escapejaja - stock.adobe.com

Stockage : les fournisseurs sauvés par les baies Flash d’entrée de gamme

HPE, NetApp, Pure Storage et Dell Technologies viennent de publier leurs résultats trimestriels. Les baies Flash vendues pour du stockage froid semblent la nouvelle locomotive.

Cet article est extrait d'un de nos magazines. Téléchargez gratuitement ce numéro de : STORAGE: Storage 25 : Les fournisseurs sauvés de la crise grâce au cloud hybride

Malgré la crise pandémique qui a frappé de plein fouet leurs ventes, les fournisseurs d’infrastructures pour datacenters résistent. Et selon les résultats trimestriels qu’ils viennent chacun de publier, leur maintien à flot serait dû à une constante : l’appétit nouveau des entreprises pour leurs baies de stockage 100 % Flash d’entrée de gamme.

Alors que les baies 100 % Flash ont initialement été conçues pour décupler les performances des applications en production, de nouvelles générations bien moins chères, à base de SSD QLC, arrivent en effet pour adresser les besoins de stockage froid. La sauvegarde, le partage de données au format objet, le Big Data sont les usages qu’elles adressent. Ces SSD QLC ne sont pas aussi performants que les SSD des baies SAN de production, mais ils offrent les mêmes capacités que les disques durs pour des prix comparables.

Pour les entreprises, remplacer les disques mécaniques par des SSD QLC permettrait de restaurer plus rapidement les informations en cas d’incident, d’ouvrir plus d’accès simultanés pour consulter en ligne ou à distance des informations, et servirait à accélérer les applications décisionnelles. Et, manifestement, ces usages sont devenus prioritaires depuis la crise de Covid-19.

Une tendance sur laquelle HPE, NetApp et, dans une certaine mesure, Pure Storage auraient réussi à surfer. Dell EMC, en revanche, se désole de constater en cette fin d’année que les ventes de ses nouvelles SAN PowerStore de production ne décollent pas.

HPE : 7,2 Md $ de CA, dont 1,2 Md $ pour le stockage

Chez HPE, le dernier chiffre d’affaires trimestriel serait revenu à son niveau prépandémique, soit un CA de 7,2 milliards de dollars. Toutefois, d’une année sur l’autre, seules les solutions de stockage représentent toujours entre 16 et 17 % des revenus. La répartition des autres activités est différente.

Tout ce qui a trait aux domaines innovants se vend bien mieux que l’année dernière : +25 % de ventes dans les supercalculateurs (975 millions de dollars), +6 % dans les équipements dits de Edge (786 M$), dont des solutions réseau embarquant des capacités de monitoring et de maintenance proactive. À l’inverse, tout ce qui concerne l’accompagnement des entreprises, le consulting en particulier (245 M$), s’écroule de 9 %.

Entre les deux, les serveurs pour datacenters continuent d’incarner la locomotive du fournisseur avec des ventes qui ont rapporté ce trimestre 3,2 milliards de dollars (-5 %). Juste derrière, les solutions de stockage restent donc la gamme de produits la plus stable avec des ventes ayant atteint 1,2 Md $, soit une légère baisse de 3 % par rapport à l’année dernière.

Pourtant, le profil des solutions de stockage achetées par les entreprises n’est plus le même depuis la crise pandémique. HPE souligne une explosion des ventes en cette fin d’année des baies 100 % Flash : les modèles de baies Primera (successeurs des 3Par) qui ne comprennent que des SSD ont vu leurs ventes bondir de 43 % depuis la fin de l’été, et leurs équivalents dans la famille Nimble ont connu une soudaine augmentation des ventes de 27 %. Toutes additionnées, les ventes de machines 100 % Flash seraient meilleures de 29 % par rapport aux chiffres de la même période il y a un an.  

Et si l’on zoome encore plus sur ce qui marche vraiment dans le portefeuille de solutions de stockage chez HPE, on se rend compte que les solutions vendues pour héberger des données en mode objet ont progressé de 41 % en un an. La caractéristique de ces modèles est que leurs SSD ont un meilleur rapport capacité/prix au détriment de leurs vitesses d’accès.

NetApp : 1,42 Md $ de CA, dont 632 M$ pour les baies 100 % Flash

NetApp vient lui aussi de publier ses derniers résultats trimestriels – soit un CA de 1,42 milliard de dollars, c’est-à-dire à peine 3 % meilleur que l’année dernière du fait du Covid-19. Le constructeur fait surtout un constat similaire à celui de HPE : ses ventes de baies 100 % Flash ont bondi de 15 % en un an, soit un revenu estimé ce trimestre à 632 millions de dollars.

