Comment Maincare s’est transformé d’éditeur en éditeur-hébergeur

L’éditeur français de solutions de santé devait résoudre l’impossibilité des hôpitaux à persévérer dans les déploiements de serveurs, tout en étant lui-même dans l’incapacité de mettre ses logiciels en cloud public.

Au lendemain du Covid, Maincare, éditeur de logiciels dans le domaine de la santé, plus précisément à destination des hôpitaux, a vu son marché se transformer. D’éditeur de logiciels déployés et utilisés par ses clients sur leur propre datacenter, il est devenu hébergeur de ses propres logiciels. Maincare édite en tout 25 logiciels et se compose de 300 développeurs.

Cette transformation a impliqué de revoir l’intégralité de ses infrastructures. À la fois sur le plan technique et économique. Une problématique que l’éditeur a résolue en se rééquipant du sol au plafond en serveurs, réseau et baies de stockage de marque HPE. Le fournisseur était le seul à savoir offrir les performances suffisantes et un programme commercial adapté.

« Nous sommes aujourd’hui dans un contexte d’accélération du besoin de la digitalisation du monde de la santé. Qui dit accélérer dit pouvoir développer plus vite et délivrer plus vite, c’est-à-dire tester plus vite, qualifier plus vite. Donc, faire un grand appel à la technologie » ; témoigne Éric Machabert, le directeur technique de Maincare (à gauche sur la photo).

« L’enjeu est donc de passer beaucoup moins de temps à faire de la mécanique pour passer plus de temps à faire le métier qui est le nôtre, à savoir éditer des logiciels. Alors, nous avons voulu capitaliser sur une usine IT interne performante », ajoute-t-il.

Pour garantir la sécurité et les coûts : pas de cloud

Maincare possède trois datacenters, chacun hébergé chez Equinix. « Il n’y a pas de cloud. Pour deux raisons. La première est que nous voulions avoir la garantie de la performance et de la maîtrise des coûts. La seconde est que nous sommes hébergeur de données de santé depuis 2021, ce qui suppose d’avoir une plateforme opérée à 100 % par nous, sur le territoire national, avec une sécurité solide autour de la donnée », dit Éric Machabert.

« Nous avions donc un double enjeu. D’une part, trouver un socle technologique qui nous permette d’offrir cette sécurité des données. Et, d’autre part, trouver un modèle économique qui nous permette de vendre nos logiciels as-a-Service. »
Éric MachabertDirecteur technique, Maincare

Avant 2021, les clients de Maincare étaient seuls responsables de la disponibilité et de l’intégrité des données qu’ils donnaient à traiter aux logiciels de l’éditeur.

« Mais il y a eu le Covid. Et cela a tout changé. Il y a une accélération des besoins de digitalisation. Or, les établissements médicaux n’ont pas tous la vitesse qui leur est aujourd’hui demandée. Donc nous avons décidé en 2021 de devenir éditeur-hébergeur, de sorte à fournir nos solutions en tant que service. Sauf que, dans ce cas, nous portons la responsabilité de la disponibilité, de l’intégrité et de la sécurité des données. »

« Nous avions donc un double enjeu. D’une part, trouver un socle technologique qui nous permette d’offrir cette sécurité des données. Et, d’autre part, trouver un modèle économique qui nous permette de vendre nos logiciels as-a-Service. C’est-à-dire de commencer petit, puis de grossir en fonction de l’apport de projets clients, mais en ayant une prédictibilité des coûts. Car, sans prédictibilité des coûts, on ne peut pas créer un business model qui est vertueux », détaille notre interlocuteur.

L’enjeu d’un seul fournisseur pour toute l’infrastructure

Lorsque Maincare lance le projet de s’équiper de cette usine, sa flotte de serveurs est hétéroclite : on y trouve des machines Dell, Huawei, Lenovo et du HPE.

« Nous avions composé cette offre comme on le faisait en 2015 : en mode Best-of-breed. C’est-à-dire en allant chercher la meilleure solution dans chacun des domaines. Mais à l’heure actuelle, ce modèle ne tient plus, car il impose de maintenir des compétences sur chaque plateforme. Or, aujourd’hui, en informatique, les compétences sont rares, elles sont difficiles à acquérir et elles sont difficiles à préserver parce que le marché de l’emploi est tendu », assure Éric Machabert.

