nous sommes retrouvés à devoir acheter en urgence des disques supplémentaires pour répondre au besoin d’un projet. L’installation s’est faite en une demi-journée. Elle a été très simple. Cela dit, nous avons désormais mis en place un comité « Capacité » qui se charge d’avoir en amont une vue d’ensemble des risques de goulets d’étranglement. »

« Pour conclure, je préciserais que je ne connaissais pas Pure Storage auparavant. Mais nous avons été agréablement surpris par leur dynamisme, par leur présence », dit Jean-Baptiste Orset.  

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