PowerStore : Dell EMC renouvelle son stockage milieu de gamme

La nouvelle baie SAN/NAS n’utilise que des disques NVMe plus rapides et dispose d’un système plus modulaire qui simplifie la maintenance. Elle ne remplace pas encore les baies Unity et SC.

Dell lance la PowerStore, une nouvelle baie de stockage SAN/NAS milieu de gamme, qui se peuple à 100 % en SSD en NVMe – voire en Optane – et dont le système tout en containers se met plus facilement à jour. En toute logique, la PowerStore succède aux actuelles baies milieu de gamme Unity et SC, mais ces dernières sont pour l’heure maintenues au catalogue.

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« Les Unity, ainsi que les SC Series d’ailleurs, représentent aujourd’hui 30 % du marché mondial des baies de stockage milieu de gamme. Il n’est pas question de dire à nos clients que nous les abandonnons du jour au lendemain ! Les PowerStore seront proposées pour les nouveaux projets, qui ont besoin de plus de vitesse, de plus de densité et d’une administration plus autonome », commente Sébastien Verger, le directeur technique de Dell EMC en France.

« Les PowerStore seront proposées pour les nouveaux projets, qui ont besoin de plus de vitesse, de plus de densité et d’une administration plus autonome. »
Sébastien VergerDirecteur technique, Dell EMC France

Rappelons que le projet de la PowerStore remonte à 2018. À l’époque, Dell EMC était plus catégorique quant au remplacement des familles de milieu de gamme existantes. Il était aussi question que la PowerStore sorte en 2019.

100 disques par appliance, 4 appliances par cluster

Une « appliance » PowerStore est un boîtier 2U qui comprend deux nœuds actif/actif et 25 disques NVMe. La capacité de cette appliance peut être étendue, via une connexion SAS, avec trois tiroirs de 25 disques chacun, totalisant 100 disques NVMe par appliance. Il est par ailleurs possible de mettre quatre appliances en clusters pour atteindre 400 disques. Elles sont alors reliées par un réseau Ethernet 10 Gbit/s. Dans un premier temps, les appliances PowerStore sont livrées avec une connectique FC ou iSCSI vers les serveurs (mode SAN) ou Ethernet vers le réseau (NAS). Dans un second temps, Dell EMC devrait proposer une connectique NVMe-over-Fabrics, mais le constructeur a refusé de préciser laquelle.  

Dell EMC indique des capacités maximales de 2,8 Po utiles par appliance totalisant 8U et 11,3 Po pour un cluster de 32U, avec un taux de réduction moyen de 4:1. Cela signifie que les disques utilisés sont des SSD d’environ 7 To chacun de capacité brute. Le constructeur assure qu’il ne faudrait pas redouter d’utiliser la compression/déduplication en ligne pour atteindre « au moins » quatre fois plus de capacité utile que de capacité brute, car ces fonctions sont pour la première fois confiées à un ASIC. C’est-à-dire qu’elles n’ont plus aucun impact sur les performances, puisqu’elles ne sollicitent pas ici le processeur.

En termes de performances, Dell EMC assure qu’une appliance PowerStore serait sept fois plus rapide qu’une baie Unity 880XT et souffrirait de trois fois moins de temps de latence. En revanche, on ne sait pas avec quelle connectique ni avec quels disques le constructeur a obtenu ce résultat.

Il faut en effet noter que les 25 emplacements d’une appliance PowerStore peuvent être équipés soit de SSD NVMe, soit d’unités Optane d’Intel, une possibilité offerte par la dernière génération de processeurs Intel Xeon. A priori, ces deux médias atteignent environ 550 000 IOPS et 2,5 à 3 Go/s en lecture. L’intérêt d’une unité Optane est que ses performances restent les mêmes en écriture, alors qu’une unité NVMe aura généralement 10 fois moins d’IOPS et 50 % de Go/s en moins sur les écritures. La technologie n’est pas la même : un SSD NVMe utilise de la Flash NAND classique, tandis qu’une unité Optane DC repose sur des composants mémoire 3D Xpoint.

A titre de comparaison, les performances des SSD en NVMe sont environ 5 à 10 fois meilleures que celles des SSD en SAS/SATA qu’on trouve dans des baies Unity XT.

Jusqu’à présent, Dell EMC ne proposait l’utilisation d’unités Optane DC que dans sa baie de stockage haute de gamme, la PowerMax. On notera que si la baie PowerStore utilise les processeurs Xeon de dernière génération, ses unités de stockage sont connectées à des bus PCIe 3.0. Les bus PCIe 4.0, déjà présents sur les machines à base de processeurs Epyc d’AMD, auraient permis de doubler encore les performances. Rappelons qu’Intel prévoit toujours de lancer cette année des unités Optane de seconde génération, ainsi que des SSD NVMe plus rapides.

