Robin.io rend gratuit son système de stockage pour Kubernetes

L’éditeur a une solution de pointe pour que les applications conçues pour les disques durs puissent s’exécuter en mode cloud. Mais il devait se faire connaître avant que les grands du stockage ne le rattrapent.

Robin.io, l’un des pionniers des solutions de stockage pour Kubernetes, propose désormais gratuitement sa solution Robin CNS aux entreprises. Dans la limite toutefois d’une capacité gérée de 10 To au maximum par cluster ou de cinq nœuds serveurs dans ce cluster. Des solutions comme Robin CNS permettent aux entreprises de mettre leurs applications traditionnellement conçues pour le datacenter – en particulier les bases de données – au format container, lequel est plus adapté au cloud et aux montées en charge subites.

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« Selon nous, 10 To de capacité ou cinq nœuds sont amplement suffisants pour la plupart des bases de données Postgres ou MySQL, à savoir les principaux cas d’usage pour lesquels les entreprises ont jusque-là acquis notre solution », dit Ankur Desai, le directeur des produits chez Robin.io.

Évidemment, l’éditeur espère que les entreprises concéderont au bout d’un moment à transformer les licences gratuites qu’elles auront déployées en souscriptions payantes, sans plafond de caractéristiques et donnant droit à un support technique 24x7.

L’offre d’une version gratuite entièrement fonctionnelle est une manœuvre commerciale qui devrait permettre à Robin.io de gagner en visibilité, ce qui lui fait actuellement cruellement défaut. Selon le cabinet d’études Gigaom, Robin.io, aussi innovant soit-il, serait pris en étau entre, d’une part, son concurrent direct Portworx, qui propose des fonctions similaires et qui vient de se faire racheter par Pure Storage et, d’autre part, des acteurs traditionnels du stockage qui se dotent très rapidement de fonctions de haut niveau propres à Kubernetes, en particulier NetApp et DataCore.

Selon Gigaom, tous ces acteurs bouillonneraient au sommet du marché Kubernetes, sur le segment particulier du stockage. Et, ce, avec encore une certaine avance sur VMware, le leader des infrastructures virtuelles qui compte désormais lui aussi devenir un champion des technologies liées à Kubernetes.

Conçu pour lancer les applications dans des instances virtuelles débarrassées de leur système d’exploitation, Kubernetes se présente aujourd’hui comme le système d’infrastructure pivot pour rendre possible le cloud hybride. À savoir des applications qui fonctionnent à la fois dans le datacenter, quand il s’agit de respecter des réglementations, mais aussi dans n’importe quel cloud public, quand il s’agit de proposer des services en ligne au meilleur prix.

Mais le problème de Kubernetes est qu’il libère tellement les applications des infrastructures sous-jacentes, qu’il empêche les applications historiques de fonctionner normalement. Ces applications sont celles qui lisent et écrivent leurs données sur des volumes Windows ou Linux persistants, en particulier les bases de données comme MySQL ou Postgres. Les systèmes comme Robin CNS, Portworx ou Astra chez NetApp résolvent ce problème en dotant Kubernetes de pilotes pour les équipements de stockage traditionnels.  

À ce titre, Gigaom estime que le service rendu par Robin CNS est si important qu’il devrait bientôt générer beaucoup de ventes. Sauf, bien entendu, si ce produit est éclipsé par des solutions équivalentes chez des marques plus connues des entreprises. Gigaom prévient aussi que d’autres startups – StorageOS, MayaData, RancherLabs… – sont tout autant susceptibles de s’accaparer des parts de marché auprès des secteurs de niche, plus ouverts aux produits innovants.

Un tout petit éditeur pour une solution de pointe

Robin CNS (pour Cloud Native Storage) dispose de plusieurs caractéristiques intéressantes par rapport aux solutions concurrentes. D’abord, il fonctionne par-dessus n’importe quelle version de Kubernetes, qu’il s’agisse d’une implémentation commerciale (comme Tanzu de VMware), d’une version Open source pour datacenter (OpenShift de Red Hat…) ou encore d’une déclinaison propre à un hébergeur de cloud (EKS d’AWS…).

« Cette universalité est importante, car nous constatons que les entreprises ne déploient pas un cluster géant pour centraliser l’exécution de leurs applications en containers, mais plutôt plusieurs clusters, avec des fournisseurs différents au gré de leurs projets », argumente Ankur Desai.

En l’occurrence, quelles que soient les infrastructures sous-jacentes, Robin CNS identifie tout seul les caractéristiques des ressources de stockage (disques locaux, baies de disques, voire espace en ligne). Il gère les remplacements de disques à chaud. Il assure la synchronisation des contenus pour qu’une application puisse être redéployée à la volée sur d’autres clusters. Et il indique à Kubernetes, comme à l’administrateur via sa console graphique, la topologie idéale au regard des différentes capacités et vitesses d’accès disponibles.

« Nous gérons les instantanés, les sauvegardes chronologiques, les restaurations depuis une date donnée, les PRA, et tout est accessible via de simples commandes. »
Ankur DesaiDirecteur des produits, Robin.io.

Le système de stockage de Robin.io se targue aussi d’être plus performant. Lors d’une démonstration à laquelle le MagIT a pu assister, l’éditeur a affiché des vitesses d’accès de 2 à 6 fois supérieures à celles de ses concurrents. Un benchmark réalisé sur des serveurs nus (« bare metal », c’est-à-dire sans couche de virtualisation) a montré que les applications exécutées par Kubernetes accédaient à leur stockage via Robin CNS pratiquement aussi rapidement que lorsqu’elles sont directement exécutées par le système d’exploitation des serveurs.

Mais, surtout, Robin CNS dispose de nombreuses fonctions liées à la sauvegarde. « Nous gérons les instantanés (snapshots), les sauvegardes chronologiques, les restaurations depuis une date donnée, les PRA (plans de reprise d’activité) et tout est accessible via de simples commandes. L’avantage de celles-ci est qu’il devient trivial d’automatiser le retour en production après une cyberattaque, et que les développeurs sont autonomes pour dupliquer des contenus en production afin de mener leurs tests et leurs développements sur des données réelles », conclut Ankur Desai.

À ce jour, Robin.io ne compte qu’une centaine de salariés. Robin CNS aurait néanmoins déjà séduit plusieurs très grands groupes, parmi lesquels les banques BNP Paribas et Crédit Suisse.

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