« À terme, 70 à 80 % des baies de stockage vendues seront des modèles 100 % Flash. »
Georges KurianPDG, NetApp

« Ce n’est que le début. Plusieurs technologies vont arriver à notre catalogue en 2021 et déplaceront encore plus les usages des baies de disques traditionnelles vers des baies 100 % Flash. À terme, 70 à 80 % des baies de stockage vendues seront des modèles 100 % Flash », a déclaré George Kurian, le PDG de NetApp, lors d’un entretien avec des analystes suite à la publication de ses derniers résultats.

Comme HPE, George Kurian met en avant l’intérêt des SSD au meilleur rapport capacité/prix, en l’occurrence les modèles à base de NAND QLC, dont les prix rejoignent ceux des disques durs pour des performances supérieures.

« Nous venons seulement d’annoncer l’arrivée de baies équipée de SSD QLC. Nos clients nous ont acheté ce trimestre des baies 100 % Flash, avec des SSD qui coûtent environ trois plus cher que des disques durs traditionnels. Quand nous leur proposerons des SSD QLC, la différence de prix ne sera plus que d’une fois et demie. Et c’est bien pour cela que les baies de disques traditionnelles seront de plus en plus souvent remplacées par des baies 100 % Flash », a-t-il dit.

Pure Storage : 410 M$ de CA, mais +29 % sur le stockage froid

Dell EMC et Pure Storage, qui vendent eux aussi des baies 100 % Flash, n’ont pas connu les mêmes succès que HPE et NetApp. Peut-être parce que leurs modèles sont avant tout proposés pour accélérer les applications en production ; cela fait des années qu’ils ont réussi à remplacer dans les datacenters les SAN à disques durs mécaniques par des modèles avec des SSD franchement plus rapides. Et aussi très chers.

Pure Storage, qui vient lui également de publier ses derniers résultats trimestriels, enregistre des ventes en baisse de 4,2 % par rapport à l’année dernière, soit un CA de 410 millions de dollars sur les trois derniers mois. Cette baisse d’activité est bien entendu imputable à la crise pandémique. Mais il est notable qu’elle a été freinée par un bond de ventes de 29 % des modèles FlashArray//C, à base de SSD QLC, et FlashBlades. Ces derniers sont de plus en plus commercialisés comme des solutions de stockage de données froides, un domaine réservé jusqu’ici aux baies de disques durs.

Dell EMC : 3,9 Md $ de CA, en attendant le réveil de PowerStore

Ce qui n’a pas résisté à la crise, en revanche, ce sont les ventes de baies 100 % Flash conçues pour les accès rapides. Les FlashArray//X de Pure Storage semblent avoir fait une contre-performance. Même constat du côté de chez Dell qui, lors de la publication de ses derniers résultats trimestriels, a reconnu être déçu par les résultats de ses nouvelles baies PowerStore. Elles ont été lancées juste au début de la pandémie comme le fleuron de ses solutions de stockage polyvalentes en 100 % Flash.

« La gamme PowerStore est très importante pour nous, car c’est notre gamme polyvalente, mais il est vrai que cela ne se voit pas encore dans nos résultats… Il faut dire que nous n’en sommes qu’au début de sa carrière commerciale. Nous sommes impatients de la voir décoller plus vite », a déclaré Jeff Clarke, le directeur général de Dell Technologies.

Dans le détail, Dell Technologies, la maison-mère, a enregistré ce trimestre un CA de 23,5 milliards de dollars (+3 %), tandis que son entité Dell EMC – qui vend tous les produits ayant trait au stockage de données, des baies de disques aux serveurs hyperconvergés – a réalisé un CA de 3,9 milliards de dollars. Comparativement, la division dédiée aux PC grand public a atteint 3,5 Md $ (+14 %), celle des PC d’entreprise 8,8 Md $ (+5 %), celle des serveurs et équipement réseau 4,2 Md $ et la filiale VMware 2,9 Md $ (+8 %).

On retiendra en somme que Dell n’a pas communiqué cette fois-ci les pourcentages d’évolution de ces baies de disques, serveurs et équipements réseau pour datacenters.

Dans son communiqué financier, Dell se félicite une nouvelle fois des ventes de baies de stockage PowerMax et de celles des infrastructures hyperconvergées VxRail, une gamme de produits affiliée aux produits de stockage. Lors du trimestre précédent, Dell avait déjà expliqué que les ventes de ses produits de stockage maintenaient le CA de sa branche datacenter, car elles adressaient le double besoin de déployer des postes virtuels distants pour les travailleurs, via des VxRail accolés à des PowerMax, et de multiplier les sauvegardes, via des baies NAS à base de disques durs. Ce deuxième usage, qui devient le pré carré des baies 100 % Flash à base de SSD QLC, n’est plus cité.

Pour approfondir sur Flash

Close