Cet article fait partie de notre guide: Le Grand Guide de la BI 2016-2017

Comparaison des principales solutions BI du marché

Lorsqu'il s'agit de décider quel outil analytique acheter, il ne faut pas se fonder sur le produit qui affiche le plus de fonctions, mais sur celui qui prend le mieux en charge de vos besoins métiers.

Le marché compte une myriade d'outils d'informatique décisionnelle. Toutefois, acheter un ou plusieurs outils analytiques n’est pas chose facile.

Suite de l'article ci-dessous

Dans cet article, nous examinons les outils de 11 éditeurs majeurs : Birst, IBM, Information Builders, Logi Analytics, Microsoft, MicroStrategy, Oracle, SAP, SAS, Qlik Technologies Inc., Tableau et TIBCO. En nous fondant sur les cas d'utilisation types et sur les critères d'évaluation des outils BI, nous allons examiner le ou les produits susceptibles de répondre au mieux à vos besoins.

Évaluation des outils analytiques BI en fonction des besoins métiers identifiés

Instantanés opérationnels.

Dans ce cas d'utilisation, des rapports prédéfinis sont élaborés pour prendre en charge la mise à disposition d'informations sur la production, l'exploitation et les processus métier.

Information Builders, SAP, Oracle, IBM, MicroStrategy et TIBCO proposent des produits BI qui répondent à ces exigences.

Oracle et SAP sont leaders en matière d’ERP (Enterprise Resources Planning). Ces éditeurs tirent parti de leurs produits BI pour préintégrer une fonction de génération de rapports d'exploitation. Pour des questions de coûts des produits et de ressources, les solutions Oracle Business Intelligence Foundation Suite, SAP BusinessObjects et IBM Cognos sont généralement réservées aux grandes entreprises.

Les PME, ainsi que les entreprises plus soucieuses des coûts, se tournent, quant à elles, vers les solutions alternatives viables que sont Information Builder WebFOCUS, MicroStrategy ou TIBCO JasperSoft. Ces outils prennent en charge la génération de rapports d'exploitation de grande envergure, à l'échelle de nombreuses applications d'entreprise. En outre, ils se montrent efficaces tant sur le plan des coûts que des ressources.

Si IBM, Oracle et SAP ont acquis d'autres éditeurs BI pour intégrer leurs solutions à leurs propres produits, d’autres ont développé eux-mêmes leur produit de génération de rapports. Ainsi, QlikView a été intégré à des applications de génération de rapports d'exploitation ou utilisés pour développer des progiciels BI.

Exploration limitée.

Ici, les données et les éléments de mesure sont identifiés et exploités de manière récurrente. Le service informatique intégrera les données selon les besoins, procédera à leur administration et élaborera des modèles de données analytiques.

Les utilisateurs métier souhaitent filtrer les données, les explorer en détail, et utiliser des rapports à la fois graphiques et tabulaires dont les thèmes connexes sont généralement regroupés dans des tableaux de bord.

Les outils d'exploration guidée des données, tels que QlikView, Tableau, TIBCO Spotfire, Birst, sont les mieux adaptés à ce cas d'utilisation.

Avec ces outils, c'est le service informatique qui fournit, intègre et gère la sécurité et la confidentialité. Les utilisateurs se focalisent sur l'analyse plutôt que sur la gestion des données. Il n'en reste pas moins que les rapports, les graphiques et les tableaux de bord sont axés sur les utilisateurs métier plutôt que sur l'IT.

Si les outils d'exploration des données sont souvent introduits dans l'entreprise pour fournir une fonction de BI en libre-service, le fait que le SI administre les données induit souvent un retour sur investissement positif pour l'entreprise.

Les entreprises qui ont déjà des plateformes BI gagneront néanmoins à utiliser les solutions liées à leur existant plutôt que d'acquérir de nouveaux outils. (Un examen de cas d'utilisation BI multiples pour les grandes entreprises est présenté ultérieurement dans cet article.)

Suites intégrées.

SAP, Oracle, IBM, Information Builders et SAS proposent les outils analytiques BI qui correspondent le mieux à ces exigences. Ces packages BI peuvent regrouper des applications spécifiques d'un domaine qui requiert une analyse approfndie, ou des applications de gestion des performances à l’échelle de l’entreprise.

Oracle et SAP tirent parti de leurs produits de BI, qui fonctionnent également en tant qu'applications autonomes, pour proposer des fonctions d'analytique et de génération de rapports d'exploitation à leur clientèle ERP. Les entreprises qui investissent dans ces applications retiennent souvent les progiciels BI de ces éditeurs, car ils sont étroitement intégrés et garantissent ainsi rapidité de commercialisation et ROI positif.

Dans le cas d'une entreprise qui fait appel à d'autres éditeurs, ou qui souhaite obtenir des packages BI auprès d'éditeurs, IBM, Information Builders, SAS et Oracle proposent d'excellents solutions intégrées BI opérationnelles ou spécifiques à un domaine.