Des fonctions en containers pour un OS plus modulaire

Au-delà de la croissance organique des performances, la véritable nouveauté de la baie PowerStore est son système d’exploitation : PowerStoreOS. Chacune de ses fonctions est une instance virtuelle en container. Le système – un Linux – n’utilise pas Kubernetes, mais un orchestrateur maison pour les exécuter. 

« Il est possible de mettre à jour chacun de ces modules individuellement, sans avoir à arrêter/redémarrer quoi que ce soit. »
Daniel WateletIngénieur avant-vente stockage, Dell EMC France

« L’intérêt des containers est leur modularité. La fonction NAS est un container, la fonction SAN en est un autre, les services supplémentaires sont aussi chacun dans leur container… Et il est possible de mettre à jour chacun de ces modules individuellement, sans avoir à arrêter/redémarrer quoi que ce soit, en téléchargeant simplement des paquets de mise à jour bien plus légers que ceux qui mettent à jour la machine entière », explique au MagIT Daniel Watelet, ingénieur avant-vente Stockage chez Dell EMC France.

Un autre point important est que les PowerStore pourront être livrées directement sous PowerStoreOS, ou bien avec un hyperviseur ESXi de VMware qui exécute PowerStoreOS en image virtuelle. Ce mode s’appelle AppsON.

« Nous voulons que, le cas échéant, l’utilisateur puisse se servir de sa baie de stockage pour exécuter des machines virtuelles », lance-t-il ! « Il n’est bien évidemment pas question de concurrencer nos infrastructures hyperconvergées. La vocation de PowerStore n’est pas d’exécuter des applications métiers, mais plutôt des services qui accèdent de manière intensive à du stockage, comme l’analyse de journaux d’activité avec Splunk. »

« Il peut aussi s’agir de services simples, comme un service d’impression dans une succursale où l’on souhaite limiter le nombre d’équipements serveur. Ou encore d’un service de filtrage des relevés dans un usage IoT ».

Il est à noter qu’il manque à l’heure actuelle une fonction : le stockage objet. « Dans les usages que nous observons en entreprise, le stockage objet demeure la fonction d’une baie de stockage dédiée. Donc, nous proposons du stockage objet sur la gamme ECS, qui ne fait que cela, ou sur les Isilon qui peuvent servir de stockage objet, comme de NAS très élastique », rétorque Sébastien Verger.

On notera néanmoins que ces deux baies sont plutôt tarifées comme haut de gamme. « Effectivement, on ne nous demande pas des baies de stockage objet milieu de gamme », ajoute-t-il, impassible. Y aura-t-il à l’avenir un container pour la fonction objet dans PowerStoreOS ? « Peut-être. »

À terme, Dell EMC entend surtout décliner l’utilisation des machines virtuelles PowerStoreOS sur d’autres équipements. L’infrastructure hyperconvergée pour grands comptes PowerOne en utilisera en guise de baies de stockage virtuelles, un peu comme un SDS. On en trouvera aussi en cloud, sur les répliques en lignes des clusters VMware – les fameux VMware Cloud que l’on trouve sur AWS ou Azure. Cela existait d’ailleurs déjà pour les baies Unity, avec les Dell EMC Unity VSA. On ignore si Dell compte en proposer directement sur AWS et consort, sans nécessairement passer par VMware ; à la manière de ce que fait NetApp avec ses baies virtuelles Cloud Volume OnTap ou Pure Storage avec ses Cloud Block Store.

Une maintenance plus simple

Enfin, la baie PowerStore sera bardée de dispositifs pour simplifier au maximum la maintenance. PowerStoreOS aura des automatismes programmables depuis vCenter et vRealize Orchestrator, les environnements d’administration de VMware, mais aussi depuis Kubernetes via un pilote CSI dédié, ou encore depuis Ansible, via des Playbooks.

PowerStoreOS étant capable de reconnaître tout seul les caractéristiques de chaque nouveau disque, chaque nouveau tiroir ou chaque nouvelle appliance ajoutée au cluster, il saura puiser dans une base de connaissances pour savoir comment redéployer les données et améliorer les performances, les capacités et le rendement des disques.

« L’idée est d’aller vers une répartition de charge en temps réel. »
Daniel WateletDell EMC France

« L’idée est d’aller vers une répartition de charge en temps réel. Dans un premier temps, PowerStoreOS ne fera qu’observer comment se comporte le trafic sur la baie. Dans un second temps, il saura détecter les fonctionnements peu optimaux et faire des recommandations à l’administrateur. Dans un troisième temps, il fera lui-même la répartition de charge. Et comme tout est modulaire, cette répartition de charge en temps réel ne créera même pas de latence », argumente Daniel Watelet.

Cette analyse permanente est en fait remontée au service en ligne CloudIQ, qui se charge de superviser le bon fonctionnement des produits Dell EMC. Comme il s’accompagne d’une application mobile, les administrateurs pourront monitorer leur cluster PowerStore depuis leur téléphone, où qu’il se trouvent. L’utilisation de ces services qui facilitent la maintenance entre dans le cadre d’une commercialisation des solutions Dell EMC sous la forme de souscriptions.

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