« Donc, nous cherchions à présent un fournisseur qui puisse couvrir l’ensemble de nos besoins en infrastructure. C’est-à-dire à la fois les serveurs, le stockage et le réseau. Or, à cette époque, seul HPE répondait à ce critère. »

« Et il y répondait d’autant mieux que ses équipements offrent un chiffrement matériel sur les fibres qui interconnectent les éléments. Ce critère nous permet de nous prémunir des droits extraterritoriaux qui sont une nécessité pour prétendre être souverain. »

Coïncidence, il se trouve que, à l’époque, le matériel qui donne le plus de satisfaction à l’équipe IT de Maincare est sa baie de stockage 3PAR, justement fabriquée par HPE.

Facturer l’IT à l’usage pour accompagner la croissance de l’activité

HPE a aussi pu mettre en avant son programme commercial GreenLake, qui consiste à ne facturer les clients de ses équipements que pour les ressources qu’ils utilisent.

« Le gros avantage de GreenLake est que vous n’avez plus à investir beaucoup au départ dans une infrastructure, en espérant faire ensuite l’acquisition de suffisamment de clients pour couvrir le coût. Ici, nous faisons un design de référence, dont nous ne déployons au départ que les plus petites quantités possibles », lance Éric Machabert.

« Par exemple, nous avons démarré avec une capacité de 10 ou 15 To dans notre baie de stockage. Et, deux ans plus tard, nous avons pu augmenter graduellement cette capacité au fil des besoins clients, de sorte à stocker aujourd’hui 900 To de leurs données. »

GreenLake a surtout permis à Maincare d’enrichir petit à petit son catalogue d’offres. La dernière en date est un coffre-fort qui permet aux établissements de santé de sauvegarder leurs données locales sur les infrastructures de Maincare. Ce service leur permet de se prémunir des attaques par ransomwares dont ils sont régulièrement les victimes. Et, ce, pour des données qui ne sont même pas forcément traitées par les logiciels de Maincare.

La nouvelle infrastructure de HPE est entrée en production début 2022. Elle exécute aujourd’hui 2000 VMs, réparties sur des serveurs en lame que notre interlocuteur trouve beaucoup plus rapides à installer.

Les données sont stockées sur des baies Alletra, qui bénéficient d’une fonction de déduplication pour que la capacité utile tienne sur une capacité brute plus faible. Le système utilisé est le stockage objet Ring de Scality, qui chapeaute à ce jour 3 Po de capacité.

Enfin, le réseau est incarné par des switches qui alimentent chaque fibre en 100 Gbit/s.

L’ensemble occupe trois étagères rack dans chacun des trois datacenters de Maincare.

« Depuis 2022, nous avons pu mesurer les bénéfices de GreenLake, qui nous permet d’atteindre très rapidement le point de rentabilité à chaque évolution de l’infrastructure. Il y a dans ce système une vraie faculté à accompagner la croissance de nos activités sans mettre en danger la rentabilité immédiate de notre entreprise », constate le directeur technique de Maincare.

Le bénéfice de la proactivité

En pratique, l’ensemble de l’infrastructure est supervisé par le système Infosight qui indique en amont, dans les courbes que son IA trace à l’écran, quand les ressources vont manquer. InfoSight est à la fois utilisé par les équipes IT et par l’équipe de HPE qui les accompagne. Cette dernière peut ainsi agir de manière proactive pour livrer sous un délai de 15 jours des éléments additionnels au datacenter, sans partir dans une spirale infernale de tickets de support qui passent de service en service.

« Un intérêt de GreenLake est que les machines sont livrées avec 20 % de capacité en plus que celle que nous commandons. Ainsi nous sommes parés au débordement en cas de problème de livraison », se félicite Éric Machabert.

L’équipe de HPE qui accompagne Maincare offre aussi un support constant de cybersécurité, notamment sur les mises à jour des équipements HPE contre les failles de sécurité, mais aussi des logiciels tiers comme VMware. « Ce suivi est très important, car mettre à jour signifie s’exposer à des risques. Donc nous sommes très contents que quelqu’un s’en occupe. »

Maincare reconnaît avoir eu des pannes – de disques durs, de réseau – mais se félicite de n’avoir jamais eu d’indisponibilité matérielle. « Le service est toujours resté 100 % accessible pour nos clients. »

En 2023, Maincare est devenu une filiale de Docaposte, l’entité numérique de La Poste, qui a l’ambition d’incarner un acteur de la souveraineté pour les données sensibles des citoyens. À aucun moment Docaposte n’a remis en cause le choix technique et économique de HPE.

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