Intégration de tableur.

Bien que nombre d'outils analytiques BI intègrent des tableurs, Microsoft a fini par mettre à profit sa franchise Excel et par développer des capacités BI au sein même de son produit phare. Les fonctions de colonnes dites « In-Memory » (de Microsoft Power Pivot remplacent ainsi le datastore propriétaire d'Excel.

Power Query, Power View et Power Map apportent des capacités de génération de rapports, de tableaux de bord et de visualisation de données, et ce sans que l'utilisateur soit tenu de quitter l'environnement Excel. Pour sa part, PowerBI fonctionne dans l'environnement Office 365.

Les gammes de produits BI d'IBM, SAP, Oracle, Information Builders et MicroStrategy peuvent aussi utiliser des tableurs en guise de sources ou de cible d’exports.

Les outils d'exploration de données, tels que Tableau, QlikTech et TIBCO Spotfire, interagissent généralement avec les tableurs de manière unidirectionnelle, par l'importation et l'interrogation des données.

Interrogation et analyse.

Il existe deux scénarios analytiques.

Dans le premier, les utilisateurs métier ne savent pas quelles données sont nécessaires avant l'analyse. Il s'agit du cas d'utilisation d'une véritable fonction BI en libre-service. Ici, l'utilisateur métier procède à une analyse ad-hoc. Cet utilisateur doit savoir quelles données sont disponibles et comment y accéder, et doit connaître leur qualité et leur exhaustivité. En d'autres termes, les outils utilisés doivent pouvoir effectuer l'analyse, mais aussi la préparation et le mélange des données.

Qlik Sense, Tableau ou TIBCO Spotfire sont particulièrement efficaces dans ce cas d'utilisation, à condition toutefois que la préparation des données requise soit restreinte. Sinon, des outils tiers de préparation des données s'avéreront nécessaires pour étendre les capacités. En outre, dans un tel scénario, un utilisateur métier rompu à la technologie sera à même d'utiliser des outils d'exploration guidée, tels que QlikView ou Birst.

Dans le second scénario, les mesures des performances ne sont pas définies, mais les données sont identifiées avant analyse. Ici, le service informatique a tout intérêt à prédéfinir un modèle de données qui permettra aux utilisateurs de se focaliser uniquement sur l'analyse métier.

Les styles d'informatique décisionnelle (BI) les plus efficaces dans ce cas d'utilisation sont le traitement analytique en ligne – OLAP (OnLine Analytical Processing) – et les modèles de données qui s’inspirent des bases en colonnes In-Memory.

Microsoft BI (Power Pivot), SAS, IBM, Oracle, MicroStrategy et Tableau constituent des choix appropriés. En effet, ces solutions prennent en charge un accès aux cubes OLAP et l'analyse dynamique croisée (pivot). Ces outils intègrent toutes les fonctions incontournables ainsi que de nombreuses autres caractéristiques : filtres et visualisations contextuelles, collaboration, analyse des publications pour les autres utilisateurs métier, intégration à Office.

Analyses de sources de données supplémentaires.

Dans ce cas de figure, le service informatique doit prédéfinir des modèles de données avec des informations et des mesures de performances identifiées et exploitées de manière récurrente. Les utilisateurs métier sont susceptibles de compléter ces données et ces mesures à chaque fois qu'ils procèdent à de nouvelles analyses. C'est la proportion de préparation des données que requièrent les utilisateurs métier qui déterminera si l'outil BI doit être de type analyse guidée ou exploration des données en libre-service.

Si l'utilisateur métier n'a besoin que des sources de données administrées par l'IT, avec peu voire pas de préparation, des outils d'analyse guidée tels que QlikView, Power BI et Birst seront les mieux adaptés. Si un mélange de données plus poussé est nécessaire, préférez des outils d'exploration en libre-service, tels que Tableau, Qlik Sense ou Microsoft PowerPivot.

Les outils BI cités disposent en outre, de fonctions telles que la collaboration, les visualisations avancées et l'analytique In-Memory.

DataViz.

Dans le cas de la DataViz, les outils les mieux adaptés sont TIBCO Spotfire, SAS Visual Analytics, Tableau et Qlik (Qlik Sense et Qlik View), ainsi que MicroStrategy et Microsoft (PowerPivot et Power BI).

Tableau, en particulier, met en œuvre les bonnes pratiques en matière de visualisation des données, et aide ses clients à choisir la visualisation qui correspond au type d'analyse et d'exploitation de données qu'ils effectuent.

Pour les cas de visualisation avancée les plus exigeants – lorsque les data-scientists font appel à ces capacités en les couplant à une modélisation statistique – TIBCO Spotfire et SAS Visual Analytics sont des candidats de premier ordre. Tous ces produits prennent en charge l'usage de l'analyse guidée et de l'exploration des données.

Pour les grandes entreprises qui affichent plusieurs cas d'utilisation BI.

Les suites d'outils BI de SAP, IBM, Oracle, MicroStrategy et Information Builders prennent en charge la gestion et le développement à l'échelle de l'entreprise et intègrent un jeu d'outils BI qui ciblent des cas d'utilisation et des styles d'outils spécifiques.

Ces suites fournissent tableaux de bord, rapports de production, requêtes ad-hoc, gestion de la programmation et des alertes, et parfois analyse OLAP.

Elles offrent différents niveaux de BI en Cloud, mobile et en libre-service, et prennent en charge l'exploration et la visualisation des données. Elles comblent leur retard sur les leaders du marché en améliorant des outils BI existants ou en intégrant ceux acquis auprès d'autres éditeurs.

L’IT prend en charge la mise en œuvre d'une administration des données, l'application de la sécurité et de la confidentialité, la satisfaction des besoins d'évolutivité et l'amélioration de la productivité. Ce qui permet aux utilisateurs métier de se concentrer sur l'analyse et non sur la collecte et le nettoyage des données.

Du fait de leur fonctionnalité étendue, les suites BI d'IBM, SAP et Oracle tendent à être complexes et à nécessite une excellente connaissance du produit. En fait, il n'est pas rare que les services informatiques disposent de spécialistes dédiés aux outils d'une suite BI. Il peut s'agir de personnes distinctes spécialisées dans la génération de rapports, dans les tableaux de bord et dans la technologie OLAP. Couplés au coût des outils, celui des ressources informatiques que ces produits impliquent font qu’ils conviennent davantage aux grandes entreprises.

Pour les PME qui affichent plusieurs cas d'utilisation BI.

Les suites BI classiques (IBM, SAP et Oracle) ne constituent pas le meilleur choix pour les PME. En général, ces entreprises ne possèdent pas de ressources IT dédiées au développement, à l'administration et à la prise en charge de tels outils, pas plus qu'elles ne disposent d'un nombre d'utilisateurs métier suffisant pour justifier l'investissement.

Pour les PME confrontées à différents cas d'utilisation, le pragmatisme poussera à faire un choix entre deux options. Soit la sélection de plusieurs outils BI pour les différents cas d'usage ; soit l'adoption d'un ou deux outils qui se montreront suffisants.

Par exemple, dans le cas des outils mentionnés plus haut, deux possibilités s'offrent à vous :

  • Sélectionnez un outil BI d'exploration de données tels que Tableau, QlikView ou TIBCO Spotfire, puis déployez-le en deux temps. Commencez par le déployer en tant qu'outil en libre-service, pour les utilisateurs métier puis, créez des tableaux de bord prédéfinis dotés de rapports et de visualisations, et déployez ces applications BI auprès des utilisateurs métier dont les cas d'utilisation nécessitent des outils de reporting ou d'exploration guidée.
  • Sélectionnez un outil BI pour un cas d'utilisation spécifique et complétez-le au moyen de Power BI et Excel pour les autres cas d'utilisation qui nécessitent des outils de reporting et d'exploration guidée, comme mentionné ci-dessus.

Critères d'évaluation supplémentaires

Une fois vos cas d'utilisation BI déterminés et le produit ou l'ensemble de produits BI sélectionné, deux éléments supplémentaires doivent être prise en compte avant la décision finale :

Un produit facile à utiliser.

Ce critère est particulièrement subjectif. En effet, chaque éditeur revendique la plus grande facilité d'utilisation de son logiciel. Pour vous aider à différentier les produits, la clé consiste à ce que les consommateurs de BI soient également les évaluateurs. Car le fait que votre développeur BI trouve le produit facile d'emploi n'est pas pertinent si les utilisateurs métier qui solliciteront un outil en libre-service ne sont pas de son avis.

Méthode de distribution (sur site ou SaaS).

Ce critère n'a d'importance que si les produits sélectionnés correspondent à vos cas d'utilisation BI. Certaines évaluations BI ont fait l'erreur d'utiliser ce thème comme critère principal, voire unique, pour s'apercevoir qu'un produit BI en Cloud ne convenait pas à leurs cas d'utilisation. Il s'agit d'un critère de coût uniquement, qui ne concerne pas vraiment les utilisateurs. L'achat d'un produit inadapté, ou l'abonnement à ce produit, ne permet aucune économie.

Mais si le panel de produits BI qui correspond à vos cas d'utilisation propose différentes méthodes de distribution, alors ce critère constituera un excellent différentiateur, susceptible effectivement d'induire un coût total de possession inférieur, tout en offrant les capacités BI dont votre entreprise a besoin.

Trop souvent, l'entreprise retient un outil BI qui affiche les notations les plus élevées selon une liste à rallonge de fonctions et de caractéristiques (dont la plupart ne seront jamais utilisées) ou en faisant peu de cas des utilisateurs. Cessons cette folie. Le meilleur outil BI est celui qu'exploiteront les utilisateurs métier et qui se révélera utile pour les soutenir dans leurs tâches lorsqu'ils auront besoin de générer des rapports ou de procéder à des analyses